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Antonia - GEORGE SAND

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      Présentation Antonia de GEORGE SAND

       - eBook

      eBook - George Sand 28/10/2018
    • Format : Epub2
    • Auteur(s) : GEORGE SAND
    • Editeur : Gilbert Terol
    • Langue : Français
    • Parution : 28/10/2018
    • Format : Epub2
    • Compatibilité : Liseuse, Android, iOS, Windows, Desktop
    • ISBN : 1230002752020



    • C'était au mois d'avril 1785, et c'était à Paris, où, cette année-là, le printemps était un vrai printemps. Le jardin était en fête, les gazons s'émaillaient de marguerites, les oiseaux chantaient, et les lilas poussaient si dru et si près de la fenêtre de Julien, que leurs thyrses fleuris entraient jusque chez lui et semaient de leurs petites croix violettes le pavage à grands carreaux blancs de son atelier.

      Julien Thierry était peintre de fleurs, comme son père André Thierry, très-renommé sous Louis XV dans l'art de décorer les dessus de porte, les panneaux de salle à manger et les plafonds de boudoir. Ces ornementations galantes constituaient, sous ses mains habiles, de véritables objets d'art sérieux, si bien que l'artisan était devenu artiste, fort prisé des gens de goût, grassement payé et fort considéré dans le monde. Julien, son élève, avait restreint son genre à la peinture sur toile. La mode de son temps excluait les folles et charmantes décorations du style Pompadour. Le style Louis XVI, plus sévère, ne semait plus les fleurs sur les plafonds et les murailles, il les encadrait. Julien faisait donc des cadres de fleurs et de fruits dans le genre de Mignon, des coquilles de nacre, des papillons diaprés, des lézards verts et des gouttes de rosée. Il avait beaucoup de talent, il était beau, il avait vingt-quatre ans, et son père ne lui avait laissé que des dettes.

      La veuve d'André Thierry était là, dans cet atelier où Julien travaillait et où les grappes de lilas s'effeuillaient sous les caresses d'une brise tiède. C'était une femme de soixante ans, bien conservée, les yeux encore beaux, les cheveux presque noirs, les mains effilées. Petite, mince, blanche, pauvrement mise, mais avec une propreté recherchée, madame Thierry tricotait des mitaines, et de temps en temps levait les yeux pour contempler son fils, absorbé dans l'étude d'une rose.

      ¿ Julien, lui dit-elle, pourquoi donc est-ce que tu ne chantes plus en travaillant ? Tu déciderais peut-être le rossignol à nous faire entendre sa voix.

      ¿ Écoute, mère, le voilà qui s'y met, répondit Julien. Il n'a besoin de personne pour lui donner le ton.

      En effet, le rossignol faisait entendre pour la première fois de l'année ses belles notes pures et retentissantes.

      ¿ Ah ! le voilà donc arrivé ! reprit madame Thierry. Voilà un an de passé !¿ Est-ce que tu le vois, Julien ? ajouta-t-elle pendant que le jeune homme, interrompant son travail, interrogeait de l'oeil les bosquets massés devant la fenêtre.

      ¿ J'ai cru le voir, répondit-il en soupirant, mais je me suis trompé.

      Et il revint à son chevalet. Sa mère le regardait plus attentivement, mais elle n'osa l'interroger.

      ¿ C'est égal, reprit-elle au bout de quelques instants, tu as la voix belle aussi, toi, et j'aimais à t'entendre rappeler les jolies chansons que ton pauvre père disait si bien¿ l'année dernière encore, à pareille époque !

      ¿ Oui, répondit Julien, tu veux que je les chante, et puis tu pleures ! Non, je ne veux plus chanter !

      ¿ Je ne pleurerai pas, je te le promets ! Dis-m'en une gaie, je rirai¿ comme s'il était là !

      ¿ Non ! ne me demande pas de chanter. Ça me fait mal aussi, à moi ! Plus tard, plus tard ! ça reviendra tout doucement. Ne forçons pas notre chagrin !

      ¿ Julien, il ne faut plus parler de chagrin, dit la mère avec un accent de volonté attendrie, mais vraiment forte. J'ai été un peu faible au commencement ; tu me le pardonnes bien ? Perdre en un jour trente ans de bonheur ! Mais j'aurais dû me dire que tu perdais plus que moi, puisque tu me restes, tandis que je ne suis bonne à rien qu'à t'aimer¿

      ¿ Et que me faut-il de plus ? dit Julien en se mettant à genoux devant sa mère. Tu m'aimes comme personne ne m'aimera jamais, je le sais ! et ne dis pas que tu as été faible. Tu m'as caché au moins la moitié de ta peine, je l'ai vu, je l'ai compris. Je t'en ai tenu compte, va, et je t'en remercie, ma pauvre mère ! Tu m'as soutenu, j'en avais grand besoin ; car je souffrais pour toi au moins autant que pour mon propre compte, et, en te voyant pleine de courage, j'ai toujours tenu pour certain que Dieu ferait un miracle pour me conserver ta santé et ta vie, en dépit de la plus cruelle des épreuves. Il nous devait cela et il l'a fait. À présent, mère, tu ne te sens plus faiblir, n'est-ce pas ?

      ¿ À présent, je suis bien, mon enfant, en vérité ! Tu as raison de croire que Dieu soutient ceux qui ne s'abandonnent pas et qu'il envoie la force à qui la lui demande de tout son coeur. Ne me crois pas malheureuse ; j'ai bien pleuré ; le moyen de faire autrement ! il était si aimable, si bon pour nous ! et il avait l'air d'être si heureux ! Il pouvait vivre longtemps encore¿ Dieu n'a pas voulu. Moi, j'ai eu une si belle vie, que je n'avais vraiment pas le droit d'en exiger davantage. Et vois ce que la bonté divine me laisse ! le meilleur et le plus adoré des fils ! Et je me plaindrais ? et je demanderais la mort ? Non, non ! je le rejoindrai à mon heure, ton bon père, et il me dira alors : « Tu as bien fait de durer le plus longtemps que tu as pu là-bas et de ne pas quitter trop tôt notre enfant bien-aimé. »

      ¿ Tu vois donc bien, dit Julien en embrassant sa mère, que nous ne sommes plus malheureux et que je n'ai pas besoin de chanter pour nous distraire. Nous pouvons penser à lui sans amertume et penser l'un à l'autre sans égoïsme.

      Ils se tinrent embrassés un instant et reprirent chacun son occupation.

      Ceci se passait rue de Babylone, dans un pavillon déjà ancien, car il datait du règne de Louis XIII, et se trouvait isolé au bout de la rue, dont la plus moderne construction ¿ et en même temps la plus voisine dudit pavillon ¿ était la maison, aujourd'hui démolie, qu'on appelait alors l'hôtel d'Estrelle.





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