Ma Soeur Jeanne - GEORGE SAND
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Présentation Ma Soeur Jeanne de GEORGE SAND
- eBookJe suis un roturier. Mon père, Jean Bielsa, originaire du village de ce nom, Espagnol de race par conséquent, était pourtant naturalisé Français et domicilié à Pau, d'où il s'absentait sans cesse pour ses affaires. J'y restais avec ma mère et ma soeur Jeanne.
Mes souvenirs d'enfance sont très-vagues et comme interrompus. Nous étions pauvres, ma mère était souvent triste, on parlait peu autour de nous.
Ma mère était couturière pour le petit monde. Moi, Laurent Bielsa, je courais les rues, faisant les petits métiers qui se présentaient, ouvrant au besoin les portières des voitures, ramassant même les bouts de cigare pour les revendre à des industriels non patentés qui en faisaient d'excellentes cigarettes. Ceci est du plus loin que je me souvienne. Je n'étais pas habile dans l'art de gagner ma vie, bien que je fusse assez actif et entreprenant ; mais j'étais désintéressé et comme insouciant du profit. On était séduit par ma jolie figure, et puis on remarquait vite que c'était une bonne figure, et les gens économes abusaient de la découverte pour me payer aussi peu que possible. Voilà du moins ce que disait mon père, quand par hasard il avait le temps de m'observer et de s'occuper de moi.
Insensiblement notre position changea ; nous fûmes mieux logés, mieux nourris, et, un beau jour, on m'envoya à l'école : puis, quand j'eus dix ans, on me mit au collège, et, trois ou quatre ans plus tard, nous menions le train de petits bourgeois aisés, habitués à l'économie, ayant des habitudes modestes, mais ne manquant de rien et ne subissant aucune dépendance pénible.
Un jour, mon père nous dit, ¿ c'était au moment des vacances :
¿ Enfants, apprêtez-vous à faire un beau voyage. Vous avez bien travaillé, on est content de vous (ma soeur était en pension chez des religieuses), vous méritez une récompense. Je vous emmène avec votre mère dans la montagne. Il est temps que vous connaissiez ce beau pays qui est le vôtre, ¿ car ma famille y a vécu de père en fils, ¿ et que vous n'avez encore vu que de loin. Il est temps aussi que vous connaissiez vos propriétés ; car, Dieu merci, nous ne sommes plus des malheureux, et votre père, qui n'est pas un endormi, a su vous gagner quelque chose.
C'est la première fois qu'il parlait ainsi, et je fus étonné de voir le visage de ma mère rester triste et froid, comme si elle eût trouvé à blâmer dans la joie de mon père. Ils s'aimaient pourtant beaucoup et ne se querellaient jamais.
C'était en 1835 ; j'avais alors treize ans, je commençais à réfléchir ; je commençais à observer. Voici ce que, en écoutant et en commentant sans questionner et sans avoir l'air curieux, je découvris peu à peu, à partir de ce moment-là.
Ma mère, qui avait été élevée dans une famille riche, était très-supérieure comme éducation à ce beau montagnard qu'elle avait épousé par amour. Ils s'entendaient en toute chose, hormis une seule, la principale, hélas ! sa vie d'absences continuelles.
Pourquoi ces absences ? Il n'avait aucun vice. Il respectait et chérissait sa femme, cela était évident. Il y avait donc dans la nature de ses occupations et dans la rapidité de notre petite fortune un point mystérieux dont il n'avait jamais été question devant nous et que personne autour de nous ne savait. Mon père s'occupait de colportage, d'échanges de denrées, de commerce en un mot ; voilà ce que l'on nous disait et ce que personne autour de nous ne contestait. Quand on lui remontrait qu'il était toujours en voyage et ne jouissait guère du bonheur de vivre en famille, il répondait :
¿ C'est mon devoir de faire ce sacrifice. Je me suis marié jeune et absolument pauvre. J'étais simple gardeur de moutons. Ma femme avait un petit capital que j'ai risqué dans les affaires pour le doubler et que j'espère quadrupler avec le temps et le courage. Quand j'en serai venu à bout, je ne quitterai plus mon nid, j'aurai mérité d'être heureux.
Il passait pour le meilleur et le plus honnête homme du monde, et, à son point de vue, il était certainement l'un et l'autre, mais il était trop fin et trop prudent pour n'avoir pas quelque chose à cacher. À peine fûmes-nous en route pour ce beau voyage à la montagne, que je m'en aperçus. Il avait une foule de connaissances qui n'avaient jamais paru chez nous. Il les abordait d'un air ouvert et s'éloignait aussitôt pour leur parler bas et avec des précautions extrêmes. Ma mère le suivait des yeux d'un air inquiet, comme si elle eût craint qu'il ne nous quittât, et, quand il revenait à nous, elle le regardait avec un mélange singulier de reconnaissance et de reproche. Il lui prenait la main ou lui disait quelque bonne parole. Elle se résignait, et rien ne trahissait ouvertement l'espèce de lutte établie entre eux.
Le long de la route, il me questionna sur mes études. Je vis bien, à ce moment-là, qu'il savait à peine lire et écrire et qu'il avait fort peu de notions d'histoire et de législation ; mais il était très-habile en fait d'arithmétique et connaissait la géographie d'une manière remarquable.
Je puis dire que je fis connaissance avec lui dans ce voyage et que je me pris d'une vive affection pour lui. Ma soeur, qui n'avait que dix ans, avait toujours eu un peu peur de ses manières brusques, de sa voix forte, de sa grosse barbe noire et de ses yeux étincelants. Quand elle le vit si bon, si tendre avec nous et si attentif auprès de notre mère, elle se mit à le chérir aussi.
Ma mère vit naître avec plaisir cette union entre nous.
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