La Case de l'oncle Tom - HARRIET BEECHER STOVE
- Format eBook: Epub2 Voir le descriptif
Vous en avez un à vendre ?
Vendez-le-vôtreSynchronisez votre eBook et retrouvez-le dans votre bibliothèque Kobo
- Payez directement sur Rakuten (CB, PayPal, 4xCB...)
- Récupérez le produit directement chez le vendeur
- Rakuten vous rembourse en cas de problème
Gratuit et sans engagement
Félicitations !
Nous sommes heureux de vous compter parmi nos membres du Club Rakuten !
TROUVER UN MAGASIN
Retour
Avis sur La Case De L'oncle Tom de HARRIET BEECHER STOVE - eBook
0 avis sur La Case De L'oncle Tom de HARRIET BEECHER STOVE - eBook
Les avis publiés font l'objet d'un contrôle automatisé de Rakuten.
Présentation La Case De L'oncle Tom de HARRIET BEECHER STOVE
- eBookÀ une heure avancée d'une glaciale après-midi de février, deux gentilshommes étaient assis, en tiers avec une bouteille, dans une confortable salle à manger de la ville de P***, au Kentucky. Pas un domestique n'était présent ; et les chaises rapprochées indiquaient que le sujet en question était chaudement débattu.
Pour les convenances nous disons deux gentilshommes ; mais, envisagé au point de vue critique, l'un n'avait nul droit à ce titre. C'était un homme gros, épais, carré, dont les traits communs, l'allure fanfaronne et prétentieuse, trahissaient un individu de bas étage, qui cherche, avec ses coudes, à se frayer une route en haut. Sa mise, d'une recherche de mauvais goût, son gilet bariolé de couleurs voyantes, sa cravate bleue parsemée de points jaunes, s'étalant avec impudence en un large noeud, complétaient l'aspect général du personnage. Une quantité de bagues alourdissaient encore ses grosses et larges mains. Il portait une massive chaîne de montre en or, à laquelle pendait un énorme faisceau de breloques et de cachets que, dans la chaleur de l'entretien, il maniait et faisait résonner avec une évidente satisfaction. Sa conversation était un continuel défi porté à la grammaire, entrelardé, à courts intervalles, d'expressions profanes que, malgré notre respect pour la vérité, nous nous dispenserons de transcrire.
Son compagnon, M. Shelby, avait, lui, la tenue et l'apparence d'un gentilhomme. Le luxe de l'ameublement, les détails intérieurs, annonçaient l'aisance et même la fortune. Tous deux paraissaient engagés dans une vive discussion.
« C'est ainsi que je réglerais », dit M. Shelby.
¿ Impossible ! je ne peux pas traiter à ce taux. Je ne le peux vraiment pas, monsieur Shelby, répliqua l'autre en élevant son verre entre son oeil et le jour.
¿ Le fait est, Haley, que Tom est un sujet hors ligne. Il vaut cette somme-là, n'importe où. Rangé, honnête, capable, régissant toute ma ferme comme une horloge.
¿ Vous voulez dire honnête, à la façon des nègres, reprit Haley, en se versant un verre d'eau-de-vie.
¿ Non ; Tom est réellement un excellent sujet, sobre, sensé, pieux. Il a gagné de la religion, il y a quatre ans, à un de leurs campements, et je crois qu'il l'a gagnée tout de bon. Depuis lors je lui ai confié sans réserve argent, maison, chevaux ; je l'ai laissé aller et venir dans le pays, et je l'ai toujours trouvé fidèle et sûr.
¿ Il y a des gens qui ne croient pas aux nègres pieux, Shelby, dit Haley, mais moi j'y crois. J'avais un homme, dans le dernier lot que j'ai mené à la Nouvelle-Orléans ¿ rien que d'entendre prier cette créature, ça valait un sermon. Un véritable agneau pour la douceur et la tranquillité ! J'en ai tiré aussi une bonne somme ronde. Je l'avais acheté au rabais d'un maître qui était forcé de vendre ; j'ai réalisé sur lui six cents louis de bénéfice. Oh ! je considère la religion comme une denrée de prix, pourvu qu'elle soit de bon aloi, et sans tare.
¿ Eh bien ! Tom a la vraie et la bonne, si jamais il en fut. À la dernière chute des feuilles je l'envoyai seul à Cincinnati pour affaires de négoce ; au retour, il me rapporta cinq cents dollars. « Tom, lui avais-je dit, je me fie à vous parce que je vous crois chrétien ; je sais que vous ne voudriez pas me tromper. » Il n'eut garde vraiment. J'étais sûr qu'il me reviendrait ; et pourtant là-bas il ne manquait pas de drôles pour lui dire : « Tom, que ne prenez-vous le chemin du Canada ? » ¿ « Oh ! moi, pas pouvoir : maître s'être fié à Tom ! » Je l'ai su par d'autres. Je suis fâché de me séparer de Tom, je l'avoue. Allons ! il faut qu'il couvre la différence, et solde ma dette ; vous diriez oui, Haley, si vous aviez un peu de conscience.
¿ J'en ai autant qu'il en faut dans les affaires ¿ tout juste assez pour jurer dessus, dit le marchand d'un ton badin ; et je ne demande pas mieux que de faire ce qui est raisonnable pour obliger des amis, mais c'est par trop exiger d'un pauvre homme ¿ vrai, c'est trop dur ! »
Le marchand soupira d'un air de componction, et se versa une nouvelle rasade.
« Eh bien ! donc, Haley, comment vous plait-il de traiter ?
¿ N'avez-vous pas quelque chose, garçon ou fille, à jeter dans la balance avec Tom ?
¿ Hem !¿ Personne dont je puisse me passer. À dire vrai, il faut une nécessité absolue pour me décider à vendre. Je n'aime pas à me défaire de mes mains ¿ c'est un fait. »
Ici, la porte s'ouvrit, et un petit quarteron, de quatre à cinq ans, fit son entrée dans la salle. Il était remarquablement beau et attrayant. Ses cheveux, aussi fins que de la soie grège, tombaient en boucles autour de ses joues rondes, à riantes fossettes, tandis que deux grands yeux noirs, pleins de feu et de douceur, lançaient de dessous ses longs cils des regards curieux. Une jaquette à raies écarlates et jaunes serrait sa taille bien prise et faisait ressortir son opulente et sombre beauté. À un certain mélange de timidité et d'assurance comique, on devinait un petit favori du maître, accoutumé à être remarqué et caressé par lui.
« Holà ! Jim Crow, dit M. Shelby en sifflant, et lui tendant une grappe de raisin : happe-moi cela ! »
L'enfant rassembla ses petites forces, et sauta pour atteindre l'appât, aux éclats de rire du maître.
« Ici, Jim ! ici, petit corbeau ! »
L'enfant s'avança : le maître passa la main sur sa tête et lui prit le menton.
« À présent, Jim, montre à ce monsieur comment tu sais danser et chanter. »
Détails de conformité du produit
Personne responsable dans l'UE