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VOYAGES EN SIBÉRIE - N.-A. KUBALSKI

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      Présentation Voyages En Sibérie de N. - A. KUBALSKI

       - eBook

      eBook - N.-A. Kubalski 12/07/2018
    • Format : Epub2
    • Auteur(s) : N.-A. KUBALSKI
    • Editeur : Jwarlal
    • Langue : Français
    • Parution : 12/07/2018
    • Format : Epub2
    • Compatibilité : Liseuse, Android, iOS, Windows, Desktop
    • ISBN : 1230002424040



    • La première ville remarquable de la Sibérie est Catherinenbourg. Cette ville, fondée en 1723 par Pierre Ier, fut achevée en 1726, sous l'impératrice Catherine, dont elle porte le nom. On peut la regarder comme le point de réunion de toutes les fonderies et forges de Sibérie, qui appartiennent au collége suprême des Mines; car ce collége y réside, et c'est de là qu'il dirige tous les ouvrages de Sibérie. Toutes les maisons qui la composent ont été bâties aux dépens de la cour; aussi 6 sont-elles habitées par des officiers impériaux, ou par des maîtres et des ouvriers attachés à l'exploitation des mines. La ville est régulière, et les maisons sont presque toutes bâties à l'allemande. Il y a des fortifications que le voisinage des Baskirs rend très-nécessaires. L'Iser (fleuve) passe au milieu de la ville, et ses eaux suffisent à tous les besoins des fonderies. L'église de Catherinenbourg est en bois; mais on a jeté les fondements d'une église en pierre. Il y a dans cette ville un bazar bâti en bois et garni de boutiques, mais on n'y trouve guère que des marchandises du pays; il y a aussi un bureau de péage dépendant de la régence de Tobolsk; les marchandises des commerçants qui y passent dans le temps de la foire d'Irbit, y sont visitées. La durée de cette foire est le seul temps où il soit permis aux marchands de passer par Catherinenbourg.

      Pour s'instruire à fond dans la matière des mines, forges, fonderies, etc., il suffit 7 de voir cette ville. Les ouvrages y sont tous en très-bon état, et les ouvriers y travaillent avec autant d'application que d'habileté. On empêche sans violence ces ouvriers de s'enivrer, et voici comment: il est défendu par toute la ville de vendre de l'eau-de-vie dans d'autres temps que les dimanches après midi, et l'on ne permet d'en vendre qu'une certaine mesure, pour ne pas profaner ce jour.

      Dans la nuit du 31 décembre (1733), nous fûmes régalés d'un spectacle russe où nous ne trouvâmes pas le mot pour rire; notre appartement se remplit tout à coup de masques. Un homme vêtu de blanc conduisait la troupe; il était armé d'une faux qu'il aiguisait de temps en temps; c'était la Mort qu'il représentait; un autre faisait le rôle du Diable. Il y avait des musiciens et une nombreuse suite d'hommes et de femmes. La Mort et le Diable, qui étaient les principaux acteurs de la pièce, disaient que tous ces gens-là leur appartenaient, et ils voulaient 8 nous emmener aussi. Nous nous débarrassâmes d'eux en leur donnant pour boire.

      Au commencement de janvier, l'auteur, accompagné de Muller, alla visiter les mines de cuivre de Polewai, situées à cinquante-deux werstes (la werste russe équivaut à 1 kilomètre 77 mètres) de Catherinenbourg. Nous entrâmes, dit-il, dans la mine de cuivre qui est dans l'enceinte des ouvrages élevés contre les incursions des Baskirs. Le rocher n'est pas inattaquable; cependant il faut pour le briser de la poudre à canon. La mine ne s'y trouve pas par couches; elle est distribuée par chambres, et donne, l'un portant l'autre, trois livres de cuivre par quintal. La terre qui la tient est noirâtre et un peu alumineuse. Comme la mine n'est pas profonde, on a rarement besoin de pousser les galeries au delà de cent brasses de profondeur; aussi n'est-on pas beaucoup incommodé des eaux, qui d'ailleurs sont chassées par des pompes que la rivière la Polewa fait agir.

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