Thérèse philosophe - Jean-Baptiste Boyer d\u2019Argens
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Présentation Thérèse Philosophe de Jean - Baptiste Boyer d\u2019Argens
- eBookLe procès, trop célèbre, de Catherine Cadière contre le Père Girard, a donné prétexte à la publication de l'ouvrage réimprimé en ces pages.
Le Père Jean-Baptiste Gérard, jésuite et prédicateur français, fut nommé, vers 1728, recteur du séminaire royal de la marine à Toulon. Là, une de ses pénitentes, Catherine Cadière, âgée de dix-huit ans, d'une famille honnête et d'une grande beauté, s'attacha à lui avec une exaltation mystique fomentée par la lecture imprudente des livres ascétiques : elle se prétendait l'objet de toutes sortes de miracles. Le Père Girard l'encouragea tout d'abord dans cette voiedangereuse ; mais bientôt, s'étant rendu compte de la supercherie, il se retira. La demoiselle Cadière, piquée de cet abandon, en fit confidence au prieur du couvent des Carmélites, janséniste fervent et grand ennemi des jésuites. Ce religieux lui fit répéter ses accusations devant témoins. Les jésuites réussirent alors à faire enfermer la jeune Cadière aux Ursulines. Cet abus d'autorité les perdit. L'affaire fut portée devant le parlement d'Aix, où Catherine Cadière accusa le Père Girard de séduction, d'inceste spirituel, de magie et de sorcellerie. Après de longs et tumultueux débats, le Père Girard fut mis hors de cour et de procès à la majorité d'une voix : sur vingt-cinq juges, douze l'avaient condamné à être brûlé vif. Le peuple avait d'ailleurs ouvertement pris parti contre lui ; il dut quitter secrètement Toulon. Il se rendit à Lyon, et de là à Dôle, où il mourut deux ans après, le 4 juillet 1733 1.
1 Voir le Journal de J.-F. Barbier, août, septembre, octobre 1781.
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