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Avis sur Mémoires D'une Danseuse Russe de Emile Desjardins - eBook
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Présentation Mémoires D'une Danseuse Russe de Emile Desjardins
- eBook(publié en 1904) d'Émile Desjardins auteur d'ouvrages à caractère érotique (XIXe siècle - XIXe siècle)
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extrait:
RÉCIT D'UNE ORPHELINE
I
DÉBUTS PEU RAGOUTANTS
Je devins orpheline à l'âge de douze ans. Une tante, qui ne pouvait pas me voir en peinture, me conduisit dès le lendemain de l'enterrement de ma mère, dans un de ces orphelinats qui foisonnent à Moscou.
Dans celui où on m'avait emprisonnée, c'est le mot, nous étions une quarantaine de filles de dix à vingt ans. Quand elles avaient atteint cet âge, on les vendait au plus offrant, bien que plus d'une fut usée jusqu'à la corde, tellement on avait abusé d'elles de toutes manières.
La direction en était confiée à un vieux général en retraite, aidé dans sa surveillance par une gouvernante d'une quarantaine d'années, qui portait dans ses traits la méchanceté incarnée. Il y avait là, outre des orphelines, des filles de déportés, ou de simples soupçonnés, qui, lorsqu'on les relâchaient, après une longue détention, n'ayant pu faire la preuve, n'avaient pas besoin de s'informer auprès de la mère, quand ils réintégraient le domicile conjugal, de ce qu'était devenue leur fille, et ils n'osaient pas aller la réclamer, de peur d'être retenus de nouveau comme suspects.
On enseignait à coudre, à repasser, à faire le ménage. On nous faisait balayer chacune à notre tour, et servir de femme de chambre au vieux général et à la matrone, qui surveillait l'orphelinat. Le gouverneur et la femme obligeaient les filles à les servir toutes nues dans leur chambre, pour que rien ne les protégeât contre la correction immédiate qui atteignait n'importe où.
Les filles de chambre couchaient dans les appartements des maîtres. Quand je dis couchaient, je ne veux pas dire qu'elles y dormaient, elles y passaient la nuit dans un fauteuil enveloppées dans un peignoir de flanelle. L'hiver elles devaient alimenter le feu, et malheur à elles si le sommeil les gagnait sur le matin, et si le feu s'éteignait faute de l'avoir entretenu. Elles n'avaient rien pour le rallumer, et quand le dormeur ou la dormeuse se réveillait, ils ne pouvaient manquer de s'apercevoir que la veilleuse avait dormi.
Elles devaient enlever leur peignoir, et apporter l'instrument de correction qu'on leur désignait. Elles montaient sur le lit, où elles devaient s'agenouiller en tournant le dos, pour présenter leur postérieur au fouetteur ou à la fouetteuse, qui leur appliquaient trente-neuf coups de cordes sévères sur les fesses et les cuisses nues. Quelquefois c'était les verges qu'employaient les fouetteurs, jamais le martinet de cuir pour cette faute grave. Les pauvres filles, par quelles mains qu'elles fussent passées, avaient les fesses et les cuisses endommagées.
Cette façon lubrique de faire payer l'extinction des feux à un postérieur, qui gigotait lascivement sous les yeux des fouetteurs excités, les allumaient souvent dans l'organe du vieux général, et toujours dans celui de la matrone, que les fouettées devaient éteindre de la même façon chez tous les deux, en suçant celui du général, et en léchant celui de la gouvernante. Le feu du général s'éteignait après un jet de pompe, l'incendie de la fouetteuse après une heure de manoeuvre incessante.
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