La petite mère - Ferdinand Fabre
- Collection: Oeuvres de Ferdinand Fabre
- Format eBook: Epub2 Voir le descriptif
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Présentation La Petite Mère de Ferdinand Fabre
- eBookAu mois d'août 1868, le général baron Fuster (André-Louis-Eugène), commandant la quatorzième division militaire, dont le siège était Bordeaux, fut mis au cadre de réserve de l'état-major de l'armée. De nombreuses blessures, surtout une affection rhumatismale contractée dans les tranchées boueuses de Sébastopol, condamnaient ce brave soldat à accepter une retraite déguisée, bien avant l'heure que les règlements assignent aux officiers supérieurs.
Certes, sur le point d'informer le ministre de la guerre de l'état déplorable où le jetait la maladie, André Fuster avait hésité plus d'une fois. Quitter le poste qu'il tenait de la bienveillance personnelle de l'Empereur lui était un affreux supplice. Que deviendrait-il quand il n'aurait plus ses officiers, ses hommes ? quand il n'entendrait plus le clairon ou le tambour marquer le pas de son superbe cheval Luxor à travers les rues ? Lui qui avait été si beau à Inkermann, si héroïque à Solférino, sombrer piteusement à cinquante-cinq ans, au moment juste où une dernière action d'éclat, comme les vingt mentionnées par ses états de service, allait l'élever au suprême échelon de la hiérarchie !
Être maréchal !
Ne se trouvait-il pas dans les conditions requises ? N'avait-il pas commandé en chef, en Afrique, en Italie ?
Être maréchal !
Il ne le serait jamais. En dépit d'une lutte vaillamment soutenue, le mal l'emportait. Il devait se résigner.
La vie civile apparaissait à Fuster comme un gouffre d'autant plus noir qu'il y entrait seul, sans le cortège des affections de famille qui en éclairent les perspectives sereines et la rendent à tant d'autres douce, enviable, sacrée. Il possédait bien une femme, en son hôtel de la rue Vaneau, à Paris ; une enfant, chez les Dames de la Légion-d'Honneur, à Saint-Denis. Mais c'était tout au monde si madame Fuster, depuis dix ans, avait fait deux ou trois apparitions fort courtes sur les divers points où le général exerçait ses commandements. Quant à Madeleine, il y avait bien cinq ans que son père ne l'avait embrassée.........
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