La Thébaïde en Amérique - ADRIEN ROUQUETTE
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Présentation La Thébaïde En Amérique de ADRIEN ROUQUETTE
- eBookNous reconnaissons, dès le début de cet ouvrage, que nous n'avons aucune autorité personnelle, ni celle de l'âge, ni celle du talent, ni celle surtout de la sainteté. « Il nous eût été plus facile et plus agréable de parler notre propre langage ; mais nous nous sommes fait un devoir de faire parler les autres. » Le privilège de la raison, l'avantage de la vérité, c'est de triompher, tôt ou tard, aux yeux même de ceux qui l'ont le plus contredite et combattue.
Ainsi, malgré la haine active et l'aveugle répugnance des protestants ; malgré le froid mépris et l'avare indifférence des hommes du monde ; malgré l'ignorante bonne foi et la fausse inquiétude de la plupart des fidèles ; malgré, peut-être, l'attitude neutre, ou peu encourageante, de l'autorité, (car elle est obligée d'examiner et d'éprouver d'abord toute vocation, surtout lorsqu'elle paraît extraordinaire, afin de la reconnaître et de la protéger ensuite) ; malgré, enfin, tout ce que l'on pourra dire ou penser, nous croyons le moment arrivé, où c'est un devoir pour tout homme convaincu d'oser proclamer la nécessité des divers Ordres Religieux en général, et surtout des divers Ordres Contemplatifs, pour les hommes et pour les femmes, dans le Nouveau-Monde.
Oui, nous pouvons nous écrier ici, comme Charles Nodier s'est écrié en France : « Cette génération se lève et vous demande des cloîtres ! »
« Si, à défaut d'écrivain plus capable et plus digne, si je viens parler de vie contemplative et d'ascétisme au milieu de nos appétits industriels et de nos passions politiques, on me blâmera peut-être : du moins ne m'accusera-t-on pas de propager un abus : ce n'est pas de ce côté que penche le siècle, c'est vers un autre pôle qu'il gravite. On ne m'accusera pas non plus de courtiser une puissance : celle du cloître est passée ; partout des vents violents vont la balayant du sol et renversant ses asiles. En Orient, en Occident, voyez comme la cellule est vide, comme la laure est délaissée, comme le désert est désert ! »
Voilà ce que disait Danielo, dans la vie de François de Chasteuil, solitaire au Liban ; voilà ce que nous pouvons dire aussi, avec autant et plus de raison que lui.
Mais remontons jusqu'au quatrième siècle du christianisme. Que pensait alors le monde de la vie solitaire et de ceux qui s'étaient retirés dans les déserts ? Écoutons ce que nous dit le Père Michel-Ange Marin, qui a écrit les Vies des Solitaires de l'Orient :
« Saint Chrysostôme goûtait dans son désert les douceurs de la retraite, lorsque sa paix fut troublée par l'affligeante nouvelle d'un orage qui s'était élevé dans Antioche contre les saints solitaires, et qui pénétra son coeur d'une amère douleur. On disait que c'était le comble de la folie qu'un jeune homme qu'on avait élevé avec grand soin, pour être la consolation de ses parens et pour faire honneur à sa famille et à sa patrie, renonçât à la gloire, aux plaisirs et à toutes les prétentions qu'il pouvait avoir dans le monde, pour ensevelir ses belles qualités et ses talents dans un monastère ou dans une grotte, et y éteindre son esprit et la vigueur de son corps sous la discipline de quelque vieillard et en pratiquant des austérités excessives ; et qu'en conséquence les pères employaient les plus terribles menaces pour en détourner leurs enfants.
« Saint Jean Chrysostôme ne put d'abord ajouter foi à ces relations, tant la chose lui paraissait extraordinaire, surtout sous des empereurs chrétiens ; mais comme elles lui furent si bien attestées qu'il ne put plus les révoquer en doute, il en sentit toutes les suites, et surtout combien elles pouvaient nuire à la religion. Ses réflexions là-dessus le plongèrent dans une tristesse profonde. La vie lui devint à charge et il pria Dieu qu'il daignât le retirer de ce monde où l'injustice et l'iniquité se montraient avec tant d'audace. Le religieux, son ami, le voyant dans une si grande affliction, lui représenta qu'il était inutile de s'en laisser accabler et qu'il devait plutôt employer le talent d'écrire que le Seigneur lui avait donné, pour défendre la sainteté de l'état monastique, et désabuser le monde des préjugés qu'il avait conçus contre ceux qui en faisaient profession ; et il lui promit en même temps de faire courir partout des copies de son ouvrage, afin qu'il servît à ramener les esprits. »
C'est alors que saint Jean Chrysostôme écrivit son Apologie de la VIe Monastique, ce chef-d'oeuvre d'éloquence et de logique, où il justifie et loue si magnifiquement la vie des Solitaires.
Vers le IXe siècle, un saint prêtre, du nom de Grimlaïc, composa la Règle des Solitaires, qui se trouve insérée dans le Code des Règles de saint Benoît d'Aniane. Au chapitre soixante-troisième de cette règle, nous lisons les lignes suivantes, qui prouvent qu'alors aussi il y avait des détracteurs de la vie solitaire :
« Non solitarii multum contristari debent, si fortè ab aliquibus pravis hominibus sine culpa detrahantur ; quia in consolatione nostra, sua Dominus opprobria adducere dignatus est, dicens : Si patrem familias Beelzebub vocaverunt, quanto magis domesticos ejus. Et iterum : Si de mundo fuissetis, mundus quod suum erat, diligeret : sed quia de mundo non estis, propterea odit vos mundus. Hinc Apostolus ait : Nolite mirari si odit vos mundus. Sunt autem plurimi, qui vitam solitariam fortasse amplius quam debent, laudant ; et ne eis de laude elatio subripiat, permittit omnipotens Deus malos in obtrectatione et objurgatione prorumpere ; ut si qua culpa ab ore laudantium in corde solitariorum nascitur, per obtrectationem malorum ad pænitentiam revocentur. »
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