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Témoignage - Albert Lebrun

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      Présentation Témoignage de Albert Lebrun

       - eBook

      eBook - Albert Lebrun 04/02/2021
    • Format : Epub2
    • Auteur(s) : Albert Lebrun
    • Editeur : Gilbert Terol
    • Langue : Français
    • Parution : 04/02/2021
    • Format : Epub2
    • Compatibilité : Liseuse, Android, iOS, Windows, Desktop
    • ISBN : 1230004522539



    • MA DÉPORTATION EN ALLEMAGNE

      Au printemps de 1941, le chef de cabinet du préfet de l'Isère me téléphona pour m'annoncer la visite prochaine d'un inspecteur de police. Je le reçus le lendemain. Il me présenta ses pièces d'identité. Il venait pour veiller sur ma sécurité. Je lui fis observer qu'un tel soin me paraissait superflu. Depuis mon arrivée à Vizille, rien ne s'était passé qui pût justifier cette mesure. Le gouvernement ferait mieux, ajoutai-je, pour éviter les incidents qu'il paraît redouter, d'inviter la presse soumise à sa censure à ne pas critiquer aussi injustement qu'elle le fait certains hommes politiques, ce qui peut déterminer chez les esprits faibles des pensées d'agression.

      L'inspecteur s'installa dans un hôtel de Vizille. Trois mois plus tard il vint me saluer à la veille de son départ et me présenta un de ses collègues, son remplaçant. Je le remerciai de ses bons offices ; je lui demandai s'il avait eu à intervenir pendant son séjour et s'il avait remarqué quelque chose d'insolite. Il me répondit que non. Le second inspecteur quittait Vizille après quelques semaines. Je ne l'avais pas revu.

      En janvier 1943, le préfet de l'Isère convoqua mon gendre à Grenoble. Il lui fit connaître que l'autorité italienne allait placer des postes de garde sur les routes aboutissant à Vizille, en vue de surveiller la circulation. Effectivement cinq postes composés de deux hommes, un soldat et un gendarme, gardèrent en permanence les routes Vizille-Grenoble par Pont-de-Claix, Vizille-Grenoble par la route Napoléon, Vizille-Grenoble par Uriage, Vizille-Bourg-d'Oisans et Vizille-Gap.

      Ce fut une grande gêne pour la circulation sans profit apparent. Les voitures étaient arrêtées et contrôlées ; ou notait les noms et qualités des voyageurs. En fait, si cette manoeuvre avait pour but de surveiller mes déplacements, elle s'avéra inutile, car je restai quatre mois sans quitter Vizille.

      En février, la surveillance se fit plus stricte. Deux ou trois soldats en armes se promenaient sur les routes voisines de ma villa. Ils ne me connaissaient pas d'ailleurs. J'entrais et je sortais à mon gré sans qu'ils y prêtassent la moindre attention.

      Dans la première quinzaine d'avril, je m'en fus à Nice aux obsèques d'un parent, haut fonctionnaire retraité du ministère de la Justice. À mon retour, je fus accueilli à la gare de Grenoble par un inspecteur de la police spéciale. Pendant mon absence, le capitaine italien Mascheroni était venu à Vizille pour me voir. Il demandait à être reçu à mon retour pour m'entretenir de questions relatives à ma sécurité.

      Le 10 avril, je reçus la visite du colonel chef d'état-major du général Maurizio Lazzaro di Castiglioni, commandant de la division italienne de Grenoble, accompagné d'un officier interprète.

      Il me dit que les gouvernements italien et français avaient souci de ma sécurité (toujours le même slogan), et que je veuille bien ne plus quitter à l'avenir ma résidence sans en avertir l'autorité. Je lui fis observer que je n'étais pas dupe de telles attentions ; ma sécurité n'était pas en cause.

      ¿ Je ne suis plus rien, disais-je ; pourquoi s'obstiner à s'occuper de moi ?

      ¿ Oui, dit le colonel, vous n'êtes plus en fonction officielle, mais votre peuple vous aime toujours (sic).

      Que s'était-il passé ? Avant de partir pour Nice tout à fait à l'improviste, puisque j'y étais appelé par télégramme, j'avais téléphoné au préfet des Alpes-Maritimes, ancien collaborateur de Poincaré que je connaissais bien. Je lui demandai de me faire retenir une chambre à l'hôtel où je devais arriver au milieu de la nuit. Pendant mon séjour à Nice, je lui rendis visite, mais je fus frappé du ton de sa conversation (il devait quitter son poste quelques jours plus tard).

      J'ai pensé que c'était lui qui, bien inutilement d'ailleurs puisque j'avais pris moi-même l'initiative de l'avertir de ma présence, avait alerté le gouvernement français et celui-ci avait fait grief au préfet de l'Isère de ne pas l'avoir tenu au courant de mon déplacement ; il devait à l'avenir se montrer plus attentif.

      Quelques jours après, le préfet et le capitaine Mascheroni me rendirent aimablement visite. Je ne leur laissai aucun doute sur la façon dont j'envisageais les soins dont j'étais entouré. À mes yeux, ma sécurité n'était pas en cause. On voulait exercer une surveillance sur mes déplacements. Le préfet m'avait remis antérieurement, lors d'une visite à la préfecture, une note radiodiffusée à Washington disant : « On annonce ici qu'Albert Lebrun s'est échappé de France et qu'il se trouve maintenant dans un pays neutre, à l'abri de la Gestapo. Les milieux officiels de Washington sont très intéressés par cette nouvelle (non confirmée). M. Lebrun pourrait concilier les difficultés qui existent entre de Gaulle et Darlan. Son titre de président n'est pas mis en question, car il n'a jamais démissionné. Mais il est tenu à l'écart sous la pression allemande. La légalité de son titre, en Afrique du Nord ou ailleurs, ne peut être mise en question d'aucun de ces deux côtés, d'après les milieux officiels s'exprimant officiellement. » Il paraissait y avoir un certain rapport entre ces fausses nouvelles lancées par la radio et les mesures de surveillance dont Vizille était l'objet.

      Le 9 juin, je dînais tranquillement quand, soudain, la villa fut entourée par une quinzaine de soldats italiens en armes. En même temps un officier demanda à me parler. Je le reçus aussitôt. C'était le même colonel, chef d'état-major de la division. Il m'avisa que, d'ordre de l'autorité, je ne devais pas quitter l'immeuble où je me trouvais. Moment de surprise et d'émoi.

      ¿ Que signifie tout cela ? dis-je.

      ¿ J'exécute un ordre.





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