Fromont Jeune et Risler aîné - ALPHONSE DAUDET
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- eBook- Madame Chèbe !
- Mon garçon?
- Je suis content?
C'était bien la vingtième fois de la journée que le brave Risler disait qu'il était content, et toujours du même air attendri et paisible, avec la même voix lente, sourde, profonde, cette voix qu'étreint l'émotion et qui n'ose pas parler trop haut de peur de se briser tout à coup dans les larmes.
Pour rien au monde, Risler n'aurait voulu pleurer en ce moment, - voyez-vous ce marié s'attendrissant en plein repas de noces ! - Pourtant il en avait bien envie. Son bonheur l'étouffait, le tenait par la gorge, empêchait les mots de sortir. Tout ce qu'il pouvait faire, c'était de murmurer de temps en temps avec un petit tremblement de lèvres : « Je suis content? Je suis content? »
Il avait de quoi l'être, en effet. Depuis le matin, le pauvre homme se croyait emporté par un de ces rêves magnifiques dont on craint de se réveiller subitement, les yeux éblouis : mais son rêve, à lui, ne semblait jamais devoir finir. Cela avait commencé à cinq heures du matin, et à dix heures du soir, dix heures très précises à l'horloge de Véfour, cela durait encore?
Que de choses dans cette journée, et comme les moindres détails lui restaient présents ! Il se voyait au petit jour, arpentant sa chambre de vieux garçon dans une joie mêlée d'impatience, la barbe déjà faite, l'habit passé, deux paires de gants blancs en poche? Maintenant voici les voitures de gala, et dans la première là-bas, celle qui a des chevaux blancs, des guides blanches, une doublure de damas jaune, la parure de la mariée s'apercevant comme un nuage? Puis l'entrée à l'église, deux par deux, toujours le petit nuage blanc en tête, flottant, léger, éblouissant? L'orgue, le suisse, le sermon du curé, les cierges éclairant des bijoux, des toilettes de printemps? et cette poussée de monde à la sacristie, le petit nuage blanc, perdu, noyé, entouré, embrassé, pendant que le marié distribue des poignées de mains à tout le haut commerce parisien venu là pour lui faire honneur? Et le grand coup d'orgue de la fin, plus solennel à cause de la porte de l'église large ouverte qui fait participer la rue entière à la cérémonie de famille, les sons passant le porche en même temps que le cortège, les exclamations du quartier, une brunisseuse en grand tablier de lustrine disant tout haut : « Le marié n'est pas beau, mais la mariée est crânement gentille? » C'est cela qui vous rend fier quand on est le marié?
Ensuite le déjeuner à la fabrique, dans un atelier orné de tentures et de fleurs, la promenade au Bois, une concession faite à la belle-mère, madame Chèbe, qui, en sa qualité de petite bourgeoise parisienne, n'aurait pas cru sa fille mariée sans un tour de lac ni une visite à la cascade? Puis la rentrée pour le dîner, pendant que les lumières s'allumaient sur le boulevard, où les gens se retournaient pour voir passer la noce, une vraie noce cossue, menée au train de ses chevaux de louage jusqu'à l'escalier de Véfour.
Il en était là de son rêve. À cette heure, engourdi de fatigue et de bien-être, le bon Risler regardait vaguement cette immense table de quatre-vingts couverts, terminée aux deux bouts par un fer à cheval, surmontée de visages souriants et connus, où il lui semblait voir son bonheur reflété dans tous les yeux. On arrivait à la fin du dîner. La houle des conversations particulières flottait tout autour de la table. Il y avait des profils tournés l'un vers l'autre, des manches d'habit noir derrière des corbeilles d'asclépias, une mine rieuse d'enfant au-dessus d'une glace aux fruits, et le dessert au niveau des visages entourait toute la nappe de gaieté, de couleurs, de lumières.
Oh ! oui, Risler était content. À part son frère Frantz, tous ceux qu'il aimait se trouvaient là. D'abord, en face de lui, Sidonie, hier la petite Sidonie, aujourd'hui sa femme. Pour dîner, elle avait quitté son voile ; elle était sortie de son nuage. À présent, de la robe de soie toute blanche et unie montait un joli visage d'un blanc plus mat et plus doux, et la couronne de cheveux - au-dessous de l'autre couronne si correctement tressée - vous avait des révoltes de vie, des reflets de petites plumes ne demandant qu'à s'envoler. Mais les maris ne voient pas ces choses-là.
Après Sidonie et Frantz, ce que Risler aimait le plus au monde, c'était madame Georges Fromont, celle qu'il appelait « madame Chorche », la femme de son associé, la fille de défunt Fromont, son ancien patron et son dieu. Il l'avait mise près de lui, et dans sa façon de lui parler on sentait de la tendresse et de la déférence. C'était une toute jeune femme, à peu près du même âge que Sidonie, mais d'une beauté plus correcte, plus tranquille. Elle causait peu, dépaysée dans ce monde mêlé, s'efforçant pourtant d'y paraître aimable.
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