Les Deux Soeurs - PAUL BOURGET
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Présentation Les Deux Soeurs de PAUL BOURGET
- eBookUn quart d'heure ne s'était pas écoulé et la « Vieille Beauté », comme la jeune veuve avait appelé la nouvelle venue avec l'insolence de ses trente ans, était en effet occupée à rapporter perfidement à la soeur cadette les propos de leur monde sur la cour que l'officier faisait par trop ouvertement à la soeur aînée. L'indiscrète ne devinait pas quel retentissement chacune de ses paroles avait dans cette sensibilité si blessée. Mais qui devine les souffrances des autres, alors même que ces autres nous tiennent de tout près au coeur ? Crucifiée par les propos de Mme Éthorel, si inconsidérés dans leur malveillance, Madeleine ne se doutait pas, elle non plus, qu'au même moment Agathe recevait des coups pareils, et de quelle main ! Elle en eût frémi d'épouvante jusque dans ses moelles. Mme de Méris avait fait comme elle avait dit. Elle avait quitté la place presque aussitôt la visiteuse entrée, non sans avoir échangé avec elle toutes les chatteries de deux femmes de la même société qui se sont vues la veille, qui se reverront demain et qui se câlinent l'une l'autre en se déchirant. D'ordinaire Agathe n'attachait pas à ces petites simagrées de salon plus d'importance qu'elles ne méritent. Mais quand on vient de traverser certains soupçons, on supporte plus difficilement la fausseté de ces protestations pourtant très banales et au fond inoffensives, derrière lesquelles s'abritent les perfidies de société. L'évidence que, sous les caressants papotages de deux amies qui se sourient tendrement, se cachent de jolies petites haines toutes prêtes à griffer et à mordre - cette évidence dont on sourit comme d'une chose plutôt divertissante, aux heures d'indulgente observation, - apparaît soudain comme une chose affreuse, si un petit indice vous a dénoncé à l'improviste une trahison dans un être aimé. L'idée d'un universel mensonge autour de votre aveuglement vous fait frémir. C'était cette impression qu'éprouvait Agathe, sans se rendre encore bien compte du motif, en descendant l'escalier de l'hôtel de sa soeur.
- « Comme on est trompée tout de même ! ¿ » se disait-elle. « Qui croirait à voir cette femme m'embrasser, comme elle fait, chaque fois que nous nous rencontrons, qu'aussitôt la porte fermée elle me diffame ? ¿ Dieu sait les insinuations auxquelles elle se livre en cet instant ¿ Tant mieux d'ailleurs ! Elle me rend service. Madeleine constatera que je n'ai pas exagéré. - Comme il est nécessaire qu'elle parle à Louis, et vite ! ¿ » Elle appelait Brissonnet de son prénom, quand elle évoquait son image, pour elle seule. « Il est extraordinaire qu'elle n'ait pas compris cela toute seule et depuis longtemps¿ Mais non. Elle a été bouleversée de ma demande. Pourquoi ? ¿ Tout son sang n'a fait qu'un tour. J'ai cru qu'elle allait se trouver mal. Pourquoi ? ¿ Est-ce que ? ¿ » La réponse à cette question se formula soudain dans l'esprit de la soeur, si longtemps envieuse, avec une netteté qui la fit se contracter tout entière. Elle ferma les yeux presque convulsivement en se disant « Non, non, » à voix haute. Puis, tout bas : « Non. Ce n'est pas possible. Madeleine aime son mari, et elle m'aime. Elle ne le trahirait pas, et moi, elle n'aurait jamais pensé à me présenter cet homme, avec l'intention déclarée de me le faire épouser, si elle avait pour lui un intérêt trop vif. Ce sont des chimères, de vilaines, de hideuses chimères. La vie est déjà si triste, on a si peu de vrais amis ! S'il fallait encore ne pas croire à une soeur pour qui l'on a toujours été parfaitement bonne, ce serait trop dur¿ Non, Ce n'est pas¿ Non. Non. »
Elle s'était surprise à prononcer de nouveau cette formule de dénégation à voix haute, tout en s'installant dans l'automobile électrique qui lui servait à Paris pour ses courses, et qu'elle avait laissée à la porte des Liébaut. Elle avait donné au mécanicien l'adresse d'une de ses amies dont c'était le jour. Au lieu de descendre, quand la voiture s'arrêta, elle jeta une nouvelle adresse à l'homme, celle d'un magasin situé à une autre extrémité de Paris, où elle n'avait aucune espèce de besoin de se rendre. La perspective de se mêler à une causerie d'indifférents lui avait paru insupportable. Son coupé allait, glissant d'un mouvement rapide et sans secousse, dans le crépuscule commençant de cette fin d'après-midi de l'automne. Un brouillard s'était levé, presque jaunâtre, que les lanternes des voitures trouaient de leurs feux, fantastiquement, et en dépit du « non » prononcé tout à l'heure avec tant d'énergie, Agathe de Méris se posait de nouveau la question qui avait surgi devant sa pensée, cet : « Est-ce que ? ¿ » énigmatique, qui enveloppait de trop douloureuses hypothèses. Elle osait maintenant les regarder en face et aller jusqu'au bout de leur logique : - « Est-ce que Madeleine aimerait Louis Brissonnet ? ¿ Quand elle m'a écrit de Ragatz, pour me parler de leur rencontre, je me rappelle, j'ai été étonnée de son enthousiasme.
J'ai expliqué cela par cette facilité à l'engouement qu'elle a toujours eue. J'ai voulu y voir une preuve de plus que ce projet d'un second mariage pour moi lui tenait vraiment au coeur. J'en ai souri et je lui en ai été reconnaissante. Si je m'étais trompée pourtant ? ¿ Non. Encore non. Elle ne me l'aurait pas présenté¿ Puis-je supposer qu'elle l'ait fait uniquement pour s'assurer des facilités de le revoir ? ¿ Et pourquoi non ? Elle a toujours été si personnelle, si peu habituée à se contraindre ! Tout lui a toujours tant réussi ! ¿ Ce serait un infâme procédé¿ Allons donc ! Une femme qui aime hésite-t-elle sur les procédés ? Madeleine aura spéculé sur cette froideur qu'elle m'a si souvent reprochée. Ma froideur ! Parce que je n'étale pas mes sentiments comme elle ! Ç'aura été son excuse à ses propres yeux. Elle se sera dit : ma soeur n'aimera jamais cet homme, je ne lui ferai donc aucun tort, et moi, elle me servira de paravent¿ Je crois que je deviens folle. Ce serait admettre qu'elle trahit son mari¿ Et ce n'est pas ! Ce n'est pas ! »
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