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Colomba - Prosper Mérimée

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      Présentation Colomba de Prosper Mérimée

       - eBook

      eBook - Prosper Mérimée 06/01/2021
    • Format : Epub2
    • Auteur(s) : Prosper Mérimée
    • Editeur : 1845
    • Collection : Oeuvres de Prosper Mérimée
    • Langue : Français
    • Parution : 06/01/2021
    • Format : Epub2
    • Compatibilité : Liseuse, Android, iOS, Windows, Desktop
    • ISBN : 1230004455950



    • Colomba - Colomba della Rebbia a vu périr son père assassiné par son ennemi, l'avocat Barricini. L'assassin a su dérober son crime aux yeux de la justice, mais Colomba n'a pas mis l'espoir de sa vengeance dans la loi. Elle a un frère, Orso della Rebbia, lieutenant en demi-solde dans la garde impériale, qui doit bientôt revenir en Corse. C'est lui qui est maintenant le chef de la famille, et c'est lui qui, selon les idées de la Corse, doit venger son père : quand on a un ennemi, il lui faut choisir entre les trois S : « schioppetto, stiletto o strada » (fusil, stylet ou fuite, expression corse).

      Lorsque Orso si longtemps attendu revient enfin au pays, Colomba découvre que son séjour sur le continent lui a fait concevoir, de l'honneur et de la justice, d'autres sentiments que ceux de ses compatriotes et surtout de sa soeur : il déteste la vendetta. Colomba pousse alors avec un mélange d'amour fraternel et d'ardeur de vengeance son frère à un meurtre expiatoire, qu'elle aurait accompli elle-même si elle n'eût cru que l'exécution de la vengeance appartenait à son frère comme chef de la famille.

      Craignant qu'il ne soit abattu dès son retour à Pietranera, le village ancestral, Colomba a soin de couvrir Orso de son corps lorsqu'il passe devant la maison des Barricini. Pour aviver sa colère et sa haine contre ses ennemis, elle le mène à la place où son père a été tué puis, de retour à la maison, elle lui montre la chemise couverte de larges taches de sang de leur père et la lui jette sur ses genoux, avant de poser dessus les deux balles qui l'ont frappé.

      Excité par sa soeur et par l'opinion de ses compatriotes, Orso n'en continue pas moins de répugner à la vendetta lorsqu'il est attaqué dans la montagne par les deux fils de l'avocat Barricini. En état de légitime défense, Orso les tue et accomplit la vengeance de Colomba.

      Forcé, dans les premiers moments, de se cacher dans les maquis impénétrables qui servent de retraite aux bandits corses, une ordonnance de non-lieu sera rendue en sa faveur lorsque l'examen des cadavres et la déposition du colonel démontreront qu'il était seul au moment du combat et qu'il n'a fait que riposter à ses attaquants.

      La Vénus d'Ille

      L'histoire se déroule à Ille (nom inspiré par un lieu réel : Ille-sur-Têt) durant trois jours et demi. L'histoire se prolonge ensuite pendant environ deux mois et demi.

      Jour 1, mercredi

      Le narrateur, un antiquaire, s'y rend en compagnie d'un guide. Il vient y rencontrer M. de Peyrehorade (nom inspiré d'un lieu réel), un antiquaire de province qui doit lui montrer des ruines antiques. Celui-ci a découvert par hasard une statue de Vénus dont tout le monde parle à Ille. Le guide explique au narrateur les circonstances de cette découverte dont il a été le témoin.

      Quinze jours avant l'arrivée du narrateur, M. de Peyrehorade avait prié un homme du village, Jean Coll, et le guide, de l'aider à déraciner un olivier mort. En essayant d'extraire les racines du sol, Jean Coll donna des coups de pioche dans la terre et frappa sans le savoir la statue. M. de Peyrehorade, heureux de cette découverte, voulut extraire la statue du sol et en la redressant, elle tomba sur la jambe de Jean Coll, pourtant excellent coureur et joueur de paume aguerri. Cette statue inquiète en raison de sa beauté physique et parce qu'elle semble déjà avoir provoqué un accident (la jambe cassée de Jean Coll).

