Le Corso fleuri - ALBERT-ÉMILE SOREL
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Présentation Le Corso Fleuri de ALBERT - ÉMILE SOREL
- eBookCe roman, écrit en 1909, est une fantaisie d'avant-guerre. Je me décide à le publier, après quelques corrections, tel que je l'avais conçu à cette époque. Cette petite aventure, toute d'imagination, raconte le mariage de deux jeunes officiers, alors souriants et impatientés par l'inaction. Comme leurs camarades, nés depuis, ils se seraient couverts de gloire ¿ je n'en doute point ¿ si leur destinée insouciante ne s'achevait pas avant la déclaration des hostilités. Que mes jeunes lecteurs et mes jeunes lectrices me pardonnent de leur offrir cette histoire, qui n'a pas de date, et qui leur montrera ce que pouvaient être les rêves de ceux qui ont sauvé la France, comment ils savaient se montrer sincères, sous l'apparence de la légèreté, comment ils apprenaient à aimer, avant que de servir !
I
M. Casimir Lebardec, ayant heureusement hérité de son oncle, avait donné sa démission de chef de bureau au ministère de l'Agriculture. Depuis longtemps ses fonctions l'importunaient ; son fils Louis, reçu à Saint-Cyr, venait alors d'entrer à l'école et Marcelle, sa jolie soeur, à peine âgée de quinze ans, n'avait pas de goût pour le « monde officiel ». Paris ne retenait plus ces provinciaux ; Mme Lebardec, qui s'était résignée par soumission à suivre son mari dans la capitale, ne cessait de regretter son pays d'origine et d'adresser des reproches à M. Lebardec qui l'en avait éloignée. Dès qu'ils furent libres, ils s'installèrent dans le Midi, au printemps de 190¿ La gracieuse petite ville de Boudoir-en-Provence avait vu naître Mme Lebardec : ils la choisirent pour résidence. Cette pittoresque bourgade, avec de vieilles rues et sa vieille caserne, où un bataillon d'infanterie tenait garnison, s'élevait aux pieds des Alpilles, à quelques kilomètres d'Arles. Les lignes de cyprès, souvent inclinées par le mistral, en protégeaient les abords et, dans les lointains, à travers une échancrure des collines, étincelait le désert de la Crau. Par les jours éclatants de soleil, une vapeur bleutée s'exhalait du sol ; les fenêtres des fermes miroitaient ; les roseaux, qui défendaient les semis contre les intempéries du vent, se doraient sous la chaleur des rayons ; le ciel, d'une limpidité uniforme, se confondait avec l'espace, tandis que, dans les campagnes, le cours glauque des canaux coulait avec lenteur.
La place, avec son kiosque à musique, entourée de maisons blanches, précédées de leurs jardins, où un palmier somnolait auprès d'une vasque de pierre, le boulevard, bordé de platanes, profilant sur la chaussée aveuglante leurs ombres nettes, étaient l'orgueil de la cité ; les magasins témoignaient de sa richesse et, le jour du marché, les terrasses de café regorgeaient de clients. Parfois, une charrette de paysan, attelée d'une mule têtue, arrivait au son de joyeux grelots, mais ces antiques véhicules paraissaient piteux auprès des automobiles qui cinglaient l'espace et disparaissaient dans les flocons épais de la poussière grise.
Encore que Mme Lebardec n'eut plus guère de proches parents, elle se sentait attirée par le charme du souvenir et M. Lebardec, bien qu'un peu atrophié par la vie de bureau et les habitudes sédentaires, était attendri par l'évocation de sa jeunesse et de son mariage. Tout de suite, il occupa « une situation dans la société ». À Paris, il passait inaperçu ; à Boudoir, il devint un personnage. Son passé administratif et les relations qu'il avait contractées le désignèrent à l'attention ; le ruban rouge qui s'étalait largement à sa boutonnière impressionnait les passants et, lorsqu'on parlait de lui, on faisait suivre son nom de ses titres. Comme tout fonctionnaire, il avait toujours désiré la vie oisive ; néanmoins, pour ne point déchoir dans la considération publique, il lisait régulièrement un journal d'agriculture, auquel il avait prié le cercle de s'abonner. Il devint le grand arbitre du parti modéré ; il avait le dernier mot dans les discussions, encore qu'il parlât fort peu. Le commandant le traitait en camarade, les capitaines le traitaient en supérieur. On lui offrit de se présenter au Conseil municipal, mais Mme Lebardec déclara, dans son salon « que son mari s'était suffisamment fatigué au service de l'État, et qu'il pouvait bien se reposer un peu ».
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