En marge des marées - Joseph Conrad
- Format eBook: Epub2 Voir le descriptif
Vous en avez un à vendre ?
Vendez-le-vôtreSynchronisez votre eBook et retrouvez-le dans votre bibliothèque Kobo
- Payez directement sur Rakuten (CB, PayPal, 4xCB...)
- Récupérez le produit directement chez le vendeur
- Rakuten vous rembourse en cas de problème
Gratuit et sans engagement
Félicitations !
Nous sommes heureux de vous compter parmi nos membres du Club Rakuten !
TROUVER UN MAGASIN
Retour
Avis sur En Marge Des Marées de Joseph Conrad - eBook
0 avis sur En Marge Des Marées de Joseph Conrad - eBook
Les avis publiés font l'objet d'un contrôle automatisé de Rakuten.
-
L'âme Du Guerrier
8,99 € eBook
-
Le Coeur Des Ténèbres
0,99 € eBook
-
Typhon
1,99 € eBook
-
Lord Jim
2,99 € eBook
-
Jeunesse, Suivi Du Coeur Des Ténèbres
1,99 € eBook
-
Au Coeur Des Ténèbres
5,99 € eBook
-
Au Coeur Des Ténèbres
7,49 € eBook
-
Sous Les Yeux D'occident
2,99 € eBook
-
Le Frère-De-La-Côte
2,99 € eBook
-
Lord Jim
2,99 € eBook
-
La Rescousse
3,49 € eBook
-
Typhon
1,99 € eBook
-
Lord Jim
2,99 € eBook
-
Jeunesse
1,99 € eBook
-
L'agent Secret
2,99 € eBook
-
Au Coeur Des Ténèbres
1,99 € eBook
-
Au Coeur Des Ténèbres (Traduit)
3,99 € eBook
-
Au Coeur Des Ténèbres (Version Française + Biographie De L'auteur)
6,32 € eBook
-
Le Nègre Du "Narcisse
1,49 € eBook
-
La Rescousse
1,49 € eBook
Produits similaires
Présentation En Marge Des Marées de Joseph Conrad
- eBookL'AUBERGE DES DEUX SORCIÈRES
(UNE TROUVAILLE)
Cette histoire, épisode, aventure, ¿ appelez-la comme vous voudrez ¿ fut relatée vers 1850, par un homme, qui, de son propre aveu, avait à cette époque soixante ans. Soixante ans n'est pas un mauvais âge, sinon quand nous en envisageons la perspective ; ce que nous faisons, pour la plupart, avec des sentiments très mitigés. C'est un âge calme ; la partie est à peu près terminée ; et se tenant à l'écart, on commence à se rappeler, avec une certaine animation, l'habile homme qu'on a su être. J'ai observé que, par une aimable attention de la Providence, beaucoup de gens commencent, à soixante ans, à prendre d'eux-mêmes une vue assez romanesque. Il n'est pas jusqu'à leurs déceptions qui n'empruntent le charme de ressources spéciales. Et s'il est vrai que les espérances sont une attrayante compagnie, des formes exquises et passionnantes, ce ne sont, somme toute, que des formes nues et dépouillées. Les robes magiques ne sont heureusement la propriété que de l'immuable passé qui, sans elles, demeurerait accroupi comme une pauvre chose frissonnant sous l'amoncellement des ombres.
Ce fut probablement le romanesque de cet âge avancé qui incita notre homme à relater son aventure, pour sa propre satisfaction ou pour l'émerveillement de sa postérité. Ce ne fut certainement pas pour sa gloire, car cette aventure fut celle d'une épouvantable peur, d'une véritable terreur, ainsi qu'il le dit lui-même. On aura déjà compris que l'histoire à laquelle il est fait allusion dans ces toutes premières lignes fut consignée par écrit.
C'est précisément cet écrit qui constitue la trouvaille indiquée dans le sous-titre. Le titre lui-même est de mon cru, (je ne peux pas dire de mon « invention » ) et il a le mérite de la vérité. Il s'agit en effet d'une auberge ; quant aux sorcières, si conventionnel que soit ce terme, il faut reconnaître qu'il s'applique parfaitement ici.
