Les Habits noirs - Paul Féval
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Présentation Les Habits Noirs de Paul Féval
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L'Habit-Noir.
Or il est temps de vous parler des Habits Noirs, qui fournissent un titre à ce véridique récit. Nous avons mentionné déjà à plusieurs reprises l'Habit Noir, ce mythe qui inquiéta diverses époques et dont la présence à Paris laissa des traces, surtout à dater des commencements de ce siècle. Nous en avons dit assez pour que les gens experts à déchiffrer les rébus et à deviner les charades puissent mettre cet illustre sobriquet sur un visage.
Mais n'en avons-nous pas trop dit ? Et M. Bruneau, ce Normand, est-il bien sûr de son fait ?
C'est comme pour la moisson : les années, chez nous, se suivent et ne se ressemblent pas. En de certaines périodes, Paris a vu les associations de malfaiteurs se multiplier à tel point que la panique se répandait de rue en rue, barricadant les maisons comme des forteresses. Nous ne faisons point ici allusion au moyen âge, ni à ces temps barbares où nulle lueur n'éclairait les nuits parisiennes, quand la lune manquait au ciel ; nous ne parlons pas même de ces jours plus rapprochés où MM. de Sartines et de La Reynie fondaient à grand'peine et par toutes sortes de moyens la tranquillité de la cité, faisant, ceux-là, dans la rigueur du terme, l'ordre avec le désordre et parfois aussi le désordre avec l'ordre. Nous parlons d'hier ; la place de la Bastille avait déjà sa colonne, les cendres de l'empereur Napoléon étaient aux Invalides, la Gazette des Tribunaux racontait le percement de la rue Rambuteau ; Louis-Philippe régnait ; quelques personnages trichaient du haut de leur grandeur, et biseautaient, pour des billets de banque, les cartes du lansquenet gouvernemental ; on parlait tout haut de corruption politique ; les journaux frappaient sur le ventre de tel homme d'État en plaisantant, comme on fait entre amis, et lui disaient : « Mon gaillard, tu es un vendu ! » On ne méprisait pas trop ceux qui y mettaient un bon prix. Toute chose tournait à la raillerie : députés satisfaits et journalistes indemnisés faisaient assaut de bonne humeur ; l'apparence était d'une gaieté folle ; on ne prononçait, on n'écrivait surtout le mot vertu que pour faire rire les badauds à gorge déployée.
La paix régnait en Europe, la paix à tout prix, comme disait l'opposition ; on riait des menaces de guerre aussi bien que de tout le reste. La prospérité matérielle grandissait ; l'industrie prenait un élan mémorable et l'on pourrait appeler ces années l'âge d'or de la commandite. Des fortunes scandaleuses montaient, tombaient, s'enflaient, s'aplatissaient : c'était bénédiction. Paris ressemblait à une immense rue Quincampoix, où incessamment trépignait l'agiotage. Les riches jouaient et gagnaient ; les pauvres jouaient et perdaient ; le gouvernement, brochant sur le tout, faisait, disait-on, sauter la coupe.
Et quelque chose craquait sourdement dans cette machine, chauffée à pleine vapeur. Il y avait d'étranges symptômes ; le rire ne sonnait pas franc, l'orgie était malade. Confusément, chacun se sentait entraîné par je ne sais quelle fatalité.
Il y avait des crimes : cela porte malheur à un règne ; il y avait des crimes intéressants, des forfaits matiques, des causes célèbres en quantité. Le notaire Peytel faisait concurrence à Mme Lafarge, Éliçabide rivalisait avec Léotade, et les dames de Marcellange servaient à la curiosité fiévreuse d'une cohue misérablement blasée sur toute chose honnête et bonne, la plus belle comédie de sang que jamais cour d'assises ait représentée.
Le crime grouillait ainsi dans les hautes couches de l'atmosphère sociale ; dans les régions moyennes, les mains, moins rouges, étaient plus crochues ; tout en bas, c'était la danse macabre du vice voleur et assassin. On voyait cela, très-vaguement ; on riait toujours, mais on avait peur.
La plume se taillait, cependant, qui allait écrire les Mystères de Paris, ce livre bizarre et tout près d'être magnifique, qui a eu le grand tort de placer nos misères sociales dans le domaine de la féerie. À force de chercher l'imprévu, Eugène Sue trouvait l'incroyable ; il remuait à poignées les terreurs vraies, et, par son procédé, les faisait invraisemblables. Si jamais romancier mérita le nom d'historien, ce fut lui, et pourtant, qui ajoute foi à ses tableaux, sinon l'exagération de la naïveté populaire ?
Il prêchait, en outre, et c'est un tort mortel ; ce sont les faits qui doivent avoir de l'éloquence, non pas le conteur ; il prêchait en une langue généreuse, très-difficile à comprendre et que peut-être il n'entendait pas parfaitement lui-même. Ce vocabulaire du socialisme, qui n'a pas trente ans, semble bien plus gothique que le français d'Amyot ou de Montaigne.
Nous n'avons pas prononcé le mot au hasard ; autre trait de caractère : le socialisme naissait parmi ces troubles ; il balbutiait de tous côtés déjà ses déclamations austères. Ses apôtres s'entre-déchiraient à si belles dents qu'on eût dit l'ère des querelles scolastiques, et l'association, cette vérité primordiale dont nul ne songeait à nier la puissance, menaçait de sombrer sous les plaidoyers turbulents de ses avocats.
Il en était un pourtant qui avait du génie, un génie lucide et poétique à la fois, plein de fougue dans l'invention, plein d'aperçus pratiques dans l'exposition, un vrai génie avec le mouvement de fièvre nécessaire et même le petit grain d'extravagance. Charles Fourier mourut dans son grenier de la rue Saint-Pierre-Montmartre, vers ce temps-là justement, et ses élèves se hâtèrent d'enterrer son système.
Il ne nous resta de lui qu'une épicerie modèle et le souvenir de l'ennui prodigieux distillé par la Démocratie Pacifique.
Est-ce assez vieux, cela ? Ce titre, exhumé tout à coup, ne fait-il pas l'effet d'une momie d'Égypte ? La Démocratie Pacifique ! Des siècles écoulés ! Combien de temps ont donc duré ces vingt dernières années !¿
Des bonnes gens qui n'ont jamais demandé mieux que de s'associer, avant comme après Fourier, ce sont les voleurs.
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