Une rose au désert - LAURE JUNOT D'ABRANTÉS
- Format eBook: Epub2 Voir le descriptif
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Présentation Une Rose Au Désert de LAURE JUNOT D'ABRANTÉS
- eBookOn était à la fin de 1815 : les lois du congrès de Vienne, que les cent jours avaient frappées de nullité, reprenaient leur vigueur, et les journaux annonçaient aux nations quels étaient les maîtres qui allaient les gouverner. On ne leur demandait plus de donner leur sang pour la gloire, d'aller au loin chercher le droit d'appeler leur maître l'homme le plus grand du monde ; mais on leur disait Obéissance, silence et repos ! et on appelait cela du bonheur.
Dans le nombre des voix qui s'élevèrent contre l'injustice de disposer ainsi d'un peuple libre, la Pologne et l'Italie furent les plus éloquentes. L'Italie surtout, qui, depuis dix années, rêvait son émancipation par son système unitaire, l'Italie, qui avait sacrifié à ce rêve ses devoirs les plus saints, fit entendre des plaintes touchantes ; et les premiers momens de son esclavage durent faire penser qu'il ne serait pas de longue durée.
Ce qui devait le faire croire, c'est que le plus grand nombre de ses fils avait servi sous les aigles de l'empire : une même pensée leur donnait un même orgueil, et la couronne de fer des rois lombards avait repris sa force sur le front de Napoléon.
Parmi ceux qui furent le plus vivement atteints par la révolution de 1814, on remarquait le général Roverella. Sa naissance était noble et sa fortune considérable. L'empereur Napoléon ayant remarqué sa bravoure et son dévouement, l'avait attaché à son état-major. Pendant plusieurs années, le colonel Roverella crut qu'il n'était pas un homme plus heureux que lui, car sa passion dominante le portait, non seulement à vivre au milieu des camps, mais lui faisait trouver toute autre existence insipide¿ Il se maria, parce qu'un jour Napoléon lui dit :
Rovella, il faut que tu te maries¿
Et, sans s'informer si sa femme lui plairait, sans savoir s'il pouvait la rendre heureuse, il épousa mademoiselle Chiramonte, ange de douceur et de vertu, qui, du jour de ces fatales noces, ne connut plus le bonheur.
Blessé à la bataille de Waterloo, le général Roverella ne put rejoindre sa famille qu'à la fin de 1815. À peine fut-il arrivé dans sa maison, que sa femme, qui ne le connaissait encore qu'imparfaitement, apprit de lui qu'elle ne devait point espérer dans l'avenir ! ¿ et cependant elle n'avait pas trente ans ! ¿ Elle recula d'abord devant cette longue suite de jours malheureux qui se présentaient à elle ! ¿ Mais elle était mère ! elle avait un enfant, une adorable fille ! ¿ elle devait vivre pour elle ! Que deviendrait la pauvre petite avec un tel père ? Je n'ai pas encore d'enfant, disait-il durement à madame Roverella¿ donnez-moi un fils qui soutienne le peu de gloire de mon nom¿ et alors je vous saluerai comme digne de le porter.
Des douleurs aiguës, suites de nombreuses blessures, redoublaient l'âpreté de son humeur, naturellement farouche. Personne ne pouvait aborder cet homme¿ sa fille elle-même en avait peur. Sa voix retentissante faisait fuir la pauvre petite, et puis elle ne revenait qu'en tremblant.
C'était pourtant une charmante enfant qu'Anna : on croyait voir un chérubin exilé sur la terre. Sur ses traits, dans toute sa personne, on trouvait une harmonie douce et triste, qui invitait tout à la fois à aimer, à pleurer et à prier ¿ Jamais on ne voyait sur ce visage d'enfant aux traits gracieux le rayon d'un sourire, le reflet d'une joie. Si quelquefois on la voyait courir dans le jardin, c'était pour arriver plus vite près de sa mère ; aussitôt qu'elle l'avait atteinte, elle s'appuyait sur elle, l'entourait de ses bras ; et puis, posant sa tête sur sa poitrine, elle fermait les yeux, et paraissait dormir.
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