Je fis cette trouvaille dans une caisse de livres que j'avais achetés à Londres, dans une rue qui a disparu, chez un bouquiniste au dernier degré du délabrement. Pour ce qui est des livres, ils ne valaient pas cher, et, après examen, ne méritaient même pas le peu d'argent que j'y avais mis. J'en avais probablement l'intuition quand j'avais dit : « Donnez-moi la caisse avec. » Le bouquiniste en délabre y avait consenti, d'un geste tragique et résigné qui trahissait sa disparition prochaine.
Un tas de pages volantes au fond de la caisse n'excita d'abord que faiblement ma curiosité. L'écriture nette, serrée, régulière, n'était guère attrayante à première vue. Mais à un endroit le fait qu'en 1813 le narrateur avait vingt-deux ans, attira mon attention. C'est un âge intéressant que vingt-deux ans ; on y est facilement imprudent et facilement effrayé, car à cet âge-là on réfléchit peu et l'imagination est vive.
À un autre endroit, la phrase : « À la nuit, nous courûmes une bordée vers la terre¿ » me frappa, parce que c'était une expression de marin : « Voyons un peu ce que c'est », pensai-je, sans grand enthousiasme.
Mon Dieu, que ce manuscrit avait l'air ennuyeux, chaque ligne ressemblant à l'autre dans sa minutie régulière. On eut dit le bourdonnement d'une voix monotone. Un traité sur le raffinage du sucre (et peut-on imaginer un sujet plus assommant) aurait eu une apparence plus vivante. « En 1813, j'avais vingt-deux ans. » C'est ainsi qu'il commence et il va son chemin avec l'application la plus calme et la plus terrible du monde. N'allez pas croire que ma trouvaille eut quoique ce fût d'archaïque. L'ingénuité diabolique dans l'invention, si elle est aussi vieille que le monde, n'est cependant pas un art défunt. Songez comment les téléphones se chargent de supprimer le peu de tranquillité d'esprit dont nous jouissons dans le monde, et combien il faut peu de temps à une mitrailleuse pour nous faire sortir la vie du corps. De nos jours une vieille sorcière chassieuse, qui a assez de force pour tourner une petite manivelle de rien, vous met par terre une centaine de jeunes gens de vingt ans en un clin d'oeil.
Si ce n'est pas là du progrès ! Immense ! Nous avons fait du chemin, aussi devez-vous vous attendre ici à une certaine naïveté d'invention et à une simplicité d'intention qui dénotent le temps jadis. Il est bien certain qu'aucun automobiliste ne peut plus espérer rencontrer aujourd'hui une pareille auberge. Celle-ci, celle du titre, se trouvait en Espagne. Je n'ai découvert cela que par le contexte, car il manquait à ce récit un bon nombre de pages ; ce n'était peut-être pas, d'ailleurs, une grande perte, après tout. L'écrivain semble être entré dans des détails circonstanciés sur le comment et le pourquoi de sa présence sur cette côte, la côte septentrionale d'Espagne. Pourtant son aventure n'a rien à faire avec la mer. Autant qu'il m'est possible de l'affirmer, il était officier à bord d'une corvette. Tout cela n'a rien d'étonnant. À toutes les époques de notre longue guerre dans la Péninsule, un certain nombre de nos petits bâtiments de guerre croisaient sur la côte septentrionale d'Espagne, station la plus dangereuse et la plus désagréable qui soit, d'ailleurs.
Il semble bien que son navire ait eu une mission spéciale à remplir. On pouvait attendre de notre homme une soigneuse explication de toutes les circonstances, mais, comme je l'ai dit, plusieurs pages (du bon papier solide) manquaient ; c'était parti en couvertures de pots de confitures ou en bourre pour les fusils de chasse de son irrespectueuse postérité. Il est évident en tout cas que les communications avec le rivage, et même l'envoi de messagers à l'intérieur faisaient partie de son service, soit pour en obtenir des renseignements, soit pour transmettre des ordres ou des conseils aux patriotes Espagnols, aux « guérilleros » ou aux sociétés secrètes de la province ; ce devait être quelque chose de ce genre. C'est du moins ce qu'il est permis de déduire de ce qui nous est resté de ce consciencieux écrit.
Détails de conformité du produit
Personne responsable dans l'UE