      Le narrateur arrive ensuite chez les Peyrehorade auxquels il avait été recommandé par une lettre de son ami M. de P.. Il fait la connaissance des époux Peyrehorade et de leur fils, M. Alphonse, duquel il fait un portrait assez négatif. Lors du dîner, le narrateur est invité au mariage imminent du fils Peyrehorade et d'une demoiselle fortunée, Mlle de Puygarrig. Le père, tout comme le fils, ne semble pas attacher beaucoup d'importance à ce mariage. M. de Peyrehorade est impatient de montrer au narrateur sa découverte, la statue de Vénus à laquelle il porte une véritable vénération (que sa femme réprouve).

      Enfin, au moment de se coucher, le narrateur voit la Vénus pour la première fois par la fenêtre de sa chambre et est témoin d'une scène étrange : deux apprentis du village sont en colère contre la statue dont ils soutiennent qu'elle a cassé la jambe de Jean Coll. Ils insultent la statue et l'un d'eux lui lance un caillou. Curieusement, le caillou fait deux rebonds et retourne frapper l'apprenti de plein fouet au visage. Effrayés, les apprentis s'enfuient. Le narrateur est amusé par la scène et va se coucher. Sa remarque constitue le premier glissement vers le fantastique après la description du guide catalan : « Encore un vandale puni par Vénus ! Puissent tous les destructeurs de nos vieux monuments avoir ainsi la tête cassée ! ».

      Jour 2, jeudi

      Le lendemain matin, le narrateur est réveillé de bonne heure par M. de Peyrehorade, qui tient absolument à lui faire admirer sa Vénus. Il fait remarquer au narrateur l'étrange inscription figurant sur le socle « Cave amantem », qui la traduit en ces termes : « prends garde à toi si elle t'aime ». Puis les deux personnages tentent de décrypter d'autres inscriptions de la statue, notamment celle figurant sur le bras droit de Vénus. La discussion entre les deux hommes est vive. Les arguments de l'antiquaire sont quelque peu fantaisistes, mais le narrateur se garde bien de contredire son hôte. Il se borne à admirer la statue.

      Après le déjeuner, Alphonse, le fils de M. de Peyrehorade, converse avec le narrateur. Il apparaît alors clairement qu'Alphonse n'a pas de sentiments pour sa future femme et ne voit que l'argent. Il montre d'ailleurs au narrateur l'anneau qu'il va lui offrir le lendemain : c'est une ancienne bague chevaleresque surmontée de 1 200 francs de diamants. Le narrateur remarque une autre bague qu'Alphonse porte au doigt et il répond, dans un soupir de regret, que c'est une modiste parisienne qui lui a offerte comme gage d'amour, deux ans auparavant, quand il était à Paris.

      Le soir, il y a un dîner au domicile de Mlle de Puygarrig, la future épouse que le narrateur compare à la Vénus.

      En retournant à Ille, le narrateur « ne sachant trop que dire » à Mme de Peyrehorade, déclare qu'un mariage célébré le vendredi porte malheur. Mme de Peyrehorade l'approuve mais son mari rétorque que c'est le jour idéal car le vendredi est le « jour de Vénus » (en latin Veneris dies).

      Mme de Peyrehorade est bien de son avis et déclare que c'est son mari qui tenait à ce que le mariage se fasse ce jour-là. De plus, le narrateur apprend que l'on ne dansera pas au mariage, vu que la future mariée vient de perdre sa tante qui était comme sa mère, car c'est elle qui l'a élevée et lui a légué sa fortune.

      Jour 3, vendredi

      Le lendemain matin, le narrateur essaie en vain de dessiner un portrait de la statue. M. de Peyrehorade tient à faire (malgré l'opposition de sa femme) une sorte de cérémonie, d'ailleurs « grotesque » et vulgaire d'après le narrateur, pour honorer Vénus et faire des voeux pour le futur couple.

