Personnaliser

OK

Maison de famille - Léon Allard

Note : 0

0 avis
  • Soyez le premier à donner un avis

Vous en avez un à vendre ?

Vendez-le-vôtre

0,99 €

eBook

 
  • Produit dématérialisé
    Pour votre liseuse kobo
En savoir plus

Kobo

PRO Vendeur favori

4,4/5 sur + de 1 000 ventes

Synchronisez votre eBook et retrouvez-le dans votre bibliothèque Kobo

Publicité
 
Vous avez choisi le retrait chez le vendeur à
  • Payez directement sur Rakuten (CB, PayPal, 4xCB...)
  • Récupérez le produit directement chez le vendeur
  • Rakuten vous rembourse en cas de problème

Gratuit et sans engagement

Félicitations !

Nous sommes heureux de vous compter parmi nos membres du Club Rakuten !

En savoir plus

Retour

Horaires

      Note :


      Avis sur Maison De Famille de Léon Allard - eBook

      Note : 0 0 avis sur Maison De Famille de Léon Allard - eBook

      Les avis publiés font l'objet d'un contrôle automatisé de Rakuten.


      Présentation Maison De Famille de Léon Allard

       - eBook

      eBook - Léon Allard 10/06/2018
    • Format : Epub3
    • Auteur(s) : Léon Allard
    • Editeur : 1884
    • Collection : Oeuvres de Léon Allard
    • Langue : Français
    • Parution : 10/06/2018
    • Format : Epub3
    • Compatibilité : Liseuse, Android, iOS, Windows, Desktop
    • ISBN : 1230002370071



    • Extrait: MADAME LESCANDE VEUT MARIER SA FILLE
      Sous une de ces pluies en brouillard, dont les fines gouttelettes voltigent dans l'air plutôt qu'elles ne tombent, Paris, morose et mouillé, s'enveloppait depuis le matin, de ses cheminées noires à son sol boueux, dans un voile de grisaille uniforme. Les pavés suintaient l'humide, les toits luisants pleuraient, les murs saturés des maisons prenaient, en larges taches, des teintes de plâtre infiltré d'eau. Vers cinq heures du soir, un crépuscule de janvier vint augmenter encore, de son assombrissement, la tristesse pluvieuse qui noyait toute la ville.
      Dans la rue Buffon, derrière le Jardin des Plantes, madame Lescande, grosse femme à tournure commune, passait à cette heure. Elle bougonnait, en marchant, contre le temps, la boue, la pluie, la nuit tombante, et surtout contre un socque à l'agrafe cassée dont la semelle de bois, à chacun de ses pas, claquait sur les dalles du trottoir. Sa mauvaise humeur se soulageait en gros mots à l'incommode chaussure, en injures entre les dents mâchonnées qui interrompaient, de leurs saccades, un long monologue de bavarde se racontant, faute d'auditeurs, ses affaires à elle-même. En la voyant ainsi passer, enveloppée d'un vieux châle français rayé en diagonales, coiffée d'un bizarre assemblage de tulle et de rubans fripés, qu'on ne pouvait reconnaitre ni pour bonnet, ni pour chapeau, le tout abrité sous un trop vaste parapluie, on l'eût prise pour quelque concierge venant de porter chez l'homme d'affaires les termes des loyers. Et cependant madame Lescande est propriétaire. Arrivée vers le milieu de la grille, dont les barreaux noirs la séparaient du jardin fermé, elle s'arrêta pour regarder, de l'autre côté de la rue, une maison à façade de trois étages, que sa toiture d'ardoises à pans très inclinés, les chapiteaux de ses fenêtres, les torsades de fer de ses balcons, faisaient reconnaître pour un petit hôtel du siècle dernier, mais qu'un écriteau de bois, cloué près de la porte, modernisait en la décorant de cette enseigne :

