Cocardasse et Passepoil - Paul Féval fils
- Format eBook: Epub2 Voir le descriptif
Vous en avez un à vendre ?
Vendez-le-vôtreSynchronisez votre eBook et retrouvez-le dans votre bibliothèque Kobo
- Payez directement sur Rakuten (CB, PayPal, 4xCB...)
- Récupérez le produit directement chez le vendeur
- Rakuten vous rembourse en cas de problème
Gratuit et sans engagement
Félicitations !
Nous sommes heureux de vous compter parmi nos membres du Club Rakuten !
TROUVER UN MAGASIN
Retour
Avis sur Cocardasse Et Passepoil de Paul Féval fils - eBook
0 avis sur Cocardasse Et Passepoil de Paul Féval fils - eBook
Les avis publiés font l'objet d'un contrôle automatisé de Rakuten.
-
Le Faiseur De Folles
2,49 € eBook
-
Coeur D'amour
3,49 € eBook
-
Coeur D'amour
3,49 € eBook
-
Les Cinq
3,49 € eBook
-
D'artagnan Contre Cyrano De Bergerac
4,99 € eBook
-
Les Suites De Lagardère
4,99 € eBook
-
Les Suites De Lagardère
4,99 € eBook
-
Les Suites De Lagardère
4,99 € eBook
-
Les Suites De Lagardère
4,99 € eBook
-
D'artagnan Contre Cyrano De Bergerac
4,99 € eBook
-
Les Suites De Lagardère
4,99 € eBook
-
D'artagnan Contre Cyrano De Bergerac
4,99 € eBook
-
D'artagnan Contre Cyrano De Bergerac
4,99 € eBook
-
Les Suites De Lagardère
4,99 € eBook
-
Les Suites De Lagardère
4,99 € eBook
-
D'artagnan Contre Cyrano De Bergerac
4,99 € eBook
-
Coeur D'amour
4,99 € eBook
-
Les Cinq
4,99 € eBook
-
Les Cinq
4,99 € eBook
-
D'artagnan Contre Cyrano De Bergerac
4,99 € eBook
Produits similaires
Présentation Cocardasse Et Passepoil de Paul Féval fils
- eBookLE PIÈGE
Après toutes les constatations déjà faites, Mathurine ne tarda pas à s'arrêter à une autre beaucoup plus étrange.
Il était de tradition au Trou-Punais que la Paillarde pouvait tenir tête, le verre en main, à n'importe quel buveur et sans en être incommodée elle-même. Il en avait coûté cher à certains qui l'avaient mise au défi, quand ils avaient dû payer la dépense.
Pour le moment, il n'en était aucunement question. Cocardasse ne l'avait pas provoquée à une de ces beuveries épiques comme nous en avons vu une entre le Bossu et Chaverny, et si l'on avait vidé déjà pas mal de flacons, ce n'était que pour se maintenir le gosier frais.
Certes, Yves de Jugan et Raphaël Pinto n'eussent pas mieux demandé que de voir l'hôtelière absolument ivre ; mais ils n'étaient pas de taille à se mesurer avec elle, et quant à engager Cocardasse à le faire, ils n'y songeaient en aucune façon.
Leur plan était d'amener les prévôts à une demi-ébriété qui se bornerait à paralyser une partie de leur volonté et pouvoir ainsi les entraîner au dehors au moment opportun.
Ils avaient lieu d'être satisfaits en ce sens : le nez du Gascon commençait à s'émerillonner assez joliment et le Normand sentait des bouffées de chaleur lui monter à la tête.
Cependant la Paillarde et Mathurine gênaient singulièrement leurs projets, et s'ils avaient trouvé le moyen de se débarrasser de la première, il n'en était pas ainsi de la seconde. Leur perplexité se fût même doublée s'ils eussent pu savoir qu'elle les surveillait de si près.
Depuis un instant, l'hôtelière clignait des paupières, bâillait à tout instant et faisait des efforts surhumains pour réagir contre le sommeil.
¿ C'est singulier, dit-elle en se frottant les yeux ; il me semble que j'ai envie de dormir, ma tête est lourde comme du plomb.
C'était étrange, en effet, de voir cette femme, qui ne cédait jamais devant ce qui était contraire à sa volonté, se débattre contre une somnolence invincible.
