Mes Souvenirs Tome II - Gustave de Reiset
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Présentation Mes Souvenirs Tome Ii de Gustave de Reiset
- eBookTome II
Sa Majesté Impériale était partie dans la nuit du 13 septembre pour le camp de Tchougounieff. Elle était accompagnée du comte Adlerberg, ministre de sa maison, et du comte de Mensdorff, ministre d'Autriche, qui ne le quittait plus. Le général Wrangel ne prit congé de l'Empereur qu'en Crimée ; de là il se rendit à Constantinople pour revenir à Berlin par Trieste et Vienne.
Sir Hamilton Seymour m'écrivit à cette occasion : « Je sais que l'Empereur a écrit de Pultava, mais j'ignore si on a de ses nouvelles ultérieures. D'après ce qu'on me dit, le général Mensdorff nous revient bientôt. - Il ne sera point de la promenade à Sébastopol. D'un autre côté, l'Empereur aura avec lui deux Prussiens le comte de Munster et le général Wrangel.
Du camp de Tchougounieff l'empereur Nicolas se rendit en Crimée et visita avec un soin tout particulier le port de Sébastopol, comme s'il eût pressenti les graves événements qui allaient s'y passer. Ce voyage ne commença pas sous d'heureux auspices. Entre Pétersbourg et Gomel l'essieu de sa voiture s'étant cassé, l'Empereur fut forcé de faire quatorze verstes à pied et ensuite de rester deux jours dans cette dernière ville pour faire réparer son équipage¿ À cause de cet accident, le carrossier fut emprisonné.
De Gomel l'Empereur se rendit, en passant par Karphoft, à Thsougouïef, pour y inspecter l'artillerie et la réserve de la cavalerie et faire voir ces corps au général Wrangel qu'il avait engagé à l'accompagner dès son dernier séjour à Berlin. De Thsougouïef il alla à Poltava, passant en revue dans chaque ville tous les corps qui s'y trouvaient ; ensuite à Ekaterinoslav et Vosnogensky, où il y eut encore des manoeuvres et des revues. Il arriva enfin à Sébastopol, où il voulait visiter, avec le ministre de la marine, la flotte de la mer Noire composée de deux divisions, ainsi que les travaux relatifs au projet de faire de Sébastopol un grand port militaire.
L'empereur Nicolas, né le 6 juillet 1796, était en 1853 âgé de cinquante-sept ans. N'étant que le troisième fils de l'empereur Paul, il ne semblait pas destiné à monter sur le trône. Ce ne fut qu'après le mariage morganatique de son frère Constantin avec Jeanne Gruzynska, fille d'un gentilhomme polonais, et la répugnance que celui-ci témoignait pour le pouvoir, qu'on s'était accoutumé à regarder Nicolas comme le successeur probable d'Alexandre Ier. Dans son enfance il montrait peu de capacité. Son frère, le grand-duc Michel, doué d'un jugement plus solide et d'un coeur plus sensible, avait été dans sa jeunesse, quoique moins âgé que lui de deux ans, son conseiller et son meilleur ami : il conserva toute sa vie à son égard l'ascendant et l'affection qu'il avait eus dès cette époque. Souvent pendant le règne de son frère il assuma lui-même la responsabilité de certains actes militaires qui ne rencontraient pas l'approbation générale, s'efforçant d'écarter le moindre blâme de la personne de son souverain. Il évitait d'ailleurs de s'immiscer dans la direction des affaires ; ce n'était que dans les cas les plus graves et dans l'intérêt évident de l'empereur Nicolas qu'il se hasardait à lui donner son avis. Sa mort fut une perte irréparable pour l'Empereur. Seul, il osait lui dire la vérité, combattant l'influence des courtisans qui, pour plaire à leur maître, l'adulaient au point de lui faire croire qu'il était au-dessus de Pierre le Grand.
L'empereur Nicolas avait été élevé avec beaucoup de sévérité par le générât comte Lambsdorff, homme de peu de moyens, originaire des provinces baltiques, qui poussait, dit-on, la rigueur jusqu'à frapper le prince dans son enfance. Ce traitement avait durci davantage encore son caractère naturellement inflexible et avait porté plus tard Nicolas à être envers les autres aussi dur qu'on l'avait été envers lui-même. Ayant été nommé très jeune à la direction du génie, il avait contracté une véritable passion pour tout ce qui se rattachait à cette arme. Il avait créé le corps des pontonniers à cheval, et c'était à cause du goût très vif qu'il avait conservé pour ses premières occupations qu'il faisait élever dans son empire un nombre démesuré de fortifications.
Il poussait aussi à l'extrême la passion des parades : le soldat était son joujou. Il consacrait des sommes énormes, qui auraient trouvé ailleurs un plus utile emploi, à entretenir sur pied de guerre une immense armée : il exagérait la pensée de Pierre le Grand et maintenait la nation enrégimentée et disciplinée comme l'armée elle-même. Tout le monde portait l'uniforme : on rencontrait des cadets de sept ans, coiffés d'un casque et faisant front gravement devant les officiers qui passaient dans la rue. Les domestiques des officiers montaient eux-mêmes, casque en tête, derrière la voiture de leurs maîtres.
Cependant le peuple russe, doux, enclin à la mollesse, était loin d'être belliqueux. S'il se battait avec bravoure, c'est que depuis longtemps il était façonné par la force à l'obéissance passive.
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