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Contes canadiens - Paul Stevens

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      Présentation Contes Canadiens de Paul Stevens

       - eBook

      eBook - Paul Stevens 21/10/2020
    • Format : Epub2
    • Auteur(s) : Paul Stevens
    • Editeur : Gilbert Terol
    • Langue : Français
    • Parution : 21/10/2020
    • Format : Epub2
    • Compatibilité : Liseuse, Android, iOS, Windows, Desktop
    • ISBN : 1230004300038



    • Il y avait une fois un cordonnier qui s'appelait Richard, quoiqu'il ne fût pas riche, tant s'en faut. Il est probable que s'il eût eu à se baptiser lui-même, il se serait donné un autre nom ; mais, comme vous le savez, chers lecteurs, on n'est pas plus maître de son nom que de l'avenir. Pour peu que l'on soit sage, on les accepte tous deux comme ils tombent, et l'on vit content.

      Il n'en est pas moins vrai, soit dit en passant, que le nom et la personne ne s'accordent pas toujours. Je me rappelle avoir connu dans le temps un monsieur qui répondait au nom de Beaufils et qui, sans contredit, était bien le plus affreux petit homme que la terre n'eût jamais porté ; et je vois passer presque tous les jours un autre monsieur nommé Courtbras qui possède cependant une paire de bras qui remplaceraient très avantageusement les ailes d'un moulin à vent.

      Mais revenons à Richard. Si c'était absolument nécessaire, je vous tracerais bien son portrait, mais comme ça pourrait traîner mon histoire en longueur, je me contenterai de vous dire qu'il n'était ni trop grand, ni trop petit de taille ; ni gras, ni maigre, entre les deux ; ni beau, ni laid. C'était, en un mot, un homme comme il y en a beaucoup. Son âge il ne le savait pas au juste ; cependant il aurait pu vous le dire à dix ans près, et, au moment où commence notre récit, le brave Richard tirait sur cinquante.

      Il n'y avait pas à dix lieues à la ronde, un ouvrier qui travaillât plus rudement et qui fît de meilleur ouvrage que le bonhomme Richard : levé au petit jour et battant la semelle ou tirant ses points jusqu'au coucher du soleil, à peine se donnait-il le temps de prendre ses repas ; malgré cela, il demeurait pauvre, et pauvre comme Job.

      Ça vous étonne, n'est-ce pas ? lecteurs ; un peu de patience, s'il vous plaît, ça ne vous étonnera plus tout à l'heure.

      Il faut savoir que le bonhomme Richard avait une femme. Il n'y a là rien de bien extraordinaire, allez-vous dire, sans doute. Un cordonnier qui tire sur cinquante, a très certainement le droit d'avoir une femme ; et ceci n'explique pas du tout pourquoi le bonhomme Richard demeure pauvre comme Job.

      ¿ Peut-être avait-il sa maison pleine d'enfants et de petits-enfants ?

      ¿ Il n'en avait jamais eu.

      ¿ Alors, c'est que ses pratiques ne le payaient point ?

      ¿ Pas le moins du monde, tous ceux qui se faisaient chausser par le père Richard le payaient comme le roi.

      ¿ Mais s'il n'avait pas d'enfants, et si tout le monde le payait comme le roi, le bonhomme devait vivre à l'aise, ou bien il faut qu'il n'eût point d'ouvrage les trois-quarts du temps ?

      ¿ Pardon, j'ai dit tout à l'heure qu'il travaillait tous les jours, les dimanches et fêtes exceptés, depuis le matin jusqu'au soir, ¿ huit heures l'hiver, treize et quatorze pendant l'été ; ¿ mais quand bien même il aurait travaillé et gagné dix fois plus, le pauvre Richard serait toujours resté sans le sou, car il avait le malheur d'avoir une femme qui buvait.

