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Le petit trappeur - Emma Faucon

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      Présentation Le Petit Trappeur de Emma Faucon

       - eBook

      eBook - Emma Faucon 15/08/2020
    • Format : Epub2
    • Auteur(s) : Emma Faucon
    • Editeur : Gilbert Terol
    • Langue : Français
    • Parution : 15/08/2020
    • Format : Epub2
    • Compatibilité : Windows, Desktop, Android, Liseuse, iOS
    • ISBN : 1230004125334



    • arrivée dans la tribu. ? adoption.

      C'était un homme fort et vigoureux, âgé d'environ vingt-cinq ans et dont les traits respiraient la franchise et l'audace. Ses vêtements, déchirés et souillés de sang, étaient riches et ornés de plumes et de perles ; les dents et les griffes d'ours gris qu'il portait en collier indiquaient qu'il était un habile chasseur. Les queues de loup qui formaient sa coiffure et tombaient sur les reins, ainsi que les bandes tatouées de son bras droit, étaient les marques qui distinguaient un guerrier intrépide, et les plumes d'aigle, dont une aigrette paraît son front, révélaient sa dignité de chef.

      Ce n'était pas un Pied-Noir, je les avais vus de trop près pour m'y méprendre ; ce n'était pas un Sioux, la forme de son mocassin était différente ; ce n'était pas un Pawnie, la figure d'une tortue tatouée sur sa poitrine n'appartenait pas à cette tribu, et je me perdais en conjectures quand il se réveilla.

      Le dîner était prêt et nous commençâmes à manger ; nous en avions besoin tous les deux.

      L'Indien but et mangea en silence, et je remarquai que ses forces semblaient revenir. Cependant il ne put se lever et fut obligé de rester à la place où il était ; sa faiblesse était encore trop grande.

      Je lui dis alors en peu de mots, sans parler de mon aventure avec les Pieds-Noirs, car je ne savais pas à qui j'avais affaire, comment j'étais arrivé assez à temps pour le sauver au moment où il allait être mis en morceaux par le bison.

      Je me servais d'un dialecte assez commun dans les prairies et qui consiste en un mélange d'anglais, de français et de mots tirés de la langue des différentes tribus : ce langage sert surtout aux trappeurs dans leurs longues courses aventureuses, et je l'avais facilement appris en vivant près de Lewis.

      Il me comprit très-bien, écouta attentivement tout ce que je lui dis, et prenant ma main dans une des siennes en me posant la paume de l'autre sur la tête, il me dit ces quelques mots :

      « C'est bien, mon frère pâle est bon, il sera mon ami. »

      Et me faisant un geste plein de grâce et de dignité, il s'étendit à terre et s'endormit.

      Bientôt je l'imitai et je me laissai aller sans défiance au sommeil, à côté de cet homme sauvage que la reconnaissance avait fait mon ami et qui, faible et sans armes, se confiait entièrement à un étranger dont il jugeait les sentiments d'honneur égaux à ceux qu'il ressentait lui-même.

      À l'aube du jour, je fus réveillé par l'Indien, dont la blessure était cicatrisée et à qui le sommeil avait rendu les forces nécessaires pour regagner son village.

      Il me prit la main et me dit qu'après le service que je lui avais rendu, j'étais devenu pour lui un frère et qu'il ne voulait, ni ne pouvait me laisser seul avec d'aussi faibles armes que celles que je possédais, exposé aux dangereuses rencontres que je pouvais faire dans les prairies. Il m'engagea donc à le suivre à son village, où je serais accueilli avec joie.

      Je n'hésitai pas à accepter, car je sentais souvent un vide dans cette solitude où je me trouvais si heureux quand Lewis était près de moi, et puis c'était une occasion de voir de près et d'étudier les moeurs des Peaux-Rouges.

      Peut-être aussi la tribu dans laquelle j'allais entrer faisait-elle quelque commerce avec les Européens, et c'était encore un moyen de gagner une grande ville et d'y avoir des nouvelles de l'Europe.

      Je dis à l'Indien que j'acceptais son offre et que j'étais prêt à le suivre.

      Il se leva aussitôt, et sans prononcer un mot de plus, il se dirigea par un sentier tortueux jusqu'à une petite anse du bord de la rivière. Il pénétra dans les roseaux épais qui la bordaient, et je le vis bientôt reparaître traînant un canot dans lequel nous montâmes.

      Nous descendîmes le fleuve pendant un jour et une nuit, échangeant quelques rares paroles et passant notre journée alternativement étendue au fond du canot et fumant, pendant que l'un de nous faisait mouvoir les rames.

      Ce fut avec un bien vif plaisir que j'acceptai la pipe et le tabac que le chef indien me présenta. Depuis ma séparation de Lewis j'avais été privé de cette distraction, qui m'eût été si précieuse dans ma solitude.

      Le matin du second jour, la rivière, en faisant un coude brusque, me laissa voir, au milieu d'une plaine coupée de bouquets d'arbres, une réunion de huttes ; c'était le village où nous allions.

      Aussitôt que notre approche fut signalée, de grandes clameurs se firent entendre ; tous les habitants accoururent au bord de l'eau, et leur bruyante réception témoignait assez du respect et de la considération dont jouissait mon compagnon.

      J'étais l'objet de la curiosité générale et, il faut le dire, les regards fixés sur moi ne portaient pas tous l'expression de la bienveillance.

      Le chef débarqua, me prit par la main, et sans prêter attention aux acclamations de toute espèce, il écarta d'un geste la foule qui se pressait devant nos pas, et se dirigea lentement et avec dignité vers une hutte plus spacieuse que les autres et qui s'élevait au milieu du village. Je sus depuis que c'était celle du conseil.

      Cette hutte ou wigwam était large, elle était formée de quatre troncs d'arbres placés debout ; ils supportaient deux poutres mises en croix et une charpente formée de perches d'osier, le tout recouvert de terre.

      Dans le milieu était creusé un trou qui servait de foyer, et immédiatement au-dessus était une ouverture pour laisser sortir la fumée et pénétrer la lumière. Autour du wigwam étaient des réduits pour dormir, cachés par des tentures de peaux. En face de l'entrée était une espèce de trophée de guerre et de chasse, il était formé de deux têtes de buffles, peintes de couleurs éclatantes et surmontées de boucliers, d'arcs, de flèches et de différentes armes.

      En entrant dans la hutte, le chef me fit signe de m'asseoir sur une natte qui était réservée aux étrangers, et il se plaça vis-à-vis de moi sur une espèce de tabouret.





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