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L'agent secret - Paul Parfait

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      Présentation L'agent Secret de Paul Parfait

       - eBook

      eBook - Paul Parfait 16/12/2019
    • Format : Epub2
    • Auteur(s) : Paul Parfait
    • Editeur : Calmann Lévy (Paris) 1877
    • Collection : Oeuvres de Paul Parfait
    • Langue : Français
    • Parution : 16/12/2019
    • Format : Epub2
    • Compatibilité : Liseuse, Android, iOS, Windows, Desktop
    • ISBN : 1230003616079



    • EXTRAIT: DE TOURS A PARIS. En se reportant à l'époque lointaine où la locomotion à vapeur était encore un irritant problème, qui n'évoque avec plaisir le spectre pittoresque d'une vieille diligence ?

      Sur la longue route blanche, accidentée par les côtes, quatre chevaux, que le postillon aiguillonne de son fouet, emportent, à travers la poussière et le tintement désordonné des grelots, la lourde machine aux armes de France qui porte en lettres noires sur ses flancs jaunes l'inscription : MESSAGERIES ROYALES.

      Que dis-je, une machine ? La diligence est tout un édifice ; c'est plus encore qu'un édifice : un monde ! Les diverses classes de la société se réunissent dans cette énorme caisse roulante, mais sans s'y confondre. Derrière la vitre discrète du coupé, on reconnaîtra le voyageur d'importance qui n'a pas trouvé place dans la malle-poste ; sur les deux banquettes de l'intérieur se tassent les représentants des classes moyennes, et sur celles de la rotonde, un peu plus étroites, les représentants des classes inférieures, tandis que le conducteur, juché dans le cabriolet, recueille auprès de lui les enfants perdus, les artistes, les fantaisistes, et loge au besoin sous sa bâche, avec les animaux en, transit, quelqu'un de ces pauvres hères habitués à gagner leur couche, en ville comme en voyage, au moyen d'une échelle.

      Ainsi, du haut en bas, chacun se trouve à peu près confiné dans sa sphère, jusqu'à ce qu'un ébranlement général, couchant ensemble bêtes et gens dans la poussière, vienne rappeler philosophiquement que tous sont égaux devant une chute.

      La chance de verser était heureusement un incident prévu. Un cric et une pioche, tirés des décombres de l'impériale, auront bientôt remis sur pied la pesante voiture. Cependant on se secoue, heureux de constater par le libre jeu des articulations qu'on en sera, cette fois encore, quitte pour la peur ; puis le temps s'écoule, et chacun maugrée : les voyageurs contre le postillon qui a tourné trop court ; le postillon contre les voyageurs qui, en surchargeant l'impériale, dérangent l'assiette du véhicule. C'est bien la dernière fois qu'on aura accepté de la surcharge ! Tant pis pour les excédants de bagage ! Et patati et patata ! Le bon bourgeois, qui avait pris la peine de faire retenir « le coin du fond » six jours à l'avance, se demande avec inquiétude s'il lui faudra gagner à pied le premier relai. Mais la diligence est redressée sur ses roues ; les bagages se casent de nouveau tant bien que mal ; puis vient le tour des voyageurs ; le postillon se remet en selle : clic ! clac ! la machine s'ébranle, on part, on est parti ; et les grelots ont bientôt repris leur tintement monotone.

      Tout à coup le pavé succède au caillou broyé de la route ; la diligence s'engage bruyamment sur la chaussée d'un faubourg. Au battement des sabots, aux ressauts inquiétants des roues s'ajoute l'éclat sonore des notes que le conducteur tire de sa trompe à pleins poumons. Les chiens aboient, les passants se rangent, les femmes et les enfants mettent la tête à la fenêtre pour regarder passer sur sa bête le postillon aux grosses bottes, en chapeau ciré, en culotte de peau verte, avec sa queue poudrée battant le collet écarlate de sa petite veste bleue à boutons de métal.

