Keepsake des jeunes personnes - Comtesse Dash
- Collection: Oeuvres de Comtesse Dash
- Format eBook: Epub2 Voir le descriptif
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Avis sur Keepsake Des Jeunes Personnes de Comtesse Dash - eBook
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Présentation Keepsake Des Jeunes Personnes de Comtesse Dash
- eBookLa plus belle chosez de ce monde et celle dont généralement on sait le moins jouir, c'est la jeunesse. Tant qu'elle dure, on la croit éternelle. Il est impossible de supposer qu'une habitude si douce puisse avoir une fin, et l'on ne commence à s'apercevoir qu'elle s'envole que lorsqu'il n'est plus temps de la retenir. C'est une vérité dont nous sommes tous convaincus, nous qui pleurons nos beaux jours enfuis, nous qui vivons dans le passé et pour qui l'avenir a fermé ses portes d'airain. Malgré moi, cette idée me suit sans cesse ; je me rattache à mes souvenirs, je passe de longues heures à contempler les vieilleries qui m'entourent, dans lesquelles je retrouve l'histoire de ma vie, et chacun de ces souvenirs apporte après soi des regrets !
J'aime aussi, par cette même raison, les jeunes personnes ; c'est un miroir où je me trouve telle que j'étais autrefois, c'est une image de ce temps que je ne reverrai jamais. Je m'entoure de ces chères enfants ; elles viennent aussi volontiers dans ma retraite, elles regardent curieusement cette foule d'inutilités anciennes qui garnissent ma maison. Elles m'interrogent sur leur origine, sur leur usage ; alors ce sont des contes interminables qu'elles me font faire. Elles sont impitoyables et ne me font pas grâce d'un détail. Tantôt elles exigent l'histoire d'un portrait, tantôt celle d'un Chinois de porcelaine, elles veulent même connaître la biographie de mes bijoux.
Mon petit chien, ce cher Fanfreluche, dont la généalogie est plus en règle que celle de bien des maisons de France, est aussi le favori de mes jeunes amies. Elles le nourrissent de biscuits, elles lui mettent au cou des pompons roses, elles entrelacent des rubans dans les longues soies de ses oreilles qui touchent la terre, jusqu'à ce que l'animal volontaire et gâté, se lassant de leurs attentions, se réfugie dans sa maison couleur de rose, au milieu de ses dentelles et de son édredon, et leur montre sa double rangée de dents, pointues comme des aiguilles et blanches comme des perles. Alors elles le quittent en l'appelant grognon, en lui jetant des dragées qu'il ne daigne pas voir et courent chercher un autre jouet.
Je les suis de l'oeil, je ris de leur gaieté, je réponds à tout, je leur permets même un innocent pillage, tant qu'il ne s'attaque pas aux fétiches de mes souvenirs, ce charmant tumulte me plaît. Elles prétendent que je les amuse, quand je voudrais, au contraire, les remercier de ce que je fais pour elles. Ainsi se passent mes derniers jours, jusqu'à celui où je serai appelée à répondre devant Dieu. Il est temps qu'il arrive, je le vois sans peur, car il me rapprochera de tout ce que j'ai aimé, de tout ce que j'ai perdu. L'hiver dernier j'avais pris un jour, comme les élégantes, pour la réunion de mon charmant cercle. Elles venaient chercher chez-moi une collation friande et une histoire, c'était notre convention. Bien plus, il avait fallu leur promettre de m'habiller ce jour-là avec mes anciens costumes. J'ai toujours conservé la poudre, je mettais plus de soin dans mes coiffures ; je portais des bonnets d'autrefois ; dont la forme leur semblait si gracieuse qu'elles en prirent le modèle. Mes belles robes de damas ou de Dauphine faisaient le sujet de leur admiration ; elles s'étonnaient que je les eusse si bien conservées. Plus tard elles comprendront comment j'y ai donné tant de soin.
Elles se plaignaient un soir, au moment du jour de l'an, de voir offrir à leurs mères tant de beaux livres à gravures, tant de keepsakes, dont les nouvelles devaient être bien amusantes, à en juger par les vignettes.......
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