Geneviève - ALPHONSE DE LAMARTINE
- Format eBook: Epub2 Voir le descriptif
Vous en avez un à vendre ?
Vendez-le-vôtreSynchronisez votre eBook et retrouvez-le dans votre bibliothèque Kobo
- Payez directement sur Rakuten (CB, PayPal, 4xCB...)
- Récupérez le produit directement chez le vendeur
- Rakuten vous rembourse en cas de problème
Gratuit et sans engagement
Félicitations !
Nous sommes heureux de vous compter parmi nos membres du Club Rakuten !
TROUVER UN MAGASIN
Retour
Avis sur Geneviève de ALPHONSE DE LAMARTINE - eBook
0 avis sur Geneviève de ALPHONSE DE LAMARTINE - eBook
Les avis publiés font l'objet d'un contrôle automatisé de Rakuten.
-
Cours Familier De Littérature - Volume 23
1,04 € eBook
-
Cours Familier De Littérature - Volume 01
0,90 € eBook
-
La Vie De Mahomet
19,99 € eBook
-
Cours Familier De Littérature - Volume 02
0,90 € eBook
-
La Jérusalem Délivrée
13,99 € eBook
-
César
4,99 € eBook
-
Guillaume Tell
2,99 € eBook
-
Gutenberg Et L'invention De L'imprimerie
4,49 € eBook
-
Cicéron
4,49 € eBook
-
La Jérusalem Délivrée
1,99 € eBook
-
La Jérusalem Délivrée
1,99 € eBook
-
Alphonse De Lamartine
4,99 € eBook
-
Graziella
1,99 € eBook
-
Graziella
4,25 € eBook
-
Méditations Poétiques Inédites
1,70 € eBook
-
Geneviève
3,49 € eBook
-
Méditations Poétiques - La Mort De Socrate
2,00 € eBook
-
Geneviève, Histoire D'une Servante
2,99 € eBook
-
Jocelyn - Épisode
3,49 € eBook
-
Poèmes Du Cours Familier De Littérature Et Autres Poèmes
1,70 € eBook
Produits similaires
Présentation Geneviève de ALPHONSE DE LAMARTINE
- eBookL'imagination est le miroir de la nature, miroir que nous portons en nous, et dans lequel elle se peint. La plus belle imagination est le miroir le plus clair et le plus vrai, celui que nous ternissons le moins par le souffle de nos inventions, celui que nous colorons le moins par les teintes artificielles et trop souvent fausses de notre propre fantaisie que nous appelons notre génie. Le génie ne crée pas, il retrace ; Dieu s'est réservé en tout la création. Homère, la plus vaste et la plus pathétique imagination qui ait jamais décrit la nature et fait palpiter le coeur humain, n'est qu'un copiste parfait. Ces couleurs qu'il délaie avec nos larmes sur sa palette ne sont que les couleurs que nous voyons tous et les larmes que nous versons tous. Son génie, c'est de les avoir mieux vues et mieux senties. Les poëtes, qu'on accuse d'être des assembleurs de fictions et des récitateurs de mensonges, sont les plus vrais de tous les hommes. Ils observent, ils sentent et ils écrivent ; ils changent les noms de leurs personnages : voilà toute leur invention ; mais si ces personnages n'étaient pas réels dans la nature, ils ne les auraient pas conçus, et s'ils ne les avaient pas conçus réellement dans leur imagination, ils ne les enfanteraient pas, ou ils n'enfanteraient que des monstres et des fantômes. Tout poëme est donc une vérité.
J'ai raconté, dans les Confidences, quelle était l'aventure vraie que j'avais récitée ou chantée à demi-voix dans ce poème domestique de Jocelyn. Les lecteurs des Confidences connaissent le pauvre et intéressant vicaire de village à qui j'ai donné, dans mes vers, le nom de Jocelyn ; ils connaissent la belle et touchante enfant du château de ***, à qui j'ai donné le nom de Laurence. Je ne me suis guère permis d'autre altération de la vérité dans ce petit drame, tableau de cheminée qu'on suspend à un clou de laiton dans sa chambre ou dans sa mansarde, et qu'on regarde par distraction, quand on a envie de se rappeler sa jeunesse, de rêver, de pleurer ou de prier.
