Le Disciple - PAUL BOURGET
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Présentation Le Disciple de PAUL BOURGET
- eBookLe célèbre philosophe était, en toute chose, d'une ponctualité méthodique. Parmi les maximes adoptées, à l'imitation de Descartes, dans le début de sa vie, se trouvait celle-ci : « L'ordre affranchit la pensée. » Il arrivait donc au Palais de Justice cinq minutes avant le moment fixé sur la cédule. Il dut attendre une demi-heure dans le corridor avant que le juge le fît appeler. Dans ce long couloir, aux longs murs nus et blancs, meublés de quelques chaises et de tables pour les garçons de service, les voix se faisaient basses comme dans toutes les antichambres officielles. 11 s'y trouvait six à sept personnes. Le savant avait pour voisin un honnête bourgeois et sa femme, commerçants de quartier, appelés pour une autre affaire, et très désorientés par cette rencontre avec la justice. La vue de ce personnage à la face rasée, aux yeux cachés par les verres sombres et ronds de ses lunettes, avec sa longue redingote et sa physionomie inexplicable, inquiéta ces gens au point de leur faire quitter la place où ils chuchotaient :
¿ « Il est de la police, » dit le mari à sa femme.
¿ « Tu crois ? » reprit la femme en regardant l'énigmatique et immobile figure avec terreur. Dieu ! qu'il a l'air faux ! ... »
Pendant que se jouait cette scène profondément comique, sans que l'observateur professionnel du coeur humain se doutât une seule minute de l'effet qu'il produisait, ni même qu'il y eût quelqu'un à côté de lui, le juge d'instruction causait avec un ami dans une petite pièce attenante à son cabinet. Embellie par les autographes et les portraits de quelques malfaiteurs fameux, cette pièce servait en même temps à M. Valette de chambre à toilette, de fumoir et aussi de retiro, quand il voulait bavarder hors de l'inévitable présence de son commis-greffier. Ce juge était un homme de moins de quarante ans, avec un joli profil, des vêtements coupés à la mode, des bagues aux doigts, enfin un magistrat de la nouvelle école. Dans la rue, avec son ruban de chevalier, son veston ajusté et son chapeau luisant, vous l'eussiez pris pour un boursier décoré à propos d'une émission. Il tenait à la main le papier sur lequel le savant avait écrit son nom, d'une écriture claire et toute liée, et il montrait cette signature à son ami, un simple homme de plaisir celui-là, et qui présentait cette physionomie à la fois effacée et nerveuse, comme il ne s'en rencontre qu'à Paris. Essayez d'y déchiffrer des goûts, des habitudes, un caractère ? C'est impossible, tant il a passé sur ce visage de sensations multiples et contradictoires. Ce viveur appartenait à l'espèce de ceux qui suivent les premières représentations, visitent les ateliers des peintres, assistent aux procès sensationnels, enfin qui se piquent d'être au courant, « dans le train, » comme on dit aujourd'hui. Après avoir lu le nom d'Adrien Sixte, il s'écria :
¿ « Bravo ! mes compliments, mon vieux Valette. C'est une vraie chance d'avoir à causer avec cet homme-là ! Tu connais son chapitre sur l'amour dans je ne sais plus quel bouquin ?... En voilà un qui connaît les femmes... Mais sur quoi diable as-tu à l'interroger ? »
¿ « Sur cette affaire Greslou, » dit le juge ; « il a beaucoup reçu le jeune homme, et la défense l'a cité comme témoin à décharge. On a lancé une commission rogatoire rien que pour cela. »
¿ « Quel dommage que je ne puisse pas le voir ! » dit l'autre.
¿ « Ça te ferait plaisir ? Rien de plus facile... Je vais le faire introduire... Tu t'en iras comme il entrera... En tout cas, c'est convenu pour ce soir, à huit heures, chez Figon. Gladys y sera, naturellement ? » ¿ « Convenu... Tu sais son dernier mot à Gladys. Comme nous reprochions devant elle à Perey de tromper Gustave : « Mais il faut bien qu'elle ait deux amants, puisqu'elle dépense par an le double de ce que chacun lui donne ! ... »
¿ « Ma foi, » dit Valette, « Je crois que celle-là en remontrerait sur la philosophie de l'amour à tous les Sixtes du monde et du demi-monde... »
Les deux amis rirent gaiement, puis le juge donna l'ordre qu'on appelât le philosophe. Le curieux, tout en prenant congé de Valette par une poignée de main et un nouveau : « À ce soir, huit heures très précises, » cligna de l'oeil derrière son monocle afin de mieux dévisager l'illustre écrivain qu'il connaissait pour avoir lu des extraits piquants de la Théorie des passions dans des articles de journaux. L'apparition du bonhomme à la fois excentrique et timide qui entrait dans le cabinet du juge avec la plus visible gène démentait si fort l'idée du misanthrope mordant, cruel et désabusé, ébauchée dans leur imagination, que les deux hommes, le boulevardier et le magistrat, échangèrent un regard de stupeur. Un sourire leur vint irrésistiblement aux lèvres, mais cela ne dura qu'une seconde. Déjà l'ami était parti. L'autre fit signe au témoin de s'asseoir sur un des fauteuils de velours vert dont était meublée cette pièce, ¿ luxe complété, à la manière administrative, par un tapis d'une moquette verte aussi et par un bureau d'acajou. La physionomie du juge d'instruction s'était remise au grave. Ces passages d'une altitude à une autre sont beaucoup plus sincères que ne l'imaginent ceux qui constatent ces contrastes de tenue entre l'homme privé et le fonctionnaire. Le parfait comédien social, et qui considère son métier avec un entier mépris, est un monstre heureusement très rare. Nous n'avons pus cette force de scepticisme au service de nos hypocrisies.
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