      S'il gagnait une piastre, sa femme avait soif pour deux. Elle buvait comme un trou, comme plusieurs éponges, cette malheureuse créature ; ¿ aussi n'était-elle connue dans l'endroit que sous le sobriquet peu flatteur de « l'ivrognesse. »

      Richard avait beau cacher son argent quand il en recevait, sa femme furetait si bien les moindres recoins de la maison qu'elle finissait toujours par trouver la cachette, et je n'ai pas besoin de vous dire que les écus du bonhomme ne prenaient pas alors le chemin de l'église.

      Il arriva cependant que ça finit par tanner la vieille d'avoir toujours à chercher l'argent que son mari s'obstinait à cacher, et il lui passa un jour dans l'esprit une effroyable idée, ¿ c'est étonnant comme les ivrognes ont toujours de mauvais desseins : ¿ elle s'avisa d'invoquer le diable !¿

      Lecteurs, il y a un proverbe qui dit : « Lorsqu'on parle du diable, il montre les cornes. » Rien n'est plus vrai. À peine la Richard l'eut-elle appelé, que le diable apparut.

      « Que me voulez-vous, bonne femme ? lui dit-il de sa voix la plus douce ; pour avoir votre âme, il n'y a rien que je ne fasse.

      ¿ Eh bien ! répondit l'ivrognesse entre deux hoquets, si tu veux me donner assez d'argent pour que je puisse boire tous les jours, pendant un an, autant de rhum que je voudrai, je te donnerai mon âme.

      ¿ À la bonne heure, voilà qui est bien parler ! reprit le diable en ricanant et en tirant de sa poche une bourse pleine d'or. Tenez, brave femme, prenez et buvez comme il faut, et du meilleur¿ mais rappelez-vous que dans un an et un jour vous m'appartiendrez ; bonsoir ! »¿

      Et le diable disparut.

      Deux jours après que l'ivrognesse s'était vendue de la sorte, corps et âme, ¿ un pauvre vint à passer devant la porte de Richard et s'arrêta, demandant la charité.

      Assis sur son banc et martelant des empeignes à coups redoublés, le père Richard ne remarquait pas sa présence.

      « La charité, s'il vous plaît, mon petit frère !¿ Répéta le mendiant.

      ¿ Je n'ai rien à vous donner, pauvre homme, et je vous assure que ça me fait bien de la peine de ne pouvoir vous soulager, dit Richard en essuyant une larme avec le coin de son tablier de cuir. Le bon Dieu m'est témoin que je ne demanderais pas mieux que de pouvoir venir au secours des pauvres, mais par malheur je n'ai jamais un sou par devers moi, ma femme boit toute ma gagne. Voilà trente ans que ce commerce-là dure, et le diable seul sait quand ça finira, car je crois bien qu'elle a été ensorcelée. »

      À ces mots, il s'opéra quelque chose d'étrange dans le maintien du pauvre, qui se transfigura pour ainsi dire.

      « Vous avez bon coeur, dit-il au père Richard, en jetant sur le cordonnier un regard de profonde commisération ; eh bien ! je veux vous récompenser de vos excellentes intentions à mon égard. Que puis-je faire pour vous ? Que voulez-vous ? Que souhaitez-vous ?¿ Parlez, ce que vous demanderez vous sera accordé, je vous le promets. »

      Le père Richard, étonné de ce langage, regardait son interlocuteur avec une sorte de stupéfaction mêlée de respect, et ne savait que penser.

      « Voyons, parlez, brave homme ; tenez, pour vous mettre plus à l'aise, je vous accorde d'avance trois souhaits, vous n'avez que l'embarras du choix. »

      Cependant le cordonnier continuait à garder le silence et semblait n'accepter qu'avec défiance cette étonnante proposition. Évidemment il croyait voir devant lui quelque jeteur de sorts, comme il en passe de temps à autre dans les campagnes.

      « Ce que vous me dites-là est-il bien sûr ? dit enfin le père Richard en accentuant chaque syllabe et en regardant fixement le mendiant, comme s'il eût voulu lire jusqu'au fond de son coeur.





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