La Vierge d'Ardue?ne - Élise Voïart
- Collection: Oeuvres de Élise Voïart
- Format eBook: Epub2 Voir le descriptif
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Présentation La Vierge D'ardue?Ne de Élise Voïart
- eBookFRAPPÉE de l'influence secrète qu'exercent encore les femmes sur les moeurs et les habitudes de notre nation, j'ai voulu en rechercher la cause, sans autre motif, d'abord, que celui de satisfaire ma curiosité. J'ai cru reconnaître que cette influence était fondée sur des principes religieux, évanouis, à la vérité, dans le vague des siècles, mais dont les souvenirs s'étaient conservés à l'aide des traditions populaires. « Les Gaulois ainsi que les Germains attribuaient à leurs femmes quelque chose de divin, » dit Tacite. Cette croyance, que l'histoire atteste, était due au sentiment le plus doux, à la reconnaissance que ces peuples chasseurs et guerriers avaient vouée à celles qui, partageant avec eux tous les travaux de leur vie sauvage, élevaient leur robuste enfance, pansaient leurs blessures et consolaient leur vieillesse. Les marques de respect les plus éclatantes furent la récompense de ces touchantes vertus. D'un commun accord, les Gaulois remirent entre les mains de leurs prudentes et belliqueuses épouses les balances de la justice et le glaive des lois1. Des siècles s'écoulèrent ainsi ; ce furent ceux de la gloire gauloise. Bientôt un pouvoir sanguinaire s'approcha, par degrés, du trône où l'amour national avait placé les femmes, et finit par l'envahir. Ce sexe faible ne put y résister, et lui-même, cédant aux prestiges de la terreur, il courba la tête sous le joug des druides.
Cependant la reconnaissance et l'amour ne s'éteignirent point dans le coeur du peuple celte ; partout il chercha à diviniser les objets de son affection. Les rochers, les torrens, les fontaines, les sources salutaires, furent placés sous l'invocation des vierges. Cette douce superstition, par laquelle un peuple entier rendait un secret hommage aux femmes bienfaisantes , aux mères-déifiées, subsiste encore de nos jours, et le culte de la vierge-mère a succédé à celui des vierges gauloises.
Après l'extinction des druides, les femmes retinrent longtemps la couronne de chêne et la serpe d'or, symboles de la religion de Teutatès ; le pouvoir magique de jeunes et belles druidesses prit la place de celui des redoutables semnothées, dont l'aspect sévère portait partout la crainte et l'effroi. Bientôt parut une religion nouvelle, dont le génie tendre, grave et mélancolique, devait naturellement charmer ces peuples. Ce culte bienfaisant dut à Clotilde sa splendeur, et renversa pour jamais les sanglans autels de Hésus. Toutefois cette révolution ne put bannir de l'esprit des Gaulois les souvenirs de leurs divinités chéries. La croyance aux fées, à des êtres mystérieux, habitant les lieux secrets des forêts, les puits profonds, les fontaines limpides et les antres des rochers, divinités dont l'amour ou la haine étaient également redoutables, remplaça, chez ce peuple, la crainte et la vénération qu'il portait à ses druidesses.
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