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Les Aventures de Nono - JEAN GRAVE

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      Présentation Les Aventures De Nono de JEAN GRAVE

       - eBook

      eBook - Jean Grave 25/01/2014
    • Format : Epub2
    • Auteur(s) : JEAN GRAVE
    • Editeur : Gilbert Terol
    • Langue : Français
    • Parution : 25/01/2014
    • Format : Epub2
    • Compatibilité : iOS, Desktop, Liseuse, Windows, Android
    • ISBN : 1230000212723



    • Nono est un petit garçon de neuf ans, intelligent, tapageur, mais pas mauvais diable cependant. Comme tous les enfants, il a bien quelques moments de vivacité et de turbulence où il fait enrager ses parents ; des instants où son petit être, en pleine expansion, se répand en bonds et cris de joie, ne choisissant pas toujours le moment favorable pour leur donner libre cours, se dépensant en espiègleries, sans s'occuper si les parents sont d'humeur à le supporter.

      Seulement, ce qui gâte un peu son bon naturel, c'est un entêtement obstiné dont il n'y a pas moyen de le corriger. Entêté, non pas comme une mule, non pas comme deux chèvres, mais bien comme dix mille cochons.

      Lorsqu'une fois il s'est mis dans la tête de ne pas vouloir faire quelque chose, c'est fini, il n'y a plus moyen de rien lui faire faire : réprimandes, coups, raisonnements, douceurs, promesses, rien n'a prise sur lui. En lui-même, il reconnaît qu'il a tort, surtout lorsqu'on lui fait comprendre que s'il ne sait pas être agréable aux autres, les autres ne feront rien pour lui faire plaisir.

      Je ne veux pas dire que Nono soit roué de coups ; c'est un moyen dont les parents usent assez souvent contre les enfants obstinés ; car il est plus facile de lancer une calotte que de donner une raison, et trop souvent les parents ont recours à ce moyen. S'ils étaient obligés de donner la raison de leurs ordres, ils seraient forcés d'avouer qu'ils n'en ont pas d'autre que leur simple caprice, et d'autre droit que d'être les plus forts. Lorsqu'on est de mauvaise humeur, c'est une détente de pouvoir la passer sur quelqu'un qui ne peut répondre.

      Mais les parents de Nono, s'ils ne sont pas tout à fait à l'abri de ce travers ; si, par instants, ils ont la main quelque peu leste, ils n'abusent cependant pas trop de ce moyen de réprimande, et se donnent parfois la peine de faire entendre raison au petit obstiné, en lui faisant comprendre que nous ne pouvons raisonnablement nous attendre à ce que les gens soient aimables envers nous qu'à condition de l'être nous mêmes à leur égard.

      Nono reconnaît qu'il a tort de s'obstiner dans ses refus, mais il considère comme un point d'honneur de ne pas revenir sur ce qu'il a dit ? surtout lorsque c'est un refus d'accomplir une chose qu'on lui demande de faire. ? Pour qu'il revienne à de meilleurs sentiments, le mieux est de le laisser bouder dans son coin, et d'attendre que la réflexion l'amène à des sentiments plus sociables.

      Si les parents sont, assez souvent, mal disposés, les enfants, de leur côté, ont aussi leurs moments désagréables. Chez les parents, les soucis du ménage, les inquiétudes sur le travail ; à l'atelier, le patron a été injuste, on n'a pas pu lui dire carrément ce que l'on pensait, on rentre à la maison de mauvaise humeur ; et c'est la femme et les gosses qui écopent.

      Lorsqu'ils sont dans cette fâcheuse situation d'esprit, il arrive aux parents de donner, sans s'en apercevoir, leurs ordres d'un ton très impératif. Nono, lui, est très froissé de ce ton, même lorsqu'il serait le plus disposé à accomplir ce qu'on lui demande ; ce n'est alors qu'en rechignant qu'il obéit.

      Bien souvent aussi, lorsqu'il ne comprend pas toujours la nécessité d'un ordre, ? après tout, à neuf ans, on ne peut pas en connaître autant que ses parents, ? il suffirait d'un mot d'explication, mais les parents sont trop habitués à croire que les enfants doivent obéir sans discuter, et parce que, très souvent, ils ne savent pas s'en faire comprendre, ils s'imaginent que les enfants sont dépourvus de toute compréhension, aussi ne se donnent-ils pas la peine de raisonner. « Un enfant doit obéir à ses parents sans discuter », cela dispense de toute explication.

      Aussi, voilà bien des occasions de gronderies et de tiraillements, comme vous voyez.

      On a fait, jusqu'ici, beaucoup de livres pour apprendre aux enfants qu'ils doivent être sages, obéissants ; mais, malheureusement, ce sont les parents qui les écrivent, et on a oublié d'en faire pour recommander aux parents de ne demander aux enfants que des choses à portée de leur âge et de leur raisonnement ; il arrive que la plupart des pères et des mères ne connaissent pas du tout leur métier de parents.

      Espérons qu'on en écrira quelques-uns pour leur apprendre à être raisonnables à l'égard de leurs enfants. Peut-être un des enfants qui me lit en ce moment, se rappellera-t-il, lorsqu'il sera grand, les choses qui lui auront semblé les plus injustes dans la conduite de ses parents à son égard, et se mettra-t-il à écrire ce livre ; à moins qu'il ne trouve mieux de le leur faire remarquer de suite. Seulement, en ce cas, je ne suis pas très certain qu'il ne serait pas plus prudent à lui d'essayer d'en faire un conte. Le moindre qu'il pourrait lui en arriver, serait de se faire traiter d'effronté, d'enfant sans coeur qui ose critiquer la conduite de ses pauvres parents. Le conte serait beaucoup plus amusant à écrire que les stupidités qu'on leur donne comme compositions à l'école, les parents en seraient plutôt amusés ; et s'ils n'étaient pas trop bêtes, ils saisiraient peut-être la leçon sans se fâcher.





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