Elle se leva, s'élira les membres, fit quelques pas dans la salle et, attribuant cet engourdissement moins encore à l'immobilité à laquelle elle s'était astreinte qu'à ce qu'elle venait de boire, elle avala coup sur coup deux grands verres d'eau.
Le remède fut inefficace. Il lui parut que ses jambes étaient molles comme de la laine ; elle revint s'asseoir, essaya de plaisanter avec Passepoil. Sa langue s'empâtait à mesure, sa tête vacillait de droite à gauche. Elle avait la physionomie d'une personne prise d'ivresse et Mathurine la considérait du coin de l'oeil avec un étonnement mêlé de défiance.
Enfin la Paillarde n'eut plus la force de parler ; toute résistance étant devenue inutile, elle s'endormit sur la table dans le creux de ses bras.
Si l'on eût demandé à Yves de Jugan la raison du regard de triomphe qu'il échangea avec son acolyte, peut-être n'eût-il pas voulu la donner.
Or, il est nécessaire que le lecteur la connaisse, et la voici dans toute sa simplicité :
Pendant que Mathurine était descendue à la cave, que Cocardasse avait le nez dans son gobelet et que Passepoil se faisait cajoler par l'hôtelière, Jugan avait glissé dans le verre de celle-ci une sorte de pilule rosée à peine grosse comme un pois et qui s'était dissoute instantanément.
C'était Gauthier Gendry qui la lui avait remise. À cette époque où l'on avait souvent besoin d'endormir les gens pour un prétexte rarement honnête, il était dans certains quartiers des apothicaires clandestins qui faisaient commerce de ces petits bonbons sans danger pour la vie. Ils y gagnaient certes plus gros qu'à donner des clystères et n'avaient pas que des bandits pour clients. Ils étaient aussi visités par de fort jolies dames qui voulaient être bien sûres que leurs maris dormiraient alors qu'elles seraient ailleurs ; et, pour elles, le prix des pilules variait à l'infini selon la richesse de leur mise.
Gendry en avait eu quelques-unes à bon compte et sa première idée avait été de les utiliser pour les prévôts. Toutefois, il avait craint qu'elles n'eussent aucun effet sur Cocardasse, ce en quoi il avait peut-être eu raison.
¿ Continuons notre jeu, dit Pinto ; la belle se réveillera dans un instant. C'est autant de sols qu'elle ne nous gagnera pas.
¿ Peut-être que demoiselle Mathurine a soif, opina Jugan, et ce serait poli à nous de l'inviter à boire quelques rasades en notre compagnie.
¿ Coquin de sort ! Amable, cette idée elle aurait dû te venir. Il ne faut pas que le beau sexe ici présent il souffre¿
¿ Non ! oh ! non, susurra Passepoil en risquant un coup d'oeil langoureux du côté où se tenait la Cauchoise. Nous sommes ici pour nous amuser, amusons-nous. Viens un peu, belle enfant, car au rubis du vin je préfère cent fois celui de ta joue !
Maintenant que la Paillarde dormait à poings fermés, ce volcan de frère Amable pouvait risquer une déclaration à Mathurine, dont l'autre lui avait fait tout à l'heure un dangereux éloge. Aussi, depuis qu'il avait licence de la regarder en détail, commençait-il à la trouver de son goût, beaucoup mieux même que sa maîtresse.
Il ne la mettait pas encore cependant au niveau de Mlle Cidalise, qui représentait pour lui le summum des grâces féminines. On ne compare pas une servante de cabaret à une beauté de l'Opéra, alors que celle-là sent l'oignon et que l'autre fleure le benjoin. N'empêche que si l'inflammable prévôt eût vu devant lui Mathurine en toilette de Cidalise, il eût sans doute été fort embarrassé de choisir.
La servante, de son côté, n'avait plus à se cacher pour regarder Passepoil. Un trait d'union mystérieux entre ces deux enfants de Normandie semblait maintenant se dessiner par-dessus le dos de la dormeuse. Le physique assez peu avantageux de l'amoureux falaisien exerçait sur elle une si incompréhensible tentation et sa voix douceâtre lui paraissait si enivrante que Mathurine eut besoin de faire un violent effort sur elle-même pour ne pas se rendre à l'invitation du prévôt ; d'autant plus qu'en se rapprochant de lui, elle eût réalisé une partie de ses projets en lui glissant à l'oreille un avis salutaire.
Détails de conformité du produit
Personne responsable dans l'UE