Des Couples - Maurice Leblanc
- Format eBook: Epub2 Voir le descriptif
Vous en avez un à vendre ?
Vendez-le-vôtreSynchronisez votre eBook et retrouvez-le dans votre bibliothèque Kobo
- Payez directement sur Rakuten (CB, PayPal, 4xCB...)
- Récupérez le produit directement chez le vendeur
- Rakuten vous rembourse en cas de problème
Gratuit et sans engagement
Félicitations !
Nous sommes heureux de vous compter parmi nos membres du Club Rakuten !
TROUVER UN MAGASIN
Retour
Avis sur Des Couples de Maurice Leblanc - eBook
0 avis sur Des Couples de Maurice Leblanc - eBook
Les avis publiés font l'objet d'un contrôle automatisé de Rakuten.
-
Arsène Lupin, Gentleman-Cambrioleur
1,49 € eBook
-
Arsène Lupin
1,99 € eBook
-
Arsène Lupin, Gentleman-Cambrioleur
3,99 € eBook
-
Arsène Lupin Contre Sherlock Holmes : Le Duel Des Maîtres
9,99 € eBook
-
La Demeure Mystérieuse
9,99 € eBook
-
L'île Aux Trente Cercueils
9,99 € eBook
-
Arsène Lupin - 2 / Arsène Lupin En Prison / Arsène Lupin Im Gefängnis (Mit Audio)
9,99 € eBook
-
L'arrestation D'arsène Lupin / Die Verhaftung Von D'arsène Lupin (Mit Audio)
9,99 € eBook
-
813
4,99 € eBook
-
Arsène Lupin. L'édition Complète. Édition Illustrée
0,99 € eBook
-
Arsène Lupin, Gentleman Cambrioleur
0,99 € eBook
-
L'aiguille Creuse: Une Aventure D'arsène Lupin
0,99 € eBook
-
Les Confidences D'arsène Lupin
0,99 € eBook
-
Arsène Lupin Contre Herlock Sholmès
0,99 € eBook
-
813 - La Double Vie D'arsène Lupin
0,99 € eBook
-
?uvres Complètes D'arsène Lupin . Édition Illustrée
0,99 € eBook
-
Arsène Lupin, 813
0,99 € eBook
-
Arsène Lupin, L'aiguille Creuse
0,99 € eBook
-
Les Confidences D'arsène Lupin
0,99 € eBook
-
Arsène Lupin - L'île Aux Trente Cercueils
0,99 € eBook
Produits similaires
Présentation Des Couples de Maurice Leblanc
- eBookBerthe se trouva mal. François, à moitié fou, bouscula la veuve et la traita de voleuse.
Une fois rentrés, les époux s'enfermèrent. Un immense désespoir les terrassait, et ils pleurèrent longtemps, à chaudes larmes.
Une réconciliation suivit cette épreuve, trop lourde à supporter pour chacun d'eux isolément. Mais de ce bon accord résulta contre l'enfant une haine plus vigoureuse. Us n'eurent plus pour s'étourdir la ressource des querelles et des batailles, et plus rien ne détacha leurs pensées de cet être maudit.
Ce fut une obsession. Ils en rêvaient la nuit. « La gueuse », comme disait François, les hantait. Ils ne cessaient d'énumérer les chagrins qu'elle leur avait causés, et Berthe ne manqua pas de lui imputer ce qu'elle appelait la canaillerie dé tante Roussel. N'est-ce pas pour elle en effet que sa mère avait négligé la vieille demoiselle ? Que de fois, au moment de partir chez sa tante, elle s'était ravisée en songeant aux occupations multiples de son ménage.
¿ Oh ! la gueuse, la gueuse, répéta François convaincu, elle nous ôte le pain de la bouche, elle nous ruine. Avec elle rien ne nous réussit.
Et Berthe déclara gravement :
¿ Elle nous porte malheur, elle doit avoir le mauvais oeil.
Cette idée les pénétra, et ils finirent, à leur insu, par attribuer à Céline une sorte de puissance mystérieuse. Il leur semblait ¿ tellement la douleur détraquait leur cerveau ¿ qu'à leur foyer s'était installée sous les traits de l'enfant une méchante fée, qui contrecarrait leurs plans, qui les torturait et les persécutait à l'aide de charmes et de maléfices.
