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Contes de mon hôte - Walter Scott

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      Présentation Contes De Mon Hôte de Walter Scott

       - eBook

      eBook - Walter Scott 01/07/2019
    • Format : Epub2
    • Auteur(s) : Walter Scott
    • Editeur : 1881
    • Collection : Oeuvres de Walter Scott
    • Langue : Français
    • Parution : 01/07/2019
    • Format : Epub2
    • Compatibilité : Liseuse, iOS, Android, Windows, Desktop
    • ISBN : 1230003303054



    • Contes de mon hôte (en anglais Tales of My Landlord) est un ensemble de sept romans publiés de 1816 à 1831 par l'auteur écossais Walter Scott, sous le pseudonyme de Jedediah Cleishbotham, qui leur est réservé. Deux de ces romans, Les Puritains d'Écosse et Le Coeur du Midlothian sont considérés comme deux des chefs-d'oeuvre de Scott.

      Le Nain noir: Limoges : 1816 - Le Nain mystérieux ou Le Nain

      Résumé

      Au château d'Ellieslaw, depuis quelques jours, on voit arriver des messagers. Des figures étrangères paraissent et disparaissent, on nettoie les armes, on s'agite, on s'inquiète, on semble former quelque complot.

      Enlèvement de Grace

      À cinq milles de là, le bon nain Elsy vit en ermite, soulageant par ses soins éclairés les misères des humains et des animaux. Il apprend du brigand Westburnflat que celui-ci va mener une opération de représailles chez le fermier Hobby Elliot, garçon qu'Elsy considère comme franc et brave. Mais le bon médecin est profondément misanthrope. Il préfère ses chèvres (qui l'aiment sans tenir compte de son physique) aux humains « qui se prétendent les chefs-d'oeuvre de la nature ». Il étouffe alors les protestations de sa « sensibilité rebelle » : pourquoi devrait-il éprouver de la compassion, alors que personne n'en a jamais éprouvé pour lui ? Il ne prévient pas la famille de Hobby. Les brigands, profitant de ce que Hobby est à la chasse, pillent et brûlent sa ferme, enlèvent son bétail et emmènent sa promise, Grace.

      Tandis que le châtelain Patrick Earnscliff, Hobby et ceux de son clan recherchent Grace, Elsy fait donner à Westburnflat vingt pièces d'or pour la libération de la jeune fille. Par ailleurs il met Hobby sur la piste de ce brigand.

      Earnscliff, de son côté, apprend qu'une troupe considérable de jacobites se trouve en armes, et que l'on parle de plusieurs soulèvements dans diverses parties de l'Écosse. L'incendie de la ferme ne serait donc pas un acte de vengeance ni de brigandage ordinaire. Il serait lié au début d'une guerre civile. Hobby soupçonne alors le laird d'Ellieslaw, qui est lié à tous les jacobites du Cumberland et qui protège le bandit Westburnflat. Une fille de la ferme a d'ailleurs entendu les brigands dire qu'ils agissaient au nom de Jacques VIII.

      Hobby et les siens se dirigent donc vers la tour de Westburnflat. Sommé de libérer sa prisonnière, le brigand finit par s'exécuter. Il fait sortir une jeune fille, mais il ne s'agit pas de Grace ? qu'il a déjà libérée, à la demande d'Elsy. Il s'agit d'Isabella, la fille du laird d'Ellieslaw, l'amoureuse d'Earnscliff. Westburnflat l'avait enlevée à la demande d'Ellieslaw lui-même, qui souhaitait faire pression sur sa fille à l'abri des regards. Isabella est reconduite chez elle par Earnscliff, tandis que Hobby retrouve Grace, en sécurité dans sa famille.

      Au château d'Ellieslaw, les comploteurs jacobites sont réunis. Ils n'attendent pour prendre les armes que le débarquement de soldats français et du prétendant. La nouvelle parvient à leurs chefs que les navires français ont été repoussés, sans avoir pu débarquer quiconque, ce qui compromet fortement l'insurrection prévue pour le lendemain. La zizanie s'installe alors entre deux des chefs. Sir Frederick rappelle à Ellieslaw que celui-ci lui a promis la main d'Isabella en gage de leur alliance politique. Estimant avoir été joué, il menace de se retirer. Il exige pour preuve de sincérité que le mariage ait lieu le soir même avant minuit.

