L'Exode - ABEL TORCY
- Format eBook: Epub2 Voir le descriptif
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Présentation L'exode de ABEL TORCY
- eBookAux premiers jours de juillet 1914, Bruxelles semblait en fête. Le beau temps des vacances étant venu, on partait pour la mer, pour la campagne. Dans la sombre gare du Nord, les voyageurs s'empressaient vers les trains ; des cyclistes poussaient leur machine, une jeune fille balançait une raquette, un enfant traînait une pelle à sable, et l'on voyait à la plupart des gens cet air joyeux que donne la liberté.
Devant l'express de Bâle, Philippe Héloir fumait une cigarette. De taille élégante, vêtu de gris, portant un chapeau mou, il avait la moustache fine et une boucle ondulée retombant sur le front.
Sa femme et sa fille, penchées à la portière du coupé, semblaient comme lui attendre quelqu'un.
? Oh ! nous avons le temps, dit Mme Fontanet, serrant les mains tendues.
Avec une tendresse un peu cérémonieuse, elle posa deux baisers sur les joues de sa fille, puis, s'approchant du wagon, elle fit à Mme Héloir les suprêmes recommandations :
? Je compte vous rejoindre dans un mois, si mon notaire peut terminer ses ventes? Ma chère Marthe, rappelez à Lucienne qu'elle doit m'écrire tous les jours? Et tâchez que Philippe la fasse travailler : c'est le bon remède.
La taille droite, le profil pur, elle gardait dans cette gare des manières de salon ; elle parlait avec lenteur, en soignant ses phrases, ne s'apercevant pas que chacun, autour d'elle, s'agitait sans bien l'écouter.
Le train siffla ; un garde fit claquer les portières, et l'on n'eut que le temps de s'écrier :
? Au revoir donc !
? À bientôt !
Puis on agita des adieux vers Mme Fontanet, jusqu'à ce qu'elle eût disparu dans la foule.
Quand chacun fut assis :
? Quelle chance d'être seuls ! s'écria Lysette, nous pourrons nous étendre pour dormir.
? Il me sera impossible de fermer l'oeil, dit Lucienne, je me connais, ça m'excite, un départ.
? Tout de même? essayons de nous reposer, conseilla Marthe, nous n'arriverons à Bâle que demain matin, et ce n'est qu'une moitié du voyage.
Elle se déclarait lasse, après l'ennui des malles, des horaires, des billets :
? Pour ces préparatifs, on ne peut guère compter sur Philippe. Non que la bonne volonté lui manque, mais il s'imagine que les trains sont faits pour vous attendre, et qu'il s'en trouve toujours un pour vous conduire où vous devez aller.
Elle disait cela sans intention blessante, sachant que son mari, absorbé par la littérature, vivait dans un monde imaginaire qu'il tenait pour plus important que le monde réel.
? Avez-vous emporté des livres ? demanda-t-il à Lucienne.
? Quelques-uns. Et vous ?
? Aucun. J'ai besoin de me reposer.
? On le voit : vous avez l'air fatigué.
? Que veux-tu ? dit Marthe, il se tracasse de l'insuccès de son dernier roman. Il devrait bien se faire une raison.
Et, songeant qu'avec moins d'intelligence et moins d'effort, Philippe aurait pu s'enrichir par les affaires, elle ajouta :
? Métier de chien, que celui d'artiste !
? Bah ! laissons, dit Philippe.
Sachant que Lucienne se tourmentait d'une aventure d'amour contrariée par sa mère, il reprit en souriant :
? Mais vous ?? Comment va le moral ? Est-ce fini, cette histoire ?
Elle ne répondit pas tout de suite. Elle fronça les sourcils, et ses traits un peu mous se durcirent. Croisant les mains sur un genou replié, elle dit à Marthe :
? Écoutez ! Promettez-moi de ne plus faire allusion à ce que Philippe appelle une histoire. Je ne veux plus en entendre parler.
? Tu as raison, approuva Mme Héloir, ce n'est pas à vingt-quatre ans qu'il faut désespérer.
Détails de conformité du produit
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