Charles et Éva - Joseph Marmette
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Présentation Charles Et Éva de Joseph Marmette
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En l'an de grâce 1690, la ville de Montréal ne don-nait qu'une bien faible idée de ce qu'elle est de nos jours. Quarante-huit ans s'étaient à peine écoulés de-puis que M. de Maisonneuve en avait jeté les fonde-ments. Quelques centaines d'habitations, la plupart d'assez chétive apparence, reposaient aux pieds de la montagne que couronnaient alors des pins antiques. Ces superbes enfants de la forêt semblaient contem-pler avec orgueil et dédain les pauvres demeures des colons, comme s'ils n'avaient point dû tomber un jour sous le tranchant de la hache et être remplacés par des constructions plus vastes et plus belles que celles qui étaient alors bâties au pied du « Mont-Royal ».
À l'instant où commence ce récit, on était à la fin de janvier 1690. Le jour faisait rapidement place à la nuit, qui s'annonçait froide. Tout était silencieux dans l'enceinte de Ville-Marie, dont les de-meures clairsemées disparaissaient par degrés dans l'ombre.
Malgré l'heure avancée, deux voyageurs attardés venaient de se faire ouvrir l'une des portes des palis-sades qui entouraient la ville naissante et la proté-geaient contre les attaques des sauvages.
Tous deux faisaient partie d'une troupe de trente hommes armés qui arrivaient de Québec et des Trois-Rivières et les suivaient quelques milles en arrière.
Le premier des arrivants, qui était de moyenne taille, était un tout jeune homme, à en juger par sa démarche vive et hardie et son pas rapide. La capote de buffle qu'il portait, tout en entravant un peu ses mouve-ments, n'empêchait cependant pas de reconnaître à ses allures l'homme bien-né, le gentilhomme en un mot.
Des cheveux bruns et abondants couronnent un front haut sous lequel brillent des yeux noirs pleins de feu et d'intelligence. Les lèvres, qui dénotent une noble fierté, sont surmontées d'une légère moustache encore dans l'enfance. La franchise, la grandeur d'âme et l'audace se lisent sur sa figure. Il peut avoir vingt et un ans. À son côté pend une épée dont l'extrémité du fourreau dépasse le bas de son vêtement d'hiver, et l'on voit une paire de pistolets à sa ceinture.
Il est d'origine noble, est né dans le pays et se nomme Charles Couillard Dupuis. Il arrive de Québec où il a laissé sa famille, à la nouvelle que l'on va organiser à Montréal une expédition contre la Nouvelle-York. Ha-bitué dès l'enfance aux fatigues de la vie des bois et aux privations qu'entraînait alors avec elle la vie de co-lon en Canada, il a résolu de faire partie de la petite phalange qui se prépare à partir sous la conduite de MM. d'Ailleboust de Mantet et LeMoine de Sainte-Hélène.
Son compagnon, qui le dépasse de toute la tête, est un de ces hommes auxquels la nature a donné des membres herculéens et une énergie égale à leur corps. Ses pas, moins rapides que ceux de Charles Dupuis, mais plus élastiques et plus longs, laissent deviner de suite l'homme habitué de longue date aux marches forcées. Il est vêtu, comme le premier, d'un pardessus du même genre. À la longue carabine qu'il porte sur son épaule, au couteau de chasse qui pend à sa cein-ture, aux souliers de chevreuil qui chaussent ses éner-giques pieds, enfin au bonnet fait d'une peau de re-nard, dont la queue lui retombe par-dessus les épaules, on reconnaît en cet homme un coureur des bois.
Rien d'extraordinaire dans sa figure, si ce n'est pour-tant ses yeux, que l'on voit toujours en mouvement et qui semblent vouloir tout reconnaître dans l'obscurité de la nuit.
Cet homme, âgé d'un peu plus de cinquante ans, est le serviteur du jeune gentilhomme qu'il suit partout et qu'il a lui-même initié aux mystères des forêts vierges du Canada. Ayant été marin dans sa jeunesse, il a con-servé une certaine teinte du langage et des idées propres aux gens de sa caste.
¿ Mille tonnerres, Monsieur Charles ! s'écria-t-il après un assez long silence qui avait régné entre les deux voyageurs, je commence à me dire en moi-même qu'il est temps que nous arrivions. Malgré la pe-tite larme que vous m'avez donnée tout à l'heure, ce chien de froid menace de s'emparer de tout mon indi-vidu.
¿ Allons donc, Thomas, toi te plaindre du froid, ré-pondit le jeune homme ; toi, un vieux coureur des bois !
¿ Dam, Monsieur Charles, c'est justement parce que je me fais vieux que le froid a plus de prise sur moi. À votre âge, le sang est chaud, mais il se refroidit quand on passe la cinquantaine et¿
¿ Allons, allons, un peu de patience, mon vieux, re-prit Charles ; dans un instant nous serons chez M. de Sainte-Hélène, où nous serons bien reçus, je l'espère.
¿ Suffit, Monsieur Charles, je mets ma langue aux arrêts.
Après avoir marché pendant environ un quart d'heure, ils se trouvèrent en face d'une longue maison basse à un étage. À en juger par les nombreuses lu-mières que l'on voyait du dehors, il devait y avoir grande réunion dans cette habitation, qui n'était autre que celle de M. Le Moine de Sainte-Hélène.
¿ Nous voici arrivés, dit Charles à son compagnon ; entrons, et ne pense plus aux fatigues de la route ; car l'hospitalité que nous allons recevoir ici les compensera bien toutes.
Et tous deux entrèrent : ils se trouvèrent tout d'abord dans la cuisine où les domestiques se tenaient autour d'un immense foyer. Dans l'âtre pétillait un feu que le vieux Thomas eut l'air en entrant d'apprécier à sa juste valeur ; car il alla de suite prendre place à côté de ceux qui s'y chauffaient, laissant à son maître le soin de leur introduction.
À l'arrivée des deux voyageurs, les serviteurs s'étaient levés. S'avançant alors vers le plus âgé d'entre eux, Charles Dupuis se nomma et le pria de le conduire auprès de son maître.
Le domestique s'inclina et le conduisit dans une grande salle, médiocrement meublée, où se trou-vaient M. de Sainte-Hélène et quelques gentilshommes qui devaient faire partie de la prochaine expédition.
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