      L'histoire d'Elsy

      Le mystérieux Ratcliffe, le gestionnaire de fortune d'Ellieslaw, convainc Isabella d'aller demander le secours d'Elsy. Il l'accompagne. Chemin faisant, à mots couverts, il lui en apprend un peu plus sur le bon nain, qui est né avec une grande fortune.

      Son père voulait l'enrichir encore en le mariant à une parente, élevée dans la maison. La jeune fille se montrait favorable à cette union. Mais, par ailleurs, Elsy était d'une sensibilité excessive, qui tournait à la susceptibilité. S'imaginant « comme séparé du reste des hommes », il tentait de s'attacher tous et chacun en se montrant trop libéral. Et souvent sa bienveillance fut abusée, sa confiance trahie, sa générosité payée d'ingratitude. Aussi le jeune homme en vint-il à ne voir dans les humains que des ennemis, à l'exception de sa promise et d'un ami très cher. Un soir, chez cet ami, une querelle survint et, voulant venger son ami qu'il croyait mort, Elsy tua un homme. Il fut emprisonné. Le remords ne lui laissait aucun répit, car sa victime jouissait d'une excellente réputation. À sa sortie de prison, il trouva celle qu'il aimait mariée à l'ami qu'il avait comblé de bienfaits. Il perdit quelque peu la raison. On dut le confier à un asile, et l'ami prit soin que cette réclusion durât longtemps après la guérison.

      Lorsque la jeune femme mourut sans enfant mâle, ses biens vinrent s'ajouter à ceux d'Elsy, son héritier par substitution. Le malheureux s'était enfoncé définitivement dans la misanthropie. Bientôt, certains le crurent mort, d'autres trappiste. En réalité, il était venu s'établir en ermite ici, dans l'endroit le plus sauvage de la région. Et, tandis que ses discours proclament son aversion des humains, ses actions ne tendent qu'à soulager ces mêmes humains, si grande est restée sa générosité naturelle. Ratcliffe lui-même n'est pas convaincu que toutes les idées d'Elsy « soient parfaitement saines », mais il le voit plutôt comme un exalté, juste un peu marqué au coin de la folie, et par moments, comme tant d'autres.

      Échec du complot

      Elsy recommande à Isabella de se présenter à l'autel : c'est seulement à ce moment-là qu'il agira. Isabella regagne le château et, en effet, à peine la cérémonie de mariage a-t-elle commencé qu'Elsy apparaît. Il annonce à sir Frederick qu'en épousant Isabella, il n'épouse pas l'héritière des biens de sa mère. Car le seul propriétaire de ces biens, c'est lui-même, Elsy. Et Isabella ne pourra entrer en leur possession qu'en se mariant avec le consentement de leur propriétaire.

      À ce moment, Hobby fait irruption dans la chapelle, à la tête d'hommes en armes. Ulcéré de ce que sa ferme ait été incendiée par un sbire du jacobite Ellieslaw, il est venu, se réclamant de la reine Anne, faire échouer le complot. Avec trente hommes, il a pris le contrôle du château, où tout le monde était ivre de punch : « Nous leur avons ôté leurs armes des mains aussi aisément que nous aurions écossé des pois. » Il apprend à tous les jacobites ce que leurs chefs leur ont caché : le débarquement français a échoué. Hobby recommande à tous de se retirer paisiblement du château. Ils ne seront pas inquiétés.

      La véritable identité d'Elsy

      Elsy est en réalité sir Edward Mauley, l'assassin du père de Patrick Earnscliff. Il consent au mariage d'Isabella et de Patrick, en leur offrant une belle fortune. Quant à Hobby et Grace, il leur fait don d'une somme qui leur permettra de reconstruire leur ferme incendiée. Comme il choisit de disparaître à nouveau, Hobby et Grace demandent à prendre possession de ses abeilles et de sa chèvre, les créatures qu'il disait aimer bien plus que les humains.

