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Les Ribaud - Ernest Choquette

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      Présentation Les Ribaud de Ernest Choquette

       - eBook

      eBook - Ernest Choquette 11/03/2021
    • Format : Epub2
    • Auteur(s) : Ernest Choquette
    • Editeur : Gilbert Terol
    • Langue : Français
    • Parution : 11/03/2021
    • Format : Epub2
    • Compatibilité : Liseuse, Android, iOS, Windows, Desktop
    • ISBN : 1230004619031



    • UN DUEL

      Gabriel avait vingt ans.

      À cet âge, on ne voit encore qu'à travers le prisme magique de la jeunesse et tout ce qui frappe le regard en prend les éclatantes couleurs, roses ou vertes, rouges ou bleues, jamais sombres.

      Rien n'est encore venu ternir les rêves ; de l'absinthe on n'a point goûté l'amertume, et les larmes qui nous sont parfois tombées des yeux ont plus souvent été des larmes de joie que des larmes de douleur.

      Avec l'idée de sa rencontre du lendemain, Gabriel analysa, pendant cette dernière nuit, ce qu'avaient été pour lui ses vingt ans de vie. Il énuméra les tristesses et les sourires qu'ils lui avaient apportés, et, appuyé sur sa fenêtre sous le grand oeil de la lune qui le regardait, il constata qu'il avait souri plus souvent qu'il n'avait pleuré.

      Il se sentit par instant, des frissons d'épouvante à la pensée que tout ce qu'il avait aimé pouvait s'anéantir dans un clin d'oeil. C'était si bon de vivre.

      Non, ce n'était point de la lâcheté pourtant ; son honneur lui avait tracé un chemin dont il ne désirait pas s'écarter et ce n'était pas pour se dérober non plus à la pénible tâche qu'il avait entreprise, qu'il songea longtemps¿ longtemps.

      Que dirait son père ? Avait-il le droit de le faire souffrir si horriblement ? Et sa petite soeur¿ sa pauvre petite Madeleine¿

      Il pleura.

      Il pleura jusqu'à ce qu'il se fit une torpeur dans son cerveau, et, brisé de fatigues, d'émotions, de sentiments divers, il s'endormit.

      Son sommeil ne fut pas long, mais il s'éveilla cependant allégé et plus dispos. Il était déjà six heures. Il se fit une toilette sérieuse, regarda froidement ses pistolets et se dit : allons.

      Tout à coup, la pensée de son père le ressaisit plus violente que jamais.

      De s'en aller comme ça, sans un mot d'adieu, sans un encouragement, il eut peur. Il trouva que c'était cruel pour son père, plus cruel pour lui-même et il oscilla entre ces deux angoisses : celle lui planter en plein coeur, sans préparation aucune, ces mots : « je vais me battre, » ou celle de ne pouvoir garder de lui au moins une parole qu'il se répéterait le long de la route et qui, lui semblait-il, l'aurait fortifié pour le combat.

      Si, en dehors, pour le monde, Gabriel était un homme, au sein de ce foyer heureux, il était encore un enfant et il eut peur de reculer.

      Il écouta, rien ne bougeait dans la maison, et, entrebâillant la porte de la chambre de son père, doucement, dans la crainte de l'éveiller, il voulut aller au moins déposer un baiser d'adieu sur son front.

      En dépit de ses précautions, le contact de ses lèvres glacées tira subitement son père de son sommeil et, avant qu'il put s'échapper, il entendit un appel douloureux d'angoisse :

      ¿ Que fais-tu Gabriel ?¿ Que se passet-il ?¿ Tu ne réponds rien¿ tu m'épouvantes.

      ¿ Je venais vous embrasser tout simplement, mon père, et je ne voulais pas vous éveiller.

