L'impure - Ernest Benjamin
- Collection: Oeuvres de Ernest Benjamin
- Format eBook: Epub2 Voir le descriptif
Vous en avez un à vendre ?
Vendez-le-vôtreSynchronisez votre eBook et retrouvez-le dans votre bibliothèque Kobo
- Payez directement sur Rakuten (CB, PayPal, 4xCB...)
- Récupérez le produit directement chez le vendeur
- Rakuten vous rembourse en cas de problème
Gratuit et sans engagement
Félicitations !
Nous sommes heureux de vous compter parmi nos membres du Club Rakuten !
TROUVER UN MAGASIN
Retour
Avis sur L'impure de Ernest Benjamin - eBook
0 avis sur L'impure de Ernest Benjamin - eBook
Donnez votre avis et cumulez 5
Les avis publiés font l'objet d'un contrôle automatisé de Rakuten.
Présentation L'impure de Ernest Benjamin
- eBookExtrait: Hortense Germier naquit, au faubourg Saint-Germain, dans un coquet hôtel qui avait écuries et remises, salle de bains, bibliothèque, jardin d'hiver et valets à culotte courte.
Sa mère était tout uniment une jolie fille à qui un jeune crétin était, un jour, apparu comme Jupiter à Danaé, sous forme de pluie d'or. Le jeune crétin avait eu des ancêtres fameux.
La chambre à coucher était tendue en grenat. Sur le panneau de droite, entre un pastel de Robert Nanteuil et une gravure de Pierre Drevet, ces deux glorieux de Louis XIV, se dressait une colonne en vrai porphyre d'Égypte, au pied en serre d'aigle, supportant une Phryné qui n'était déjà plus devant ses juges et pas encore sous ses habits. Sur le panneau de gauche, entre deux toiles de Carle Vanloo et de François Boucher, représentant des satyres en délire à la poursuite de nymphes en belle humeur, et sur un piédestal en marbre du Mont-Marpesse il y avait un groupe en bronze - l'Enlèvement de Proserpine. - Pluton était effrayant de vérité : on le voyait écrasant de jeunesse et repoussant de laideur ; ses bras noueux et durs enchaînaient et meurtrissaient la douce Proserpine à demi pâmée qui laissait échapper de ses doigts les tendres fleurs qu'elle venait de cueillir dans la vallée d'Enna. Dans le trumeau qui séparait les deux fenêtres, il y avait, à un mètre du sol, une panoplie composée d'une couronne de fer bizarrement traversée par deux épées nues reliées par un collier de médailles frappées à l'effigie d'un lion : ce trophée avait un grand prix, car il avait été exécuté par Thomas Germain, ce célèbre sculpteur et orfèvre dont presque toutes les oeuvres ont été fondues pour les besoins de l'État en détresse. Au centre de la cheminée, il y avait un groupe adorable qui représentait les Heures au nombre de dix, ouvrant les portes du Ciel et découvrant un cadran où se mouvaient deux aiguilles d'or : de chaque côté, en petits groupes légers sous la forme de génies et d'enfants ailés, les Ris et les Jeux.
Le lit était comme la femme, impur et moderne ; il criait, il jurait dans cette pièce où les murs gardaient en caractères impérissables le souvenir des âges poétiques et virils.
N'eût-il pas mieux valu que la mignonne enfant vînt au monde dans une mansarde entre une tête de Marianne sur papier d'Épinal et un litre de vin sans bouchon ! Elle fût, sans doute, morte en bas âge de froid et de faim, et la société eût été bien débarrassée.
Détails de conformité du produit
Personne responsable dans l'UE