      Le souvenir d'Elsy est resté. Certains prétendent qu'il a été emporté par le diable. La plupart pensent qu'il hante les montagnes. On oublie ses multiples bienfaits. On se souvient de ses imprécations fracassantes visant le genre humain, expressions exaltées de son désespoir. On le confond désormais avec un mauvais démon appelé « l'homme des marécages ». Et l'on attribue au « Nain noir » les maladies des brebis et les avalanches, tous les malheurs qui surviennent dans la contrée.

      Les Puritains d'Écosse: 1816

      Henry Morton, jeune presbytérien orphelin, aime Edith Bellenden, une royaliste qu'aime également lord Evandale, un officier des dragons du colonel Claverhouse.

      Au soir du 5 mai 1679, Morton accepte d'abriter John Balfour de Burley, covenantaire extrémiste, l'un des assassins de l'archevêque de Saint Andrews. Morton agit par piété filiale : Burley autrefois a sauvé la vie de son père.

      Le covenantaire lui propose de rejoindre les insurgés. Morton refuse. Il est horrifié par l'esprit d'intolérance de fanatiques tels que Burley. Il les juge responsables ? pour avoir incité des gens pacifiques à la révolte ? de l'atroce répression qui s'abat maintenant sur les presbytériens, et dévaste son malheureux pays. Se refusant à l'inaction, il décide alors de combattre les covenantaires. Il veut devenir soldat.

      Mais, arrêté par les dragons pour avoir hébergé Burley, le jeune homme est emmené au château de lady Margaret, la tante d'Edith. Là, il est traduit devant le colonel Claverhouse qui sans perdre de temps le condamne à mort. Le jeune lord Evandale, le rival en amour de Morton, voit bien que cette décision met Edith au désespoir. Or, Claverhouse est son débiteur. Le lui rappelant, lord Evandale parvient à arracher la grâce de son rival à l'homme impitoyable.

      Morton est entraîné avec trois autres prisonniers à la suite du régiment, qui part disperser un rassemblement de covenantaires armés. Lesquels se jettent sur les soldats aux cris de : « Malheur aux Philistins incirconcis ! Périssent Dagon et ses adorateurs ! » C'est la bataille de Drumclog, qui tourne à l'avantage des insurgés. Les gardes de Morton s'enfuient. Libre, celui-ci a l'occasion, sur la fin du combat, de payer sa dette à lord Evandale : il lui sauve la vie à son tour.

      Révolté par l'injustice dont il a été l'objet, Morton prend conscience de ce que les droits des Écossais sont violés par les forces gouvernementales. Les personnes sont outragées. Le sang est répandu sans motif et sans jugement légal. Le jeune homme sent alors « sa destinée individuelle liée à une révolution nationale ». Il se rallie aux insurgés. Mais il tient à faire savoir qu'il reste un modéré, et qu'il réprouve formellement des actes comme l'assassinat de l'archevêque de Saint Andrews : « Je ne partage pas les passions violentes et haineuses d'une partie de ceux qui se trouvent dans nos rangs. » Il combat pour la liberté religieuse et le respect du droit des personnes.

      Les covenantaires sont battus à Bothwell Bridge par les troupes gouvernementales du duc de Monmouth. Morton doit s'exiler sur le continent durant de longues années.Tout le monde le croit mort dans un naufrage

      Le Coeur du Midlothian: 1818 ou La prison d'Edimbourg

      Le contrebandier Andrew Wilson et son complice George Robertson sont condamnés à mort pour vol. Wilson favorise l'évasion de Robertson.

      Le jour de l'exécution de Wilson, Jock Porteous, capitaine des gardes d'Édimbourg, fait tirer sur la foule.