      Après cette « cérémonie », M. Alphonse, déjà prêt, vient voir le narrateur dans le jardin quand une partie de jeu de paume commence sur le terrain juste à côté du jardin. L'équipe locale est en train de perdre contre une équipe espagnole. M. Alphonse, qui est un grand joueur de paume, n'y tient plus et va rejoindre son équipe bien qu'il soit en habit de marié. Il commence par jouer très mal et se plaint que son alliance en diamants, qu'il avait emportée pour donner à sa future femme lors de la cérémonie, le gêne pour jouer. Il la retire et pour ne pas la perdre, la glisse à l'annulaire de la statue. Après cela, la partie bascule et il fait gagner son équipe. Vexé, le capitaine de l'équipe espagnole rumine sa défaite et marmonne, à l'intention d'Alphonse, après que celui-ci s'est montré très arrogant dans sa victoire : « Me lo pagarás ».

      Alphonse remet succinctement ses habits en ordre et monte dans la calèche pour se rendre chez son ex-fiancée afin de célébrer le mariage. Sur le chemin de la mairie, il se rend compte qu'il a oublié l'alliance au doigt de la statue et se morfond à cause de la valeur marchande de la bague. Du coup, en guise d'alliance, il donne à sa femme la bague qu'il avait lui-même au doigt et qui lui avait été offerte par une autre femme avec laquelle il avait eu une aventure à Paris6. Puis les invités se mettent à table, la mariée semble être très en retrait. On regarde danser les paysannes et la mariée présente sa corbeille.

      On rentre à Ille pour le souper. M. de Peyrehorade et ses amis font des plaisanteries vulgaires et équivoques à l'encontre de la mariée, ce qui attriste le narrateur. Après l'épisode de la jarretière, la mariée quitte la table pour aller se coucher, il est presque minuit.

      M. Alphonse, pâle et froid pendant le souper, vient voir le narrateur et lui fait part de sa terreur : il ne peut plus retirer la bague du doigt de la Vénus ; il prétend que la statue a replié son doigt et demande au narrateur d'aller voir par lui-même pour essayer de récupérer la bague. Celui-ci accepte et a aussi peur un instant ; puis il se dit que M. Alphonse doit être saoul ou qu'il veut lui faire une mauvaise blague ; il se ravise et va se coucher directement.

      Jour 4, samedi

      Une fois couché, le narrateur entend, après la fin des festivités, des craquements sourds, des pas pesants montant l'escalier. Il pense avoir reconnu les pas du jeune marié ivre, s'inquiète parce qu'ils paraissent extrêmement lourds, mais s'endort tout de même. Le narrateur dort mal et est réveillé vers cinq heures du matin de nouveau par les pas lourds et les craquements dans l'escalier.

      Puis ce sont des cris, des plaintes et le bruit d'une sonnette. Le narrateur se lève et court aux nouvelles. Il trouve M. Alphonse mort, gisant sur le lit nuptial brisé, le corps couvert de contusions. Son torse semble avoir été étreint violemment par un cercle de fer.

      Mme Alphonse est en proie à une crise d'hystérie. Elle ne décèle sur le corps aucune trace de sang bien que la mort ait été violente compte tenu de la pose angoissée que le visage de M. Alphonse avait conservée. En examinant le corps, le narrateur découvre sur le tapis la bague de diamants qui normalement aurait dû se trouver au doigt de la statue.

      Ses soupçons se portent sur le capitaine de l'équipe espagnole de jeu de paume, mais il ne dispose d'aucune preuve et ses réflexions le font disculper cet homme. Le narrateur ne constate aucune trace d'effraction dans la maison. Dehors, les seules empreintes que l'on peut encore relever après les pluies torrentielles de la nuit sont celles qui mènent et qui reviennent à la statue. De plus, en inspectant le jardin, il remarque que la statue a alors une expression terrifiante qui semble vouloir dire qu'elle se réjouit des malheurs que subit la maison Peyrehorade.

      Peu après, le narrateur fait sa déposition au procureur du roi qui lui raconte la version de Mme Alphonse. Celle-ci a entendu quelqu'un pénétrer dans la chambre et a pensé que c'était son mari. Cette personne s'est couchée en faisant crier le bois du lit ; elle a senti le contact d'un corps glacé. Plus tard, une seconde personne est entrée dans la chambre en disant : « Bonsoir, ma petite femme. » puis poussa un cri. Mme Alphonse tourna alors la tête et vit que la personne dans le lit, « un géant verdâtre », s'était levé et étreignait son mari : elle reconnut alors la Vénus et s'évanouit. En revenant à elle, au petit matin, elle vit la statue déposer son mari sans vie dans le lit puis partir.