Une peur étrange s'empara d'eux, et ils prononçaient tout bas le nom de leur fille.
L'anniversaire de la naissance arriva. Le soir, la nourrice obtint la permission de dîner en ville avec une de ses parentes. Le couple demeura seul. Le repas, dont ils comparèrent le menu frugal aux festins d'autrefois, fut vite expédié. Madame débarrassa la table, monsieur fuma sa pipe, lut un journal, puis ils entamèrent un besigue. On tint la porte ouverte ainsi que celle de la petite.
La partie languissait. L'esprit distrait, ils maniaient les cartes et comptaient machinalement.
Cet anniversaire les épouvantait, comme une catastrophe imprévue. Il fermait la première période de leur martyre. Une année déjà de souffrances intolérables ! Et une autre s'écoulerait, puis une autre, puis cinq, puis dix, puis vingt, et chacune d'elles les écraserait sous un même fardeau de peines, d'insuccès, de désillusions.
¿ Ce sera plus terrible, s'exclama François, répondant à leurs réflexions intimes, car la gueuse grandira, et les dépenses augmenteront. La pension de mademoiselle, les leçons de piano, de dessin, de danse, les toilettes de mademoiselle, la dot de mademoiselle, le trousseau de mademoiselle, vrai, il n'y en aura que pour cette mijaurée.
L'avenir se dévoilait à eux, plus sombre encore que l'heure actuelle. Jamais ils ne recueilleraient le prix de leurs fatigues. Jamais ils ne se reposeraient à l'ombre de leurs arbres, devant leur propre maison, dans un jardin à eux qu'ils cultiveraient paisiblement sans souci du lendemain.
Ils se voyaient appauvris, vieux, infirmes, contraints cependant de travailler indéfiniment pour leur fille, cette sangsue qui aspirait leur argent, leur force, leur santé. Et cette vision donnait à leur visage une expression féroce.
Soudain ils crurent entendre un soupir qui partait du premier étage, quelque chose comme une plainte étouffée.
Ils posèrent leurs cartes. Le bruit recommença. Berthe dit :
¿ Une seconde, le temps d'aller et de venir.
¿ Je t'accompagne, fit Dumouchel, je vais me dégourdir un peu.
Il prit la lampe. Le couple monta l'escalier et franchit le seuil de la chambre où Céline couchait.
Ils s'approchèrent. À quelques mètres du berceau, Berthe s'arrêta subitement et saisit le bras de François.
¿ Lève la lumière, murmura-t-elle.
Il obéit.
Pelotonnée sur la poitrine de l'enfant, Mousseline, la chatte, dormait.
Un troisième soupir s'éleva, un râle presque. Les époux se regardèrent. Une même pensée les étreignait, une envie monstrueuse, irrésistible.
Alors, leurs deux mains crispées l'une à l'autre, le corps secoué de frissons, la sueur au front, ils reculèrent à petits pas, silencieusement, comme des fantômes. Et ils redescendirent les marchés, une à une, lentement, toujours à reculons, leurs ongles griffant la paume de leurs mains, les yeux hagards fixant le trou noir de la chambre.
Et ils se rassirent, ramassèrent les cartes, et Berthe articula :
¿ Tu sais que j'ai compté l'atout en pique¿
¿ Parfaitement, balbutia François.
Et il déclara : ¿ Soixante de dames¿
Une pendule sonna dix heures, très vite, avec un tintement joyeux.
Au dernier coup, un bruit se produisit, là-haut, pour la quatrième fois, plus fort celui-là, un cri d'agonie.
Les époux se dressèrent d'un bond. Berthe, affolée, bégaya :
¿ Non, non¿ j'ai peur¿ j'ai peur¿
Elle se précipita jusqu'au pied de l'escalier, mais ses jambes ployèrent sous elle, et elle tomba.
¿ Céline, Céline¿ supplia-t-elle¿
Elle se traînait à genoux sur les marches, elle s'agrippait aux barreaux de la rampe, raidissait ses membres, se hissait à bout de bras. À la fin ses forces l'abandonnèrent. Elle perdit connaissance.
François, échoué contre le mur du vestibule, claquait des dents, pris d'un tremblement nerveux.
Et, dans l'ombre, un gémissement passa, à peine perceptible, comme une feuille qui bruisse. Et ce fut tout.
Détails de conformité du produit
Personne responsable dans l'UE