      Il est condamné à mort. Le jour de sa propre exécution, la foule, furieuse, apprend qu'il bénéficie d'un sursis. Dans la soirée, une bande armée part attaquer la prison de Tolbooth en vue de pendre Porteous. L'ecclésiastique Reuben Butler est entraîné de force par les émeutiers pour assister le malheureux dans ses derniers instants. Au cours de l'assaut de Tolbooth, les prisonniers sont libérés. La toute jeune Effie Deans, accusée d'infanticide, refuse de fuir.

      Le procès d'Effie

      Effie dit ignorer ce qu'est devenu son enfant. Selon le droit écossais, elle pourrait être lavée du soupçon d'infanticide et sauver sa tête si quelqu'un témoignait avoir recueilli la confidence de sa grossesse. Sa soeur est convoquée devant le tribunal.

      Davie, leur père, presbytérien rigide, considère comme un péché de témoigner devant le tribunal d'un gouvernement qui jadis avait été considéré comme illégal par les covenantaires. Mais ils l'avaient fait au terme d'une controverse si extravagante et si confuse que Davie s'autorise à faire taire ses scrupules religieux : « La voix de la nature s'éleva bruyamment dans son sein contre les diktats du fanatisme. » Il laisse donc Jeanie libre de s'en remettre à sa propre conscience ? persuadé qu'elle n'a d'autre idée en tête que de sauver sa soeur. Mais Jeanie n'entend rien à son discours, car c'est un scrupule religieux d'une tout autre nature qui s'est emparé d'elle : il n'est nullement question pour elle de produire un faux témoignage.

      La Fiancée de Lammermoor: 1819

      Un legs de vengeance

      Ruiné, dépossédé de son château et de ses terres à la suite de la Glorieuse Révolution (1689), le tory (ou cavalier) lord Ravenswood meurt en maudissant le nouveau propriétaire, sir William Ashton, comme s'il transmettait à son fils Edgar un legs de vengeance. Au terme des funérailles, celui-ci harangue l'assistance, en promettant de venger son père. Le voeu est « enregistré dans le livre du destin20 ».

      Venu à Ravenswood avec un fusil pour rencontrer sir William, Edgar l'aperçoit en compagnie de sa fille, Lucy, au moment où tous deux sont chargés par un taureau sauvage. Edgar leur sauve la vie en abattant le taureau. Dans la brève entrevue qui s'ensuit, l'amour s'installe dans le coeur des deux jeunes gens.

      Les calculs de sir William

      Edgar a décidé de s'engager dans la Brigade irlandaise des jacobites, en même temps que le jeune laird Bucklaw. Leur recruteur s'étant fait prendre, les deux hommes restent un moment cachés dans la tour de Wolfcrag, le seul bien qui reste à la famille Ravenswood, mais où il n'y a plus rien à boire ni à manger, dont « il ne reste pour ainsi dire que les murailles ».

      Le pleutre sir William, garde des sceaux d'Écosse, craint la vengeance d'Edgar. D'autre part, le marquis d'Athol, riche parent du jeune homme, fait savoir à sir William qu'Edgar risque de porter leur affaire devant le parlement d'Écosse, où il a toutes les chances d'obtenir réparation, car il y dispose d'amis très puissants. Sir William se dit qu'un mariage avec Lucy disposerait peut-être Edgar à se montrer plus modéré dans ses réclamations. Il veut voir Edgar « parfaitement garotté, tout en restant lui-même parfaitement libre ».

      « Dans ce calcul inspiré par un égoïsme cruel et fondé sur les symptômes d'attachement qu'il croyait remarquer en Ravenswood pour Lucy, il ne faisait entrer pour rien les chagrins qu'il pouvait occasionner à sa fille en se jouant ainsi de ses affections, et le danger de la laisser ouvrir son âme à une passion si dangereuse. On eût dit qu'il se flattait de pouvoir l'allumer et l'éteindre à son gré, comme la flamme d'un flambeau. Mais la Providence préparait une punition terrible à cet homme qui avait passé toute sa vie à faire servir les passions des autres à ses intérêts. »

      Profitant d'un séjour de sa terrible épouse en Angleterre, sir William décide de faire la paix avec son ennemi. Au cours d'un orage, il vient avec sa fille demander asile à Edgar, qui le leur accorde. Mais Caleb, le serviteur, ne sachant comment nourrir tout ce monde, ferme la porte au nez du jeune Bucklaw, qui part en maudissant l'inhospitalité d'Edgar.