      ¿ Tu me trompes, Gabriel¿ Rien qu'à, voir ta pâleur, l'agitation de toute ta personne, je sens qu'il se passe quelque chose de grave¿ Mon Dieu, qu'y a-t-il ?¿ Je vais apprendre un malheur¿ Tu n'as rien fait de déshonorant, n'est-ce pas ?

      ¿ Calmez-vous, mon père ; tant que votre exemple lui restera, votre fils ne fera jamais rien dont vous ayez à rougir.

      ¿ Pourquoi, alors, cette sortie matinale et mystérieuse ?¿ Et puis tes lèvres étaient si froides en m'embrassant¿ Mais, tu pleures¿ tu souffres¿ voyons, dis-moi tout, va¿ N'aurais-tu plus confiance en ton père ?¿ S'il faut te protéger, compte sur mon bras, s'il faut te pardonner, compte sur mon coeur.

      ¿ Père, on m'a insulté, hier soir, chez Latreille.

      ¿ On t'a insulté, toi,¿ qui ?

      ¿ Les soldats anglais du Fort, le lieutenant Henshaw en tête. J'ai provoqué ce dernier en duel¿ Ton fils a ton sang et ta haine, vois-tu.

      ¿ Les gredins¿ Et tu vas te battre. Ah ! je comprends maintenant ;¿ malheureux !¿ une rencontre.

      Le vieux docteur était devenu livide en envisageant les conséquences possibles de cette démarche.

      ¿ Ai-je eu tort, dites ? Us ont sali toutes nos gloires, bavé sur nos compatriotes, ridiculisé notre courage ; ils ont dit, les lâches, que nos prêtres se vendaient¿ que¿

      ¿ Et toi, qu'as-tu répondu ?

      ¿ Moi, je n'ai rien répondu¿ J'ai simplement souffleté Henshaw, le chef de la bande, après lui avoir savonné le museau dans le contenu de son verre¿ Vous l'auriez fait, vous aussi, père, n'est-ce pas ?

      ¿ Oui, mille tonnerres ! reprit le docteur, subitement fier¿ C'était un adieu que tu venais me faire alors ?¿ Car, as-tu songé que tu peux être tué ?

      ¿ Je le sais.

      ¿ Tu n'as pas peur de mourir ?

      ¿ Non, j'ai seulement peur de ne plus vous revoir.

      ¿ Avec quelle arme te bats-tu ? Quels sont tes témoins ?

      ¿ Gaston et Jules. C'est pour huit heures sur l'Île Verte. L'on se bat au pistolet.

      ¿ Au pistolet ?¿ Viens prier, dit simplement le vieux docteur en entraînant son fils devant le portrait de sa mère où ils se jetèrent à genoux tous deux.

      ¿ Tu as peur de me quitter, dis-tu ; si tu me perds, prie pour retrouver celle-là. ¿ Maintenant, va à l'honneur¿ Ils ont tué mon père, peut-être épargneront-ils mon fils.

      Gabriel avait réglé son affaire pour ne point donner l'éveil à la maison paternelle et il avait été convenu dans ce but qu'il irait lui-même rejoindre ses témoins.

      Le vieux docteur Ribaud, dans un sentiment d'angoisse indéfinissable, le regarda disparaître à un tournant de la route et il resta longuement, le regard cloué. Puis tout à coup, saisi d'une idée subite :

      ¿ Comment,¿ il va se battre,¿ sans médecin¿ s'il était blessé, murmura-t-il,¿ j'irai moi aussi.

      Il enroula fiévreusement quelques instruments dans sa trousse et il partit, non à la poursuite de Gabriel, mais dans la direction du presbytère de la paroisse.

      Le docteur Ribaud n'avait pas senti la transition de son enfant à l'âge d'homme. Pour lui, c'était toujours Gabriel, le petit Gabriel qu'il avait bercé dans ses bras, qu'il avait instruit, qu'il avait couvé de sa protection constante et dont il avait fait un gentilhomme et un chrétien.

      Un père, c'est plus qu'un homme.





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