      Telle, dans le courant du mois d'octobre 1827, entrait à Tours, sur les six heures du soir, la diligence des Messageries faisant le trajet de Bordeaux à Paris.

      A peine cette voiture s'arrêtait-elle devant l'hôtel de la Pomme d'or, où elle avait coutume de remiser pour la nuit, qu'aussitôt, par toutes ses issues, de face, de derrière et de côté, les voyageurs se frayaient en hâte un passage : ceux-ci désireux de se rafraîchir le gosier ou de se dégourdir les jambes ; ceux-là, de s'assurer une chambre et un lit après deux jours de route.

      Parmi les voyageurs qui descendirent de l'intérieur, il eût été difficile de ne pas remarquer un garçon maigre, aux cheveux courts, au menton glabre, qui, en mettant pied à terre, se coiffa d'un pauvre tricorne usé. Ce tricorne était d'ailleurs en rapport complet avec le reste de sa mise, laquelle se composait d'un habit vert râpé, blanchi sur les coutures, d'un vieux gilet jaune à fleurs et d'une culotte fatiguée surmontant des bas de coton chinés.

      A coup sûr, ce personnage eût paru plutôt faire partie du public de la rotonde ; mais il avait payé sa place d'intérieur, assez superbement ma foi, pour se faire remarquer. Je ne jurerais même pas qu'il n'eût réclamé le coupé pour lui tout seul, mais peut-être aussi savait-il, en sollicitant de la buraliste cette faveur à haute voix, que ledit coupé était déjà retenu depuis longtemps.

      Si l'on pouvait hésiter sur sa position sociale, car son passeport portait seulement : « Capoulade, sans profession », il n'y avait pas moyen d'hésiter un instant sur sa nationalité. Son accent fortement prononcé et les jurons sans nombre dont il émaillait les phrases les plus simples trahissaient du premier coup un enfant du bassin de la Garonne. L'excellent Gascon ne faisait d'ailleurs aucune difficulté pour apprendre à ceux que ces détails pouvaient intéresser, et même à ceux qu'ils laissaient indifférents, le lieu de sa naissance, ses goûts, ses habitudes, celles de son père, etc. Tous ses compagnons de route savaient déjà qu'il était natif de Castel-Sarrazin, que M. de Villèle était son parent, et qu'il allait à Paris avec la certitude d'obtenir du ministre un bureau de poste ou une perception.

      Depuis l'avénement de M. de Villèle aux affaires, c'était entre Toulouse et Paris un mouvement continu de solliciteurs de cette espèce ; si bien que les enfants de Gascogne étaient en passe d'envahir complétement l'administration. Chaque nomination nouvelle, au lieu de diminuer le nombre des aspirants, ne faisait que l'augmenter par l'appât d'une conquête facile en apparence. Le seul titre qu'ils pussent invoquer près du ministre était généralement celui de compatriote. Capoulade avait trouvé mieux ; il avait découvert entre le ministre et lui un lien de parenté inattendu. A vrai dire, la conviction du fait ne lui était pas venue immédiatement. Le premier jour, Capoulade n'avait de cette parenté qu'un sentiment fort vague ; mais un des côtés heureux de sa riche nature était une telle confiance en sa personne, qu'il ajoutait foi entière aux choses les moins probables, pour peu qu'il se les fût contées lui-même.

      Rendons à Capoulade cette justice que sa mimique expressive, les jeux de physionomie faciles à saisir sur son visage entièrement rasé, enfin le tour pittoresque de ses phrases et jusqu'à son diable d'accent rendaient son bavardage amusant. On sentait en lui une nature aux impressions vives, plus apte à se tromper elle-même qu'à tromper les autres, se laissant déchiffrer sans peine et livrant, à travers de grands airs factices, mieux encore que le secret de ses hâbleries, livrant le secret d'une indulgence aimable et d'un bon coeur.





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