      Le lendemain, sir William fournit à Edgar la preuve d'un grand service qu'il lui a discrètement rendu ? geste de prétendue générosité qui n'était guidé que par l'intérêt politique. Edgar est profondément ému, et fait sa paix avec lui.

      Il s'apprête à suivre sir William au château de Ravenswood, qui fut celui de ses ancêtres. Caleb est épouvanté. Il évoque une prédiction de Thomas le Rimeur :

      Une légende de Montrose: 1819

      Un legs de vengeance

      Ruiné, dépossédé de son château et de ses terres à la suite de la Glorieuse Révolution (1689), le tory (ou cavalier) lord Ravenswood meurt en maudissant le nouveau propriétaire, sir William Ashton, comme s'il transmettait à son fils Edgar un legs de vengeance. Au terme des funérailles, celui-ci harangue l'assistance, en promettant de venger son père. Le voeu est « enregistré dans le livre du destin ».

      Venu à Ravenswood avec un fusil pour rencontrer sir William, Edgar l'aperçoit en compagnie de sa fille, Lucy, au moment où tous deux sont chargés par un taureau sauvage. Edgar leur sauve la vie en abattant le taureau. Dans la brève entrevue qui s'ensuit, l'amour s'installe dans le coeur des deux jeunes gens.

      Les calculs de sir William

      Edgar a décidé de s'engager dans la Brigade irlandaise des jacobites, en même temps que le jeune laird Bucklaw. Leur recruteur s'étant fait prendre, les deux hommes restent un moment cachés dans la tour de Wolfcrag, le seul bien qui reste à la famille Ravenswood, mais où il n'y a plus rien à boire ni à manger, dont « il ne reste pour ainsi dire que les murailles ».

      Le pleutre sir William, garde des sceaux d'Écosse, craint la vengeance d'Edgar. D'autre part, le marquis d'Athol, riche parent du jeune homme, fait savoir à sir William qu'Edgar risque de porter leur affaire devant le parlement d'Écosse, où il a toutes les chances d'obtenir réparation, car il y dispose d'amis très puissants. Sir William se dit qu'un mariage avec Lucy disposerait peut-être Edgar à se montrer plus modéré dans ses réclamations. Il veut voir Edgar « parfaitement garotté, tout en restant lui-même parfaitement libre ».

      « Dans ce calcul inspiré par un égoïsme cruel et fondé sur les symptômes d'attachement qu'il croyait remarquer en Ravenswood pour Lucy, il ne faisait entrer pour rien les chagrins qu'il pouvait occasionner à sa fille en se jouant ainsi de ses affections, et le danger de la laisser ouvrir son âme à une passion si dangereuse. On eût dit qu'il se flattait de pouvoir l'allumer et l'éteindre à son gré, comme la flamme d'un flambeau. Mais la Providence préparait une punition terrible à cet homme qui avait passé toute sa vie à faire servir les passions des autres à ses intérêts. »

      Profitant d'un séjour de sa terrible épouse en Angleterre, sir William décide de faire la paix avec son ennemi. Au cours d'un orage, il vient avec sa fille demander asile à Edgar, qui le leur accorde. Mais Caleb, le serviteur, ne sachant comment nourrir tout ce monde, ferme la porte au nez du jeune Bucklaw, qui part en maudissant l'inhospitalité d'Edgar.

      Le lendemain, sir William fournit à Edgar la preuve d'un grand service qu'il lui a discrètement rendu ? geste de prétendue générosité qui n'était guidé que par l'intérêt politique. Edgar est profondément ému, et fait sa paix avec lui.

