La Peste de Bergame - Jens Peter Jacobsen
- Format eBook: Epub2 Voir le descriptif
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Avis sur La Peste De Bergame de Jens Peter Jacobsen - eBook
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Présentation La Peste De Bergame de Jens Peter Jacobsen
- eBookExtrait:
Le vieux Bergame était situé en haut de la colline, entouré d'une enceinte de murs, et le nouveau Bergame en bas, ouvert à tous les vents.
Un jour la peste éclata dans la ville neuve et y fit d'effrayants ravages. Une foule de gens périrent ; ceux qui restaient s'enfuirent de tous côtés dans la campagne. Les habitants du vieux Bergame mirent le feu à la ville abandonnée pour purifier l'air ; mais cela ne servit à rien, car bientôt la peste se déclara aussi chez eux, et le nombre des victimes augmenta tous les jours.
On ne pouvait plus s'enfuir comme l'avaient fait ceux de la ville neuve.
Il y en eut cependant qui l'essayèrent, mais ils furent obligés de se réfugier dans les grottes et les carrières comme des bêtes sauvages, traqués qu'ils étaient de toutes parts et repoussés à coups de pierre par les paysans des environs, effrayés de la contagion.
Ils durent donc rester où ils étaient, les gens du vieux Bergame, pendant que la chaleur augmentait de jour en jour, et que le fléau étendait ses ravages. Bientôt l'épouvante atteignit à la folie, tout fut bouleversé dans la ville ; on aurait dit que la terre s'était entr'ouverte pour engloutir tout ce qu'il y avait de bon et de juste dans le monde, et renvoyer, en échange, ce qu'il y avait de pire.
Au début de l'épidémie, les gens s'étaient entendus pour agir pour le mieux et en bon accord. On avait veillé à ce que les corps fussent soigneusement enterrés et à ce qu'il y eût tous les jours de grands feux allumés sur les places publiques pour assainir les rues. Des distributions de genièvre et de vinaigre étaient régulièrement faites aux pauvres.
Mais avant tout, matin et soir, isolément ou en processions, tous les jours on avait visité les églises, et adressé à Dieu d'incessantes prières. Tous les soirs, quand le soleil disparaissait derrière la montagne, les cloches élevaient vers le ciel les supplications de leurs voix géantes. Le jeûne était prescrit et les reliques constamment exposées sur les autels.
Un jour même, à bout de ressources, du balcon de l'hôtel de ville, au son des tambours et des trompettes, on avait proclamé la Vierge protectrice de la ville à perpétuité.
Mais tout cela ne servait à rien : tout semblait également inutile.
Quand les habitants s'aperçurent que le ciel ne voulait pas ou ne pouvait pas venir à leur secours, ils ne s'en tinrent pas à se croiser les bras, résignés à l'inévitable, mais il se fit un changement épouvantable en eux.
Tout le péché caché se montra au grand jour : c'était comme si une seconde Peste fût venue se déchaîner à côté de l'autre et ravager les âmes pendant que la première ravageait les corps, tant il se passait d'actes incroyables, tant l'égarement était monstrueux. L'air retentissait d'injures et de blasphèmes, des cris et des hurlements de l'orgie, et les jours de ces hommes étaient plus chargés d'horreurs que la nuit la plus noire de débauches.
Buvons et mangeons, car demain nous mourrons
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