Les origines de l'e¿glise de Paris - Euge¿ne Bernard
- Collection: Oeuvres de Euge¿ne Bernard
- Format eBook: Epub2 Voir le descriptif
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Avis sur Les Origines De L'e¿Glise De Paris de Euge¿ne Bernard - eBook
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Présentation Les Origines De L'e¿Glise De Paris de Euge¿ne Bernard
- eBookSaint Denys de l'aréopage avait laissé dans les annales de l'Église naissante un sillon lumineux dont la première trace touchait à saint Paul. Converti par l'apôtre des nations et par lui placé le premier sur le siège épiscopal d'Athènes, il passait, aux yeux de la plus vénérable antiquité, pour avoir dans sa patrie arrosé de son sang la prédication de l'Évangile.
Saint Denys de Paris, deux cents ans plus tard, fut envoyé dans les Gaules par un pontife romain que les actes du martyr ne désignaient pas autrement. Le fondateur de notre Église était venu de la ville éternelle ; il s'appelait d'un nom grec ; on ne connaissait, avant cette mission, rien de son passé. Un jour le mystère s'éclaircit soudain : ce pontife romain prit un nom ; il sortit du vague et devint saint Clément ; puis, la bonne foi aidant à l'imagination, on décida que Denys de Paris n'était autre que Denys de l'aréopage. Les deux évêques ne firent qu'un seul saint, qui parut ainsi plus grand et plus digne d'admiration.
Ces sortes de confusions sont fréquentes dans l'histoire.
Au moment où Hilduin présentait l'apôtre de Paris comme le disciple de saint Paul, l'archevêque de Reims, Hincmar, confondait l'auteur des fausses décrétales, Isidore Mercator, avec le grand Isidore de Séville, croyant sans doute donner par là plus de valeur à cette oeuvre. Mais le jour où il vit y chercher et y trouver des armes contre lui dans ses démêlés avec l'évêque de Laon, son neveu, il sut revenir de son erreur, et refusa même toute autorité aux nouveaux décrets.
Hincmar était le disciple et l'ami dévoué d'Hilduin ; il admettait et propageait l'aréopagitisme.
Au dix-septième siècle, Pierre de Marca avait été nommé, par Louis XIV, visiteur général de la Catalogne, et il en remplissait les fonctions au contentement de tous, lorsqu'il fut appelé à prendre place sur le siège archiépiscopal de Toulouse, laissé vacant, en 1651, par la mort de Charles de Montchal.
Innocent X tenait alors à Rome la chaire de saint Pierre. De Marca s'empressa de lui faire part de son élection pour qu'il voulût bien la ratifier. « Que je suis heureux ! disait-il dans cette, lettre. L'illustre et saint évêque Exupère fut choisi, de la haute magistrature qu'il exerçait en Espagne, pour prendre possession de cette Église de Toulouse qu'il gouverna ensuite au gré du saint pape Innocent Ier. Que j'en suis heureux ! car, à l'exemple d'Exupère, après avoir, au nom du roi, rempli les mêmes charges en Gaule et en Espagne, je tiendrai du pape Innocent X l'administration de cette même Église de Toulouse. »
Le nom de l'évêque de Toulouse, saint Exupère, était demeuré célèbre dans le midi des Gaules. Son éloge se lit dans une belle page de saint Jérôme, consacrée à la mémoire du prélat « imitateur de la veuve de Sarepta, qui oubliait ses propres besoins pour secourir les autres. Pâle de jeûnes et d'abstinences, il souffrait de la faim d'autrui, et prodiguait tout son bien pour le soulagement des pauvres. » Aussi, frappé d'une pieuse admiration, l'ermite de Bethléem ne craignait pas d'affirmer, dans sa lettre à Agéruchias, que la ville de Toulouse avait dû son salut aux mérites de saint Exupère intercédant pour elle au milieu des ruines amoncelées en Gaule par les invasions des barbares.
« Pierre de Marca, dont l'érudition était si vaste et si variée, savait parfaitement, nous dit Baluze, son secrétaire, puis son biographe, que l'évêque de Toulouse Exupère n'était pas le même qu'Exupère le magistrat romain en Espagne. Qui donc peut l'ignorer ? Mais comme ce rapprochement allait fort bien au sujet de la lettre qu'il écrivait au pape Innocent X ; que, d'autre part, de Marca savait les oreilles des princes ainsi façonnées qu'ils ne veulent entendre rien que d'agréable et de flatteur, il n'hésita pas de faire un petit échec à la vérité pour se rendre favorable un pontife d'ailleurs morose et difficile. » Vim aliquam inferre veritati non renuit ut pontificem alioqui difficilem et morosum sibi faventem ac propitium habere posset. (S. Baluzii Epist. ad Sam. Sorberium de vita Illust. Petri de Marca, arch. Paris.)