      Il s'apprête à suivre sir William au château de Ravenswood, qui fut celui de ses ancêtres. Caleb est épouvanté. Il évoque une prédiction de Thomas le Rimeur

      Robert, comte de Paris: 1831 ou Le comte Robert de Paris

      Arrivée des croisés

      Les armées de la première croisade arrivent peu à peu devant Constantinople. Dans l'état de faiblesse où se trouve son empire, l'empereur Alexis doit rester prudent. Il cherche à éblouir les barons pour se donner de l'importance à leurs yeux, ne reculant ni devant la bassesse ni devant la fausseté. Tandis qu'il les reçoit avec les plus grands honneurs et les couvre d'or, il fait tailler en pièces par ses Turcs ou ses Scythes leurs détachements égarés. Tandis qu'il sert des festins aux chefs, il fait distribuer à leurs troupes de la nourriture avariée, de l'eau polluée, de la farine mêlée de craie, de chaux ou d'autres substances malfaisantes, « car on a véritablement peine à concevoir, dit-il, tout ce que l'estomac d'un Franc peut digérer aisément ».

      L'éclat de Robert

      Estimant qu'ils ne peuvent décemment entamer leur croisade en attaquant un empire qui est le rempart du christianisme, les chefs des croisés acceptent de prêter, bon gré, mal gré, serment d'allégeance à l'empereur : défilant à tour de rôle devant lui, ils le reconnaissent pour « le seigneur suzerain naturel » de toutes les provinces qu'ils vont conquérir. Après que Bohémond a prêté serment, l'empereur tient à le raccompagner pour quelques pas. Un Franc, le comte Robert de Paris, en profite pour s'asseoir sur le trône impérial. Il insulte Alexis, le défie, puis se répand en propos méprisants parce que l'empereur esquive le combat singulier.

      Les croisés commencent à traverser le Bosphore. Le soir, Robert pousse la bravade jusqu'à se rendre, en compagnie de son épouse, à un banquet donné par Alexis. En chemin, il est provoqué en un combat les armes à la main par Hereward, un Saxon de la garde varengienne, qui veut venger l'honneur de l'empereur. Méprisant cet adversaire indigne de lui, Robert réserve sa réponse.

      Drogué au cours du banquet, il est jeté dans un cachot, tandis que sa belliqueuse épouse, Brenhilda, est courtisée par Nicéphore Brienne, le gendre de l'empereur. Robert a pour compagnon de cellule un tigre, dont il fracasse le crâne d'un coup d'escabelle. D'autres adversaires s'introduisent tour à tour dans la cellule. Robert doit affronter un orang-outan, puis un garde, et enfin Hereward. La lutte tourne en faveur d'Hereward. Mais les deux hommes décident d'une trêve : Hereward va permettre à Robert de s'évader, va l'aider à retrouver sa femme et, en échange, Robert acceptera de le rencontrer en champ clos.

      Le complot

      Pendant ce temps, l'empereur a la satisfaction de savoir tous les croisés sur la rive asiatique du Bosphore. Il peut maintenant se consacrer à prévenir un autre danger, une conspiration menée par trois hommes : son propre gendre Nicéphore Brienne, le commandant de la garde varangienne Achillès Tatius et le philosophe Agélastès. Chacun envisage de devenir empereur, en éliminant les deux autres le moment venu.

      Hereward et Robert découvrent que Brenhilda et son « écuyer » Berthe sont chez Agélastès, le pourvoyeur des plaisirs de Nicéphore. Brenhilda, non contente de repousser les offres de ce dernier, le provoque en combat singulier : si elle gagne, Robert sera libéré ; si elle perd, elle appartiendra au vainqueur. Hereward, qui assiste caché à la scène, a la surprise de reconnaître en Berthe l'amour de sa jeunesse en Angleterre.

      La mission de Berthe

      On apprend que Nicéphore, craignant d'être traité de lâche, a décidé d'affronter Robert, et non Brenhilda. Hereward apprend de son commandant que l'insurrection aura lieu pendant le combat singulier. On va mettre à profit ce rassemblement de foule et d'hommes en armes, et cette rare apparition publique d'Alexis. L'empereur sera tué.

