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Petite ville - Harry Alis

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      Présentation Petite Ville de Harry Alis

       - eBook

      eBook - Harry Alis 10/06/2018
    • Format : Epub2
    • Auteur(s) : Harry Alis
    • Editeur : 1886
    • Collection : Oeuvres de Harry Alis
    • Langue : Français
    • Parution : 10/06/2018
    • Format : Epub2
    • Compatibilité : Liseuse, Android, iOS, Windows, Desktop
    • ISBN : 1230002370033



    • Jules-Hippolyte Percher, alias Harry Alis, né le 7 octobre 1857 à Couleuvre dans l'Allier et mort le 1er mars 1895 à Neuilly-sur-Seine des suites d'un duel tragique à l'âge de 38 ans, est un journaliste et écrivain français, qui a dirigé la branche française de l'Agence Dalziel.

      Lors de ses études à Moulins, il rencontra Maurice Guillemot, professeur et homme de lettres, qui le conduisit au Quartier latin, où il fréquenta les cafés et les brasseries littéraires. C'est au fameux Sherry-Cobbler, boulevard Saint-Michel qu'il rencontra Goudeau, Gill, Sapeck, et les frères Cros.

      Il a écrit plusieurs romans, dont Hara-Kiri, où l'on peut suivre les pérégrinations d'un jeune Japonais, fils de samouraï, des cafés plus ou moins littéraires jusqu'au célèbre salon de Nina de Villard. L''étrangeté de ce roman attira l'attention. Dans Petite ville, roman inspiré par son Bourbonnais natal, il présente avec humour et finesse les moeurs d'une petite ville de province.

      *Extrait: Parfois, l'écoeurement de l'existence parisienne me prend à la gorge comme une nausée. La monotonie des journées pareilles m'exaspère. J'ai la démangeaison des voyages, une avidité d'inconnu. Sur mon fauteuil, devant des livres suggestifs, je rêve des palmiers sahariens, des azalées japonaises, du grand silence de Tahiti. Je pars en fin de compte pour un trou de province quelconque. On ne fait jamais ce qu'on voudrait.
      Cette année encore, j'ai choisi le Bourbonnais : un pays peu connu, d'ailleurs, sauf Vichy, mis à la mode sous l'Empire, Néris et Bourbon-l'Archambault, deux vieilles stations thermales qui ont vu les rhumatismes de plusieurs siècles et que la mode a, pour le moment, abandonnées. Le reste de la contrée n'a guère été décrit. C'est un « passage » sillonné jadis par les diligences, aujourd'hui percé de quelques voies ferrées. On traverse, sans s'arrêter. Pourtant, le paysage est plein de charme, aussi différent des étendues platement fertiles de la Beauce que des brutalités des montagnes savoyardes. Il n'inspire pas d'émotions violentes : la vue reposante de vallons successifs, ombreux, variés, verdoyants, parfois noyés en des brumes légères, une nature gaie et bonhomme, semblable au caractère des habitants.
      J'aime ce pays. D'ailleurs j'y suis né, et les souvenirs qui se rapportent à cet accident prennent un charme, lorsqu'on approche de la trentaine.
      Voilà pourquoi, mon cher Henri, après trois. ans d'absence, je suis encore venu à Larcy, cette année. Mon séjour ne sera pas long, je pense, bien que rien ne me rappelle à Paris : un mois suffit pour se réconforter d'oxygène et se saturer de sottise provinciale.

      Rien de changé dans la petite ville : le coq de zinc, penché sur l'église par un orage, semble toujours prêt à se précipiter sur la place du Marché ; le café du Chalet continue à faire concurrence pour la politique au café de l'Univers. On va plutôt au Chalet le soir, plutôt à l'Univers dans le jour. Quant au « parti des curés », il se réunit chez Bonnardot. Ce « ramassis de conspirateurs » qui menace la tranquillité républicaine comprend un pharmacien, un quincaillier, un banquier, deux régisseurs et trois rentiers. Je dois cette statistique menaçante au conducteur de la voiture qui est venu me chercher à la gare.
      Les aubergistes du pays vendent une excellente petite bière de Moulins. J'ai voulu en boire au café de l'Univers, mais le patron, M. Mathonat, m'a répondu d'un air surpris :
      - Oh ! monsieur, nous n'en tenons pas... Ces messieurs ne boivent que de la bière de Strasbourg... M. Boutin ne peut pas souffrir l'autre.
      Et j'ai absorbé, non sans force grimaces, un liquide jaunâtre saturé d'alcool. Quels estomacs ils ont, ces « Messieurs » !

      ... Décidément, c'est minuscule, Larcy. Jadis, la place du Marché, où je jouais aux billes, me semblait immense. Elle est grande comme la main. Toujours le même aspect vieillot, par exemple. Près de moi, deux bourgeois fument paisiblement leur pipe devant des bocks vides ; un épagneul brun dort en travers de la porte, roulé en boule, frissonnant par instants pour chasser les mouches obsédantes ; des poules, sorties de la cour du Grand Courrier, picorent entre les pavés. Un coup de soleil chauffe la place. Et toutes choses sont si pareilles au vieux temps, que des riens, des dalles posées à neuf, un piquet pour attacher les veaux, attirent l'attention et choquent l'oeil ainsi que des objets disparates.
      Alors, je me suis senti débarrassé des tracas parisiens. Ce spectacle est apaisant. En moi s'ancre la résolution de ne rien faire, de ne plus lire même, de donner un bain d'air pur à mon corps et de calme à mon cerveau. Je deviens ermite de petite ville. Ces notes que je t'envoie seront mes seules communications avec le monde. Garde-les ; peut-être me serviront-elles plus tard... Bon, voilà le romancier Robert Sixt qui reparaît.*

      PETITE VILLE
      LE BIEN DES SACCARD
      LA NOCE DE NANETTE
      LA CHAPELLE DE MEZEMBLIN
      HISTOIRE DU CURÉ DE PUSSY ET DU CHIEN DE M. POTEAU

      Notes





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