Insaisissable amour - Francis Marion Crawford
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Avis sur Insaisissable Amour de Francis Marion Crawford - eBook
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Présentation Insaisissable Amour de Francis Marion Crawford
- eBook¿ Certainement, mademoiselle. »
Constance n'avait pas à première vue été aussi impressionnée par cet homme qu'elle s'y était attendue. Il n'avait en somme rien dit de remarquable, ce qui n'était guère étonnant d'ailleurs, car il n'avait pas eu, dans cette courte conversation, beaucoup d'occasions de faire de l'esprit. Il appartenait à un milieu qui ne lui était pas familier et elle ne put s'empêcher de se demander si George n'avait que des amis de ce genre. Non qu'il y eût rien de commun ni de vulgaire en ce Johnson dont George faisait tant d'éloge. Il parlait tranquillement, sans aucun accent particulier, et tout à fait sans affectation. Il était habillé avec une simplicité et un goût parfaits, et il n'y avait rien de gauche en ses manières. Constance eût même vaguement désiré qu'il montrât un peu plus de gaucherie et de timidité. C'était évidemment un homme bien élevé et George disait que c'était un homme de la plus haute érudition. Mais lorsque Constance lui donna la main et qu'il eut fermé la portière du coupé, elle fut vivement frappée par l'impression que M. Johnson n'était assurément pas un homme qu'elle inviterait à dîner.
Elle était persuadée que si elle le rencontrait dans le monde elle éprouverait une vague surprise de l'y voir, bien qu'il lui eût été impossible de dire pourquoi il n'y pourrait pas être. D'un autre côté, n'ignorant pas qu'elle s'était mise jusqu'à un certain point à sa discrétion, puisqu'il était impossible qu'il ne devinât pas le motif de l'intérêt qu'elle portait à George Wood, elle préférait pourtant s'être confiée à cet étranger plutôt qu'à aucune des personnes de sa connaissance.
À cinq heures, le jour fixé, Johnson se rendit chez Mlle Fearing.
« Que vous êtes aimable ! » dit Constance lorsqu'il entra.
Il tenait le manuscrit à la main.
« Et qu'en pensez-vous ? Avais-je raison ?
¿ Je suis excessivement surpris, dit le jeune écrivain. C'est un livre remarquable, et il faut le faire publier tout de suite. »
Constance était certaine de la réponse, mais elle rougit de plaisir, ce qui n'échappa pas au calme examen de Johnson.
« Vous trouvez réellement que M. Wood a du talent ? demanda-t-elle, uniquement pour entendre un autre mot d'éloge.
¿ Il y a plus de talent dans une seule de ces pages que dans la plupart des ouvrages qui réussissent couramment, répondit Johnson avec énergie.
¿ Que je suis heureuse de votre appréciation,¿ oui, bien heureuse. Et quelle est la première chose à faire pour que ce soit publié ? Je vais à présent réclamer votre aide, après vous avoir demandé votre avis.
¿ Voulez-vous me laisser l'affaire en main, mademoiselle ? »
Constance hésita. Il n'y avait personne qui fût plus à même de mener cette affaire à bien, et cependant elle réfléchit qu'elle ne connaissait rien ou presque rien de l'homme qui était devant elle, en dehors des éloges que George lui avait faits de son intelligence.
« En admettant qu'un éditeur acceptât le livre, dit-elle prudemment, que donnerait-il à M. Wood.
¿ Dix pour cent sur le prix marqué, répondit Johnson sans hésiter.
¿ De chaque exemplaire vendu, bien entendu, dit Constance qui avait une tête remarquable pour les affaires. Ce n'est pas beaucoup, n'est-ce pas ?
¿ C'est ce que donnent généralement les éditeurs, répondit-il.
¿ Et aucun d'eux ne voudrait faire plus pour ce livre ? Vous devez être au courant, naturellement. Avez-vous jamais publié quelque chose vous-même ? Pardonnez mon ignorance.
¿ J'ai publié jadis un volume d'essais critiques, répondit Johnson.
¿ Sous quel titre ? Il faut que je le lise. Dites-le-moi, je vous prie.
¿ Cela n'en vaut pas la peine, je vous assure. Le titre était : ¿Essais Critiques,¿ par William Johnson.
¿ Merci. Je m'en souviendrai. Et en faisant de votre mieux pour le livre de M. Wood, croyez-vous qu'il puisse être publié dans une quinzaine ?
¿ Une quinzaine ! s'écria Johnson stupéfait de cette énormité. Trois mois, vous voulez dire.
¿ Trois mois ! mon Dieu, que c'est long ! »
Johnson lui promit de faire tous ses efforts pour hâter la publication du roman, tout en la prévenant de ne pas en attendre de nouvelles avant plusieurs mois. Ensuite il prit congé d'elle.
Une demi heure plus tard Constance était chez son libraire.
« Je voudrais un volume intitulé « Essais Critiques,» par William Johnson, dit-elle. L'avez-vous, monsieur Popples ? »
Elle attendit quelque temps avant qu'on le lui apportât. Puis elle feignit de Je parcourir attentivement.
« Cela vaut-il la peine d'être lu ? demanda-t-elle négligemment.
¿ Excellent, mademoiselle Fearing, » répondit le libraire.
Il connaissait Constance depuis son enfance, alors qu'elle était passionnée pour les livres d'images.
« Excellent, répéta-t-il avec conviction. Un peu aride, peut-être, mais vraiment excellent.
¿ Savez-vous si cela a eu du succès.
¿ Oui, je le sais, mademoiselle Fearing, répondit M. Popples avec un sourire à double entente. Je le sais très bien. Il m'est revenu aux oreilles que le livre n'a pas couvert les frais d'impression.
¿ L'auteur n'a-t-il pas même touché dix pour cent du prix marqué ? » demanda Constance. M. Popples la regarda un moment, se demandant évidemment où elle avait ramassé cette phrase. Il la soupçonna immédiatement d'avoir commis quelque méfait littéraire en un volume.
« Non, mademoiselle Fearing. J'ai su par hasard que M. Johnson n'avait pas touché dix pour cent sur le prix marqué ; il ne lui a même rien rapporté du tout, excepté une quantité d'articles très flatteurs. Mais, excusez-moi, mademoiselle Fearing, si vous songiez à vous risquer à publier quelque chose¿ »
Sa voix s'abaissa à une intonation confidentielle.
« Moi ? s'écria Constance.
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