      Le procureur convoque ensuite le capitaine de l'équipe espagnole qui récuse l'accusation et fournit un alibi incontestable. Le narrateur ajoute à sa déposition qu'un domestique dit avoir vu M. Alphonse vers minuit sans sa bague.

      Après l'enterrement, le narrateur quitte Ille et rentre à Perpignan. Quelques mois plus tard, il apprend que M. de Peyrehorade est mort et que Mme de Peyrehorade a décidé de faire fondre la statue pour en faire une cloche en bronze. Mais « depuis que cette cloche sonne sur Ille, les vignes ont gelé deux fois. »

      Les Âmes du purgatoire

      Don Juan est le fils espéré du comte don Carlos de Maraña qui veut faire de lui un homme brave tandis que sa mère rêve d'un fils pieux. C'est un enfant très gâté et élevé dans le luxe et l'abondance de biens. Dans sa jeunesse, il fut marqué par un tableau de Moralès qui représentait les tourments du purgatoire infligés à des pécheurs ; tableau qui ornait l'oratoire de la comtesse de Maraña, sa mère. A dix huit ans, Don Juan, doué pour la religion et les armes mais beaucoup moins pour le latin, fut envoyé à Salamanque dans l'une des plus prestigieuses écoles d'Espagne. Là, il fit la connaissance d'un étudiant qui le mit en garde d'un dénommé don Garcia. Don Garcia s'avèrera être le fils d'un ami de son père et prendra Don Juan sous son aile.

      Ensemble, les deux hommes décident de séduire deux soeurs : doña Fausta et doña Teresa de Ojeda. En tentant de les séduire, ils sont contraints de tuer don Cristoval et, au lieu de s'enfuir loin, ils sèment leur adversaire par la ruse. Les deux hommes vont parvenir à leurs fins. Don Juan se montre plus fidèle que Don Garcia mais il se lasse vite de cette jeune fille. Ses illusions sur l'amour sont remises en cause. Les deux hommes décident d'échanger leurs compagnes mais Fausta alerte la maison et son père, pensant tuer Don Juan, tire sur sa fille. Don Juan, dans sa fuite, assassine le père de Fausta. Les deux hommes doivent quitter le pays ; ils décident de s'en aller en Flandres sur le front.

      Les deux seigneurs agissent alors sous les ordres du capitaine Gomare qui à sa mort lègue son argent à Don Juan afin qu'il lui fasse un enterrement chrétien. Nous pouvons voir que Don Juan n'est pas pieux mais qu'il a peur de l'enfer. De plus, il inspire la confiance pas tant par sa parole mais par comparaison avec son compagnon. Don Garcia décide de dépenser tout l'argent du commandant au jeu. Ils doivent partir au front et Don Garcia est tué.

      Don Juan décide de retourner en Espagne, à Séville. Il tombe malade et dresse la liste de toutes ses conquêtes ainsi que des professions de leurs maris. Un de ses amis lui fait alors remarquer qu'il n'y a qu'une femme de Dieu qu'il n'a pas encore trompée ; il décide alors de séduire une nonne. Le dimanche, à l'église, il en trouve une fort à son goût et tente de l'approcher. Don Juan s'aperçoit que la religieuse n'est autre que doña Teresa qui refuse de se laisser séduire par son ancien amant ; il communique par message et ne cesse de se référer au Cid de Corneille. Elle finit par lui céder en mettant en place une stratégie pour s'évader du couvent. En attendant doña Teresa, Don Juan assiste à son propre enterrement, il prend peur et tombe malade, il fait appeler un prêtre pour se confesser. Cet homme lui conseille de se repentir immédiatement ; ce qu'il fait. Le point de rupture majeur entre les deux versions du mythe de Don Juan apparaît ici : celui de Mérimée se repent alors que celui de Molière ou de Mozart meurt impénitent.