« J'ai rappelé ce fait, continue Baluze, afin de répondre à l'exactitude scrupuleuse d'un écrivain qui, dans une polémique, avait noté cette erreur de Pierre de Marca. J'en avais averti cet excellent homme, quelques mois avant sa mort, et il sourit du peu d'esprit de son adversaire, risit hominis supinitatem, qui n'avait pas saisi quel était l'objet de la lettre. De Marca n'écrivait pas l'histoire. Il ne déplaît certes pas aux érudits de voir les orateurs dépasser quelquefois dans leurs discours les limites de la vérité, afin de charmer et de séduire leurs auditeurs. »
Pierre de Marca était partisan de l'aréopagitisme ; il prenait saint Denys d'Athènes pour saint Denys de Paris, comme il avait confondu Exupère d'Espagne avec saint Exupère de Toulouse. Il l'avait fait à dessein, et, nous dit Baluze, l'interprète de sa pensée, il n'est pas défendu aux orateurs de marcher sur ses traces, quand il s'agit de captiver un auditoire et de l'attacher avec plus de succès au charme d'une heureuse invention.
De Marca ne nous a-t-il pas ainsi révélé la cause et l'origine des traditions répandues dans les Églises des Gaules, à la gloire des fondateurs, qu'elles tendent presque toutes à présenter comme des disciples des apôtres : le désir de plaire par l'attrait du merveilleux, de la poésie, de la nouveauté ? On était au temps des trouvères et des troubadours ; on n'avait d'admiration que pour ces fameux cycles poétiques, tantôt religieux, comme l'épopée du Saint-Graal, tantôt chevaleresques, comme les romans de la Table ronde. Les légendes des saints n'ont pas échappé à cet engouement. On ne demandait au poëte ni combinaisons savantes ni préparations laborieuses. La foi du peuple allait au-devant de ses paroles, et avec la foi l'émotion : les esprits étaient remplis de merveilleuses croyances, le miraculeux était seul vraisemblable. Chacun voulut rendre le saint évêque fondateur de son Église plus vénérable et plus illustre en l'associant d'une façon ou de l'autre à Notre-Seigneur lui-même, à ses apôtres ou à ses disciples.
C'est ce qui est arrivé au premier évêque de Paris, saint Denys : on l'a confondu avec saint Denys de l'aréopage. Le bréviaire romain, tout à la fin du seizième siècle, sanctionna cette confusion contraire aux anciennes traditions de la Gaule, contraire aux données du vieux Martyrologe en usage dès les premiers siècles dans l'Église romaine. Néanmoins, c'est là un de ces faits historiques que l'on peut encore étudier et discuter.
D'ailleurs, l'aréopagitisme n'eut jamais qu'un succès éphémère et local. Dans ses plus beaux jours, il suscita des protestations éclatantes, et il est facile de voir par les missels, les bréviaires et les martyrologes manuscrits des dixième, onzième, douzième, treizième, quatorzième et quinzième siècles, que non-seulement cette opinion n'avait point envahi toutes les Églises des Gaules, mais encore qu'elle n'était pas admise dans tous les livres liturgiques des abbayes du même ordre que Saint-Denys. Qu'il nous suffise, à l'appui de cette assertion, de citer ici Saint-Germain des Prés à Paris, Saint-Vaast à Arras, et les Églises de Paris, de Rouen, d'Amiens, d'Arras, de Dijon, d'Auxerre.
Vers l'an 1610, le savant jésuite Rosweyde publiait une édition nouvelle du vieux Martyrologe romain, célébré par le pape saint Grégoire le Grand, suivi par l'archevêque de Vienne, Adon, et l'objet de désirs si vivement exprimés par le cardinal Baronius. Il parut précédé d'une épître dédicatoire au pape Paul V ; elle disait : « Le voici, très-saint père, le vieux Martyrologe romain. Né à Rome, il y revient, à Rome d'où il était parti, à Rome où il souhaitait ardemment de rentrer, comme au berceau de son origine. Vos prédécesseurs l'ont fait composer avec le plus grand soin, transcrire avec la plus scrupuleuse fidélité, et distribuer par un bienfait de leur inépuisable munificence. Ainsi le rayon retourne au soleil, le ruisseau à la source, le rameau à la tige, l'astre au firmament. »
Ce n'est point ce Martyrologe entier qui doit attirer notre attention ; nous porterons seulement nos regards, pour continuer l'image de Rosweyde, sur une feuille détachée du rameau qu'il offrait au saint-père : elle marque la distinction entre saint Denys d'Athènes et saint Denys de Paris, et fixe en raccourci les origines de notre Église.
L'autorité du bréviaire ou du Martyrologe romain est grave, mais elle n'est pas infaillible. Les dernières corrections laissent encore à désirer : Gavantus en est le témoin désintéressé, puisqu'il y avait pris part, et il n'hésite pas à manifester ses doutes sur la vérité historique des légendes conservées dans les leçons.