      Hereward sait que Nicéphore aura soin de truquer le combat singulier. Il faudrait obtenir la présence de croisés pour en garantir toute la loyauté, et sauver Robert d'une mort certaine. Berthe se charge de porter le message. Elle traverse le détroit du Bosphore. Elle se rend au camp des croisés, non loin de Scutari. Elle obtient de Godefroy de Bouillon qu'il dépêche, pour assister au combat, 50 lances de 10 hommes chacune. Pour ne pas tourner le dos à la Palestine, pour que leur voeu « reste enregistré sans rature dans la chancellerie du ciel », les 500 croisés se rendent à cheval à reculons jusqu'au point d'embarquement.

      Alarmé par une prédiction d'Agélastès qui lui fait craindre une vengeance divine, l'empereur souhaite se mettre en paix avec sa conscience. Il se confesse au patriarche Zozime. Au terme de sa confession, il tient à souligner que les crimes qu'il vient d'avouer ne sont pas son ouvrage, mais celui des intrigants qui l'ont réduit à prendre des mesures rigoureuses. Il profite de l'occasion pour tenter de se ménager l'appui de Zozime, sachant que celui-ci voit en Agélastès un farouche païen. L'empereur demande son avis au patriarche : quels sont les griefs dont peuvent se servir les conspirateurs pour faire se révolter les soldats et les habitants ? Zozime répond que le meurtre du très populaire Ursel est un grave sujet de mécontentement, et la cause la plus probable d'une effervescence. En échange du « déluge de bienfaits » qui lui sera versé en guise de pénitence, Zozime promet le soutien de l'Église à l'empereur.

      Le conspirateur Ursel n'est pas mort. Le malheureux croupit depuis trois ans, dans des conditions abominables, en un sombre cachot. L'empereur charge un esclave médecin de le remettre sur pied pour qu'il puisse paraître en public le lendemain.

      Le combat

      Le lendemain, soldats de la garde des Immortels et citadins impliqués dans la conspiration voient le détachement de croisés traverser le Bosphore pour revenir à Constantinople. Ils ne s'en alarment pas, car Agélastès avait soudoyé Bohémond pour qu'il se joigne aux insurgés. Bohémond pourtant n'est pas du nombre : se méfiant de lui, Godefroy lui a interdit de se joindre au détachement. L'empereur, lui, ne tient pas à revoir des croisés dans sa ville. Il donne l'ordre à ses navires de les attaquer. Les croisés forcent le blocus, débarquent sur la rive occidentale et viennent prendre place autour de la lice.

      Dans le palais, au même moment, condamné à mort par l'empereur, Nicéphore Brienne est conduit au supplice. L'impératrice et sa fille arrivent à arracher sa grâce. Nicéphore va être retenu prisonnier pendant vingt-quatre heures, le temps que des mesures soient prises pour garantir la tranquillité publique.

      La foule et les Immortels ont peuplé les lieux du combat. Des cris retentissent : « Ursel ! Ursel ! ». L'empereur annonce alors qu'Ursel n'est pas mort. L'ancien conspirateur s'avance en effet dans l'arène, paré de riches vêtements. Il assure l'empereur de son fidèle soutien. Un héraut annonce que le complot a été déjoué, et que l'empereur pardonne aux meneurs. Le peuple tourne alors ses pensées vers le duel attendu.

      Robert paraît dans la lice. Nicéphore Brienne ne se présente pas à l'appel de son nom. C'est alors qu'Hereward propose de se battre à sa place, puisque Robert lui a promis un combat en champ clos. Robert accepte. L'affrontement a lieu à pied, à la hache varangienne. Il commence avec beaucoup de prudence des deux côtés. Puis la fureur s'empare des deux hommes, les assauts deviennent de plus en plus violents, et le sang coule. Robert commence à se courroucer d'une si longue opposition, à laquelle il n'est pas habitué. Enfin, ayant feinté, il peut frapper Hereward du tranchant de son arme.

      Le Château périlleux: 1831

      Le château écossais de Douglas, appelé aussi Château Périlleux, est occupé par une garnison anglaise que commande John de Walton. Il est menacé par les forces de James Douglas, propriétaire des lieux, et fidèle de Robert Bruce.