      MAISON DE FAMILLE

      Appartements et chambres meublés

      C'était la demeure de madame Lescande. Elle dirigeait en personne cette « maison de famille », établissement créé par elle-même et qui, sous ce titre spécial, tenait tout à la fois de l'hôtel garni et de la pension bourgeoise.
      Un rideau à demi relevé laissait entrevoir, à une fenêtre de l'entresol, une silhouette qui, d'en bas, ressemblait à une forme féminine, mais si flottante, si vague, si indécise à travers la pluie et l'incertitude du soir, qu'on ne savait trop, même en y regardant bien, si c'était réellement une figure humaine ou l'illusion d'un reflet de vitre sur le fond obscur de l'intérieur. Madame Lescande devait savoir à quoi s'en tenir, car elle dit, avec un haussement d'épaules :
      - Allons, bon ? la v'là encore dans ses rêvasseries.
      Puis elle traversa la rue, ralentissant avec méfiance, sur les pavés inégaux et glissants, la marche boiteuse de son pied mal chaussé. Dès qu'elle eut abordé à l'autre trottoir, elle entra dans sa maison, monta son escalier, un escalier d'ancien temps à rampe de bois et à marches briquetées, et, dès l'entrée du logis, dans l'obscurité d'une étroite antichambre où l'on ne distinguait que le carré blafard d'un vitrage dépoli, elle s'annonça tout en déposant socques et parapluie dans un coin.
      - Sophie, c'est moi !
      La porte d'entrée refermée, une autre porte ouverte à tâtons, elle pénétra dans l'appartement.
      - Quel temps ! De la boue, de la pluie, un gâchis ! J'ai le bas de mes jupes tout trempé.
      Près de la fenêtre, une personne assise donnait un corps à la vague silhouette tout à l'heure aperçue de la rue. A ce moment passa l'homme du gaz, avec son étoile falotte qui danse au bout d'une perche. La lanterne du trottoir s'alluma subitement et son reflet, passant à travers la brume du dehors et la moiteur des vitres, entoura d'un halo de lumière une tête blonde de jeune fille. A l'arrivée de sa mère, elle avait prononcé un « bonjour maman » presque indifférent et, comme pour échapper à l'ennui de conversation banale dont elle se sentait menacée, s'était tout aussitôt retournée vers la rue, les coudes sur les genoux, les pieds aux barreaux d'une chaise, dans la même posture de lassitude découragée où l'avait surprise la tristesse de la nuit tombante, lorsque, les yeux ne voyant plus l'aiguille, l'ouvrage interrompu s'était, en plis blancs, affaissé devant elle.
      Madame Lescande, grosse femme épaissie au moral autant qu'au physique, ne pouvait comprendre les affinements d'une nature aussi dissemblable de la sienne que l'était celle de sa fille. Lorsqu'elle la voyait, aux heures fréquentes d'une mélancolie presque maladive, se perdre en « ses rêvasseries », au lieu de respecter le refuge d'isolement et de silence que semblait rechercher Sophie, sa sollicitude maladroite et sans ménagements s'ingéniait, au contraire, à la ramener de force au terre à terre de l'existence. Ce fut encore, ce soir-là, ce qu'elle crut devoir faire.
      - Comme te v'là dans le noir ! dit-elle. C'est ça qui te rend toute chose. Tu ferais bien mieux d'allumer la lampe.

      MAISON DE FAMILLE
      I MADAME LESCANDE VEUT MARIER SA FILLE
      II POURQUOI SOPHIE A DIT « NON »
      III A LA FABRIQUE
      IV LA VEILLÉE DES ADIEUX
      V AU FRÈRE ABSENT
      VI MÈRE ET FILLE
      VII UNE MATINÉE DE JOUR DE L'AN
      VIII DENTISTE AMÉRICAIN
      IX UN ARRIVAGE DE BUENOS-AYRES
      X SERAIT-CE UN DÉNOUEMENT ?
      XI UN PROTECTEUR
      XII DANS LA NEIGE
      XIII LA LUTTE
      XIV IL SAIT





      Détails de conformité du produit

      Consulter les détails de conformité de ce produit (

      Personne responsable dans l'UE

      )
      Le choixNeuf et occasion
      Minimum5% remboursés
      La sécuritéSatisfait ou remboursé
      Le service clientsÀ votre écoute
      LinkedinFacebookTwitterInstagramYoutubePinterestTiktok
      visavisa
      mastercardmastercard
      klarnaklarna
      paypalpaypal
      floafloa
      americanexpressamericanexpress
      Rakuten Logo
      • Rakuten Kobo
      • Rakuten TV
      • Rakuten Viber
      • Rakuten Viki
      • Plus de services
      • À propos de Rakuten
      Rakuten.com