« On ne saurait, dit Benoît XIV, prenant pour exemple le fait même de saint Denys de l'aréopage et de saint Denys de Paris, regarder comme interdit d'exposer, avec la réserve qui convient en pareille matière, et en s'appuyant sur des raisons sérieuses, les difficultés qui peuvent se rencontrer au sujet des faits historiques, et de les soumettre au jugement du saint-siége, qui en estimera la force et la valeur, si l'on procède à une nouvelle correction du bréviaire romain. » (De serv. Dei beatif. et canon., lib. IV, pars II, c. 3, 8.)
M. A. de Broglie vient d'user de cette permission en fixant le baptême de Constantin à une époque qui n'est pas celle de la leçon du bréviaire. Nous prenons la même liberté dans la question de saint Denys de Paris : nous nous en servirons avec la réserve et la soumission que recommande le grand pape Benoît XIV ; nous les enseignons aux autres, aussi nous voulons les premiers en donner l'exemple.
PRÉFACE
CHAPITRE PREMIER - Lutèce, le Parisis et les Parisiens
CHAPITRE III - Les progrès du christianisme dans les Gaules ne se sont pas, au deuxième siècle, étendus jusqu'au Parisis.
I - FONDATION DE L'ÉGLISE DE PARIS
II - SAINT SATURNIN DE TOULOUSE
III - SAINT GATIEN DE TOURS
IV - SAINT STRÉMOINE DE CLERMONT
V - SAINT MARTIAL DE LIMOGES.
VI - SAINT URSIN DE BOURGES.
VII - PAUL DE NARBONNE ET TROPHIME D'ARLES.
CHAPITRE VI - Fondation des principales Églises de la Gaule Belgique, au troisième siècle, par les compagnons ou par les disciples de saint Denys.
CHAPITRE VIII - Montjoie Saint-Denys
I - Saint Denys de Paris n'a pas été envoyé dans les Gaules, au premier siècle, par le pape saint Clément.
II - Confusion de saint Denys de Paris avec saint Denys d'Athènes. ¿ Les Aréopagitiques d'Hilduin, abbé de Saint-Denys.
III - Succès de l'aréopagitisme. ¿ Sa déchéance. ¿ Retour aux vraies traditions sur les origines de l'Église de Paris.
I - Arles. ¿ Rouen. ¿ Évreux. ¿ Meaux.
II - Saint-Benoît. ¿ Saint-Étienne des Grès. ¿ Notre-Dame des Champs. ¿ Notre-Dame. ¿ Saint-Denys du Pas. ¿ Saint-Denys de la Chartre. ¿ Saint-Symphorien. ¿ Montmartre. ¿ Saint-Denys.
I - VETUS MARTYROLOGIUM ROMANUM
II - TÉMOIGNAGES EN FAVEUR DU VIEUX MARTYROLOGE ROMAIN
III - SAINT GRÉGOIRE DE TOURS. An. C. 580.
IV - HYMNE ATTRIBUÉE A FORTUNAT DE POITIERS.
V - ACTES LATINS DE SAINT DENYS
VI - DIPLOMA THEODERICI IV. An. C. 723.
VII - PRÆCEPTUM PIPPINI. An. C. 768.
VIII - 1° LETTRE DE LOUIS LE DÉBONNAIRE A HILDUIN,
2° RÉPONSE D'HILDUIN A LOUIS LE DÉBONNAIRE. - An. C. 836.
3° LETTRE D'HILDUIN AUX CATHOLIQUES. - An. C. 837.
IX - FRAGMENT DU CHRONOGRAPHE ARISTARQUE.
X - TESTAMENT DE VISBIUS.
XI - HYMNE ATTRIBUÉE A SAINT EUGÈNE DE TOLÈDE.
XII - MARTYRION OU PASSION DE SAINT DENYS,
XIII - ACTA FABULOSA
XIV - NOUVELLE AMPLIFICATION ANONYME COMPOSÉE SUR LES ACTES LATINS DANS LE SENS ARÉOPAGITIQUE.
XV - LETTRE D'ANASTASE LE BIBLIOTHÉCAIRE A CHARLES LE CHAUVE. An. C. 876.
XVI - LETTRE D'HINCMAR A CHARLES-LE-CHAUVE. An. C. 816.
XVII - ACTES DE SAINT SANCTIN, ÉVÊQUE DE MEAUX.
XVIII - RAPPORT DU PRIEUR DE LONGPONT SUR LA TÊTE DE SAINT DENYS L'ARÉOPAGITE
XIX - BULLE DU PAPE INNOCENT III. An. C. 1216.
XX - 1° SAINT DENYS DE PARIS ET LES SEPT ÉVÊQUES.
2° LE NOUVEAU MARTYROLOGE ROMAIN - ET LES ÉVÊQUES DE LA MISSION DE SAINT DENYS DE PARIS
3° LES DOUZE COMPAGNONS DE SAINT DENYS DE PARIS
4° LE NOUVEAU MARTYROLOGE ROMAIN - ET LES DOUZE COMPAGNONS DE SAINT DENYS DE PARIS
5° VALEUR HISTORIQUE DU BRÉVIAIRE ROMAIN
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