      Don Juan décide alors d'entrer dans les ordres, il vend ses biens et fait construire une chapelle et un hôpital. Mais bien qu'il ait décidé d'arrêter de se battre, un inconnu, nommé don Pedro de Ojeda, venu venger son père et ses soeurs, le provoque en duel ; Don Juan ne peut refuser. L'inconnu en question est le meurtrier de Don Garcia, il voulait tuer Don Juan mais a manqué sa cible. Alors qu'il n'a plus pratiqué les armes depuis longtemps, Don Juan gagne le duel. Le père supérieur, pour éviter de ternir la réputation de son ordre, cache l'affaire à tous et Don Juan, désormais frère Ambroise dans les ordres, finit sa vie dans cette abbaye. À sa mort, il se fait enterrer au pied de l'autel de la chapelle qu'il a fait construire avec pour épitaphe : ¿Aquí yacen los huesos y cenizas del peor hombre que ha habido en el mundo. Ruegen a Dios por él.¿ (¿Ici reposent les os et les cendres du pire homme qui a été dans le monde. Priez Dieu pour lui¿).

      Mateo Falcone

      Mateo Falcone habite à la lisière d'un maquis à Porto-Vecchio, en Corse. Un jour, il décide d'aller voir un de ses troupeaux avec sa femme. Fortunato, son seul fils héritier, voit arriver un homme s'appelant Gianetto qui lui demande de le cacher. Le jeune homme accepte alors pour cinq francs. Un peu plus tard, six hommes armés se présentent chez Mateo Falcone et demandent à Fortunato où est passé l'homme qu'ils poursuivaient. Après discussion, Fortunato accepte de dévoiler la cachette du bandit en échange d'une belle montre dont il rêvait. C'est alors que Mateo Falcone arrive et voit Gianetto qui, capturé, accuse Mateo et sa famille de trahison. Une fois les six hommes et Gianetto partis, sa femme, devinant l'idée de son mari, le supplie d'arrêter mais sans l'écouter, il va, avec son fils, dans la forêt et, après lui avoir fait faire ses prières et malgré ses supplications, l'abat d'un coup de fusil car il a fait honte à son père qui ne tolère pas une trahison.

      Vision de Charles XI

      D'humeur sombre après le décès de son épouse, le roi Charles XI de Suède voit un soir un appartement de son palais éclairé. Le roi et trois courtisans rentrent dans cette pièce mystérieusement habillée de noir. Ils y trouvent un tribunal et de funèbres scènes de cadavres et d'exécution. Un vieillard avertit le roi que le sang coulera cinq règnes après le sien, prédisant la mort de Gustave III de Suède. Le roi hésite maintenant entre rêve et réalité.

      L'Enlèvement de la redoute

      La veille de l'offensive sur la redoute de Cheverino, un jeune lieutenant se présente, muni d'une lettre de recommandation signée par le général B***, devant le colonel, puis le capitaine responsable d'un régiment. Ce dernier ne cache pas son déplaisir de découvrir ce remplaçant inexpérimenté qu'il doit néanmoins accepter puisque son lieutenant est mort le jour précédent. Vers trois heures du matin, les troupes se déploient sur la plaine et mettent en place l'artillerie. Le jeune militaire constate, en essayant de prouver qu'il se défie de la peur, que les boulets des russes passent juste au-dessus de son bataillon. Peu après, la charge sur la redoute est lancée et les russes répliquent en faisant feu, décapitant le capitaine, dont la cervelle et le sang maculent l'uniforme du jeune lieutenant. Ce dernier se retrouve seul avec six hommes pour toute compagnie, mais l'attaque se poursuit. Les français pénètrent dans la redoute où ils se battent au corps à corps avec leurs ennemis dans une épaisse obscurité. Enfin, des cris de victoire s'élèvent, la fumée se dissipe et le jeune lieutenant aperçoit les abords de la redoute, couverts de cadavres et de sang. Le colonel, blessé, demande aux soldats venus lui porter secours de lui amener le plus haut gradé encore vivant : il se trouve qu'il s'agit du jeune lieutenant, ce que constate avec amertume le colonel, qui fait néanmoins de lui le commandant en chef de la suite des opérations.