Beaucoup d'oisifs, de jeunes hommes, de jeunes filles, m'ont écrit, de tous les coins du monde, à l'occasion de ce poëme qui a eu le seul succès qu'il pouvait avoir, un succès de coeurs malades, une gloire d'intimité, une immortalité de coin de feu, musa pedestris ! Tous ces coeurs touchés, toutes ces voix émues, toutes ces plumes tremblantes, me demandaient si ce drame était vrai, si Jocelyn avait vécu, si Laurence avait aimé et était morte ainsi, si je les avais connus, si j'avais eu en moi ou autour de moi les tristes et saintes confidences de leurs amours et de leurs malheurs ; s'il fallait s'y intéresser seulement comme à des personnifications imaginaires de sentiments nés de mes rêves, ou s'il fallait véritablement pleurer et prier sur leurs deux tombeaux, et s'y attacher comme à deux êtres qui avaient réellement vécu parmi nous, et qu'on pouvait espérer retrouver un jour aimants, aimés, heureux, dans une autre vie. O sainte naïveté des coeurs sensibles ! Ils ne veulent pas perdre leur sensibilité sur une fiction, et ils ont raison. Les larmes sont trop précieuses pour qu'on les répande ainsi sur des chimères, et sans qu'une ombre réelle au moins les entende tomber et les recueille là-haut. Tromper ces coeurs-là, c'est le crime sans rémission des poëtes, car c'est outrager la nature ; c'est tendre un piége à la mélancolie pour lui rire au visage ensuite ; quand elle pleure, c'est faire pleuvoir des larmes sur le sable pour arroser une illusion. C'est mal, et cela fait souvent un mal réel aux imaginations tendres que vous trompez ainsi. Car les âmes neuves et simples, et ce sont les plus belles, prennent souvent à coeur et au sérieux les sentiments avec lesquels le poëte joue ainsi. On connaît les sept ou huit suicides que Werther, cette ironie de Goethe, fit accomplir en Allemagne après l'apparition de ce beau livre.
On sait que Bernardin de Saint-Pierre fut obsédé toute sa vie par des interrogations épistolaires sur Paul et sur Virginie, et que les pèlerinages ont tracé un sentier au tombeau imaginaire sous les lataniers. Moi-même, dont les écrits sont bien loin d'avoir sur l'imagination de l'Europe cette contagion, j'ai eu cependant ma part de cette correspondance avec les âmes désoeuvrées et méditatives de mon temps. J'ai reconnu à des signes certains que j'avais touché quelquefois juste et fort. Le contre-coup a été souvent jusqu'à la passion et la colère. C'est ainsi qu'après avoir publié, l'année dernière, l'épisode de Graziella, histoire véritable où je me peins avec l'impartiale sévérité de la distance et du temps, j'ai reçu une foule de lettres signées ou anonymes, pleines de reproches sanglants, de malédictions et d'imprécations contre la dureté, la sécheresse et la légèreté de coeur dont je m'accuse moi-même dans ce récit envers cette belle et malheureuse enfant.
Après que les Confidences eurent répondu sur Laurence et sur Jocelyn, on m'a interrogé sur les détails accessoires du drame, sur les paysages, sur les personnages secondaires, sur le tisserand, sur l'évêque, sur l'ami, sur la servante, sur le chien enfin, et sur les oiseaux ; on a voulu savoir d'où venait cette pauvre Marthe, et où elle était allée après la mort du curé ; et si Marthe était son vrai nom ; et si sa bonté et son dévouement pour son maître n'étaient pas une invention aussi du poète, une couleur grise et douce à l'oeil dans le tableau, une harmonie calculée avec cette nature alpestre et cette vie sans espoir.
Détails de conformité du produit
Personne responsable dans l'UE