      Bertram, ménestrel anglais, se rend dans ce château. Il voyage en compagnie de son « fils », Augustin, qui est une jeune fille déguisée. Le vieux ménestrel souhaite consulter des livres gardés dans la bibliothèque. Lui seul réussit à se faire admettre dans le château. Le prétendu Augustin doit attendre. Il s'établit tout près de là, dans l'abbaye double de Sainte-Brigitte. Mais le ménestrel et son « fils » sont vite soupçonnés d'être des espions. Sir John demande à ce qu'Augustin lui soit amené pour interrogatoire. Le faux Augustin s'enfuit.

      Car il bénéficie de la complicité de soeur Ursule, une novice qui a recueilli ses confidences. Augustin est en réalité une riche héritière anglaise, Augusta de Berkely, pupille du roi. Elle ne voulait pas comme époux du mignon tyrannique auquel son tuteur la destinait. Elle aimait le vaillant John de Walton. Celui-ci étant de naissance et de fortune bien inférieures aux siennes, elle contourna l'obstacle en promettant sa main et l'héritage de ses pères à tout brave chevalier d'un noble lignage « qui tiendrait le château de Douglas, au nom du roi d'Angleterre, pendant un an et un jour ». À sa grande joie, le seul à relever le défi ? au risque de mécontenter le roi ? fut sir John. Cependant, elle ne put attendre si longtemps. Impatiente de revoir sir John, elle voulut l'approcher, avec la complicité de son fidèle ménestrel Bertram.

      À son tour, soeur Ursule lui a raconté sa propre histoire. Elle aussi était une riche et belle héritière. Elle était aimée d'un patriote écossais, Malcolm Fleming de Bigger, à la fureur de son propre père, partisan des Anglais. À l'issue d'une bataille entre son amoureux et les hommes de son père, elle fut victime d'un accident qui la laissa borgne et défigurée. « Malgré toutes les réflexions de la sagesse », son âme nourrit aujourd'hui un secret espoir d'être toujours aimée de Malcolm Fleming, qu'elle n'a pas revu depuis.

      Lady Augusta s'enfuit donc de l'abbaye à la suite de soeur Ursule, négligeant de s'informer de leur destination. L'étourdie apprend un peu tard que soeur Ursule est une patriote écossaise qui rejoint les hommes de James Douglas. Laissée seule dans une forêt sauvage, au choix d'être prise comme otage par les Écossais ou de gagner les lignes anglaises, Lady Augusta rencontre un effrayant « chevalier du Tombeau », dont elle accepte la protection.

      Le chevalier n'est autre que James Douglas. Il est déjà informé par soeur Ursule du nom et de la situation amoureuse de la fugitive. Il garde lady Augusta en otage tant que sir John ne lui aura rendu son château ou, à défaut, n'aura accepté une rencontre en combat singulier. Sir John refuse de compromettre son honneur ou celui de son pays. Il accepte le combat, mais avec Augusta pour seul enjeu.

      Le combat est interrompu par les cloches de l'église de Douglas appelant à l'office du dimanche des Rameaux. Les deux adversaires conviennent d'une trêve d'une heure. L'office réunit de nombreux Écossais et de nombreux Anglais. Les Écossais en profitent pour lancer un nouveau défi, collectif cette fois. Tout comme leur chef, les Anglais acceptent le défi pour ce qui concerne lady Augusta, mais refusent de mettre en jeu le château. Dans l'engagement général, sir John et James Douglas se retrouvent face à face et reprennent leur duel.

      Le combat est stoppé par un messager qui annonce aux Anglais qu'ils ne peuvent compter sur le renfort attendu du comte de Pembroke. Celui-ci, défait par Robert Bruce, a subi des pertes considérables. Il est encerclé dans Ayr. Il ordonne de cesser le combat et de restituer le château.

      Sir John tend donc son épée à James Douglas. Lequel, contre toute attente, impressionné par la bravoure de son adversaire, choisit de transmettre ses droits sur la personne du vaincu à lady Augusta.





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