      Tamango

      Tamango, puissant guerrier sénégalais, a pour habitude d'échanger des gens de son peuple contre de l'alcool et des armes. Le capitaine Ledoux, un ancien aide-timonier, qui a combattu aussi lors de la bataille de Trafalgar où il s'est fait amputer de la main gauche, vient pour la dernière fois de sa carrière chercher le précieux bois d'ébène. La vente commence, mais sous l'effet de la colère et surtout de l'alcool, Tamango livre sa propre femme, Ayché, au négrier. Le lendemain, il réalise son erreur. Fou de douleur, il tente alors de rattraper le navire sur lequel sa femme a été embarquée. Lorsqu'il y parvient, il tombe entre les mains du capitaine Ledoux qui le réduit en esclavage. Tamango se retrouve alors dans la même situation que ceux qu'il vendait. Au fil de la traversée, les Noirs, dirigés par Tamango, se rebellent contre l'équipage et parviennent à tuer tous les Blancs dont le capitaine. Mais il ne savent pas piloter le navire. Ayché, comme la plupart des Noirs, meurt à bord du navire à cause du manque de provisions ; seul Tamango, secouru par un navire anglais, est emmené en Jamaïque à Kingston, où la liberté lui est donnée. Devenu militaire dans l'armée britannique, alcoolique, il meurt à l'hôpital d'une « inflammation de poitrine » (pneumonie ou pleurésie).

      Prosper Mérimée, proche des milieux abolitionnistes, évoque certains de leurs textes : la description du navire négrier, le Brookes de Thomas Clarkson, les Voyages à l'intérieur de l'Afrique (1799) de Mungo Park, ou encore les ouvrages de l'abbé Raynal et de l'abbé Prévost.

      La Perle de Tolède

      Une femme d'une incomparable beauté pour laquelle s'affrontent de preux guerriers dans une Espagne médiévale.

      La Partie de trictrac

      Le destin de Roger, lieutenant de la flotte impériale, bascule lorsqu'il tombe follement amoureux de Gabrielle, une actrice. Tout s'engage fort bien puisque la belle répond favorablement à ses avances. Jusqu'à une malheureuse partie de trictrac, perdue, puis trop facilement gagnée¿

      Inspecteur des Monuments historiques, Prosper Mérimée écrivait des nouvelles à ses moments perdus¿

      Mais avec quel brio ! Dans les nouvelles présentées ici, d'un style vif et mordant, il brosse des personnages hauts en couleur et des intrigues enlevées.

      Le Vase étrusque

      Auguste Saint-Clair, un homme très renfermé qui ne cherche à plaire qu'aux gens qui lui plaisent, rencontre Mathilde de Coursy, une jeune et belle veuve, fraîche comme une rose. Elle devient sa maîtresse et son unique amie.

      Peu après, Auguste Saint-Clair assiste à un déjeuner-dîner (un déjeuner de célibataires qui dure longtemps) où on lui dit que Mathilde de Coursy a été la maîtresse de Massigny, qui lui avait offert un vase étrusque, une pièce rare et inédite. Auguste est assez fou pour avoir des soupçons ; et assez hypocrite pour les cacher à Mathilde de Coursy.

      Un autre soir, la comtesse de Coursy remet une montre « raccommodée » à Auguste : le portrait en miniature de Mathilde de Coursy est peint sur le fond de la boîte. Puis, elle dit que c'est Massigny qui lui a fait connaître le peintre. Saint-Clair est furieux. Il aimerait mieux cent fois, lui dit-il, qu'elle soit une courtisane et qu'elle se soit donnée pour de l'argent. Au moins pourrait-il croire qu'elle l'aimait. Maintenant il frémit à la seule idée de lier son sort à l'ancienne maîtresse de Massigny.

      En ce temps-là, Auguste, en se promenant à cheval, provoque une dispute avec Thémines, un de ses rivaux. Le jour suivant, Mathilde dit qu'elle n'avait jamais été la maîtresse de Massigny. Saint-Clair lui demande pardon plusieurs fois. Il est tué lors d'un duel provoqué par la dispute avec Thémines. Trois années plus tard, Mathilde meurt d'une maladie de poitrine, causée par le chagrin.

      Les Mécontents - Pièces dramatiques

      Lettres adressées d'Espagne au directeur de la Revue de Paris





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