Jeanne - GEORGE SAND
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Présentation Jeanne de GEORGE SAND
- eBookEnviron quatre ans après cette aventure, M. Guillaume de Boussac repassait pour la première fois au pied du mont Barlot, sur lequel s'élèvent les pierres jomâtres ; et, en regardant de loin ces monuments druidiques, en se souvenant d'y avoir été conduit jadis deux ou trois fois par des parties de chasse au temps des vacances, il ne se rappelait nullement la prétendue druidesse dont la main avait reçu son aumône. Cette futile circonstance était sortie de sa mémoire et n'y revint que longtemps après.
Le jeune baron de Boussac, d'aimable et folâtre collégien, était devenu un charmant jeune homme, encore rose et blanc comme une demoiselle, au dire des gens du pays, mais assez robuste pourtant, et d'une physionomie plutôt sérieuse qu'enjouée. Le temps et la réflexion avaient mûri son caractère, son extérieur et ses goûts. Il ne bornait plus ses promenades à l'exploration des pierres jomâtres, au delà desquelles il ne s'était guère aventuré autrefois ; maintenant il s'enfonçait dans les montagnes, monté sur un joli cheval anglais, et muni d'un léger porte-manteau qui annonçait des projets de voyage pour deux ou trois journées. Arrivé à son château de Boussac depuis moins d'une semaine, et s'ennuyant déjà de l'esprit arriéré de la petite ville, il avait embrassé sa mère, en la prévenant d'une absence dont elle avait de son côté promis, avec plus de tendresse que de sincérité, de ne prendre aucune inquiétude. La journée était superbe, le soleil du matin commençait à sécher la rosée sur les bruyères ; notre jeune chercheur d'aventures ne pouvait se faire d'illusions sur le confortable des gîtes qui l'attendaient. On lui avait vanté les beaux points de vue et les antiquités du pays plus que les auberges, et il se promettait de supporter en stoïcien, sinon tout à fait en chrétien, les fatigues et les privations d'une excursion poétique dans un pays inculte, dépeuplé et presque sauvage.
Guillaume n'était pas très-directement le descendant du fameux maréchal de Boussac, un des compagnons de la Pucelle, un des vainqueurs des Anglais, et des libérateurs de la France sous Charles VII. Pour justifier le principe que les grands noms ne doivent pas périr, le mariage d'une petite nièce de cette maison avait porté, au temps de Louis XIV, la seigneurie et le nom de Boussac dans une famille de bons gentilshommes du pays. Guillaume n'avait pas examiné de trop près son arbre généalogique ; comme bon nombre de nobles à l'époque de la Restauration, il avait ravivé dans son âme les idées chevaleresques, et, suppléant par la force de l'imagination à celle du sang, il croyait consciencieusement sentir celui des anciens preux couler, sans mélange, dans ses veines. C'était un brave jeune homme, un peu réservé de manières et très-sincère de coeur, sage comme un enfant de famille élevé sous les yeux d'une mère pieuse, enfin romanesque comme on l'était encore à vingt ans, il y a vingt ans. Cet heureux temps n'est plus. Aujourd'hui nos fils sont sceptiques et blasés sur les bancs du collège. Mais en 1820, on n'était que désespéré avec Werther, René ou le Giaour, et cela était infiniment préférable ; car on pratiquait le désespoir en amateur, et on le portait en homme de goût. Guillaume n'en était pas même au point de se croire malheureux ; il n'était que mélancolique, et il trouvait dans la poésie du Christianisme assez de belles inspirations pour se réfugier, sinon bien sérieusement, du moins très-sympathiquement, dans le sein d'une religion fraîchement remise à la mode. Ajoutons qu'il avait reçu certains bons principes de morale, qu'il avait de nobles instincts, que tout ce qui était lâche et bas lui répugnait, et qu'il avait lu trop de beaux livres pour ne pas se faire de sa destinée une sorte d'idéal romantique propre à le maintenir dans le respect, même peut-être un peu exagéré, de soi-même.
Perdu dans ses pensées et repassant dans son esprit les pompeuses descriptions de la Gaule poétique de Marchangy, il laissa sur sa gauche le camp romain de Soumans, et se dirigea, un peu à l'aventure, vers la montagne de Toull qu'il s'était promis de visiter avec attention, et qu'il n'avait jamais vue que de loin. En dépit des instances de sa mère, il n'avait voulu se faire accompagner d'aucun guide, d'aucun domestique, afin de mieux se livrer à ses impressions dans la solitude, et peut-être aussi de braver plus de hasards.
Il passa devant le mélancolique cimetière de Pradeau, jeté au flanc de la colline, comme un appel aux prières du voyageur, et se guidant sur les nombreuses croix de pierre blanche plantées, comme des vedettes, de distance en distance, pour prévenir les accidents au temps des neiges, il arriva enfin vers onze heures du matin au pied de la montagne de Toull.
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