Yette - Thérèse Bentzon
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Présentation Yette de Thérèse Bentzon
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« Personne ne sera plus puni pour moi, pensa Yette. J'agirai seule. »
Elle ne confia même pas à Héloïse le nouveau projet qui avait germé dans son active petite cervelle, un projet plus désespéré que le premier, un projet de fuite ; mais, depuis lors et pendant huit jours, elle amassa soigneusement ce qui de ses repas pouvait se conserver, pensait-elle : fruits secs, biscuits, massepains, confitures. Ces menues provisions, serrées à mesure dans son pupitre, devaient lui suffire en voyage, et combien de temps durerait le voyage ? Elle n'en était pas bien sûre, car il lui faudrait sans doute en faire une partie à pied. La da avait donné plusieurs pièces d'or, dont Yette ignorait la valeur, pour venir de Saint-Nazaire à Paris ; or, elle ne possédait qu'un louis, et c'était à Saint-Nazaire qu'elle voulait retourner.
« Eh bien ! pensa Yette, j'irai par le chemin de fer le plus loin possible, et ensuite je marcherai. Mon paquet ne sera pas lourd, puisque je ne peux emporter de vêtements, sauf ceux que j'ai sur le dos ; il tiendra tout entier dans un mouchoir. Je me renseignerai en route sur les chemins à suivre. Il ferait froid la nuit pour dormir en plein air, mais on me donnera l'hospitalité dans les fermes. Je rencontrerai sans doute aussi des charrettes où l'on m'offrira de monter et qui m'épargneront quelques heures par-ci par-là. Ce n'est pas si loin Saint-Nazaire, nous sommes venues dans une journée. ¿ Yette ne calculait pas la vitesse d'un train direct à laquelle ne pouvait se comparer celle de ses jambes. ¿ Et une fois à Saint-Nazaire, reprenait-elle, je demanderai le capitaine du Cyclone. Je ne sais pas son nom, mais tout le monde doit connaître un si gros bateau. C'est un bon homme, celui-là ! Quand il sera au courant de tout ce que j'ai souffert chez ces vilaines gens, sur le compte desquels on a trompé mes pauvres parents, il m'emmènera de grand coeur à son bord, et, bien entendu, il ne souffrira pas que je paye ma place. Tout cela est très simple. La seule difficulté sera de sortir d'ici. »
Yette employa plusieurs récréations à examiner les murs du jardin, cherchant à y découvrir quelque brèche. Ils étaient, hélas ! d'une solidité désespérante et couronnés, par surcroît de précaution, tantôt de piques de fer, tantôt de tessons de bouteilles. Sur un seul point on avait négligé de les fortifier, sans doute pour épargner un lierre magnifique qui, mêlé à d'autres plantes grimpantes, avait revêtu du plus riche manteau de verdure la maçonnerie ailleurs toute neuve ; mais les rameaux du lierre n'étaient pas assez solides pour qu'on put s'y accrocher en grimpant. Yette étouffa un cri de joie ; la Providence lui venait en aide : une échelle laissée là par le jardinier, qui était en train de raccommoder le treillage, restait appuyée au mur !
« Pourvu qu'elle y soit encore à la récréation du soir ! » pensa Yette.
Elle avait choisi la récréation du soir pour l'accomplissement de son équipée, que la nuit, qui commence de bonne heure au mois de décembre, devait favoriser. Tout le temps de la classe elle guetta de son banc, situé près de la fenêtre, la bienheureuse échelle. Par cette fenêtre, Yette voyait encore autre chose, une chose qui l'inquiétait quelque peu. Dans l'après-midi, une neige épaisse s'était mise à tomber, la première neige de l'année. Yette n'en avait jamais vu, et son attention se partagea entre ce phénomène et l'échelle, de sorte qu'elle put, sans trop mentir, répondre à la sous-maîtresse qui lui demanda ce qu'elle regardait si obstinément au dehors :
«Je regarde tout ce sucre en poudre qui tombe des nuages. »
La gaieté que souleva cette idée naïve fit que Mlle Agnès ne poussa pas plus avant ses investigations. Le mauvais temps devait empêcher que la récréation se passât au jardin ; mais Yette, ayant demandé en grâce qu'on la laissât sortir pour voir de près la neige et y goûter un peu, disait-elle, obtint une permission spéciale dont, sans aucun remords, elle se promit d'abuser. ¿ « Je vous donne cinq minutes, » avait dit Mlle Agnès.
« Dans cinq minutes, pensa Yette, le coeur bondissant d'allégresse, je serai loin !¿ »
Elle, si frileuse d'ordinaire, ne sentit ni le froid ni l'humidité ; le linceul blanc qui couvrait tout le jardin ne l'effraya pas, il ne lui inspira que le désir frénétique de quitter au plus vite un pays où le ciel vous réservait de si horribles surprises. D'ailleurs, on avait parlé en classe de la manne des Israélites dans le désert, et elle persistait à croire que ces flocons, qui devaient avoir un goût sucré, seraient peut-être pour elle au besoin une ressource alimentaire. Tout d'une haleine, elle courut au vieux lierre. L'échelle était encore là. Yette fut vite au sommet en se cramponnant bravement de ses petites mains déjà rouges d'engelures aux bâtons chargés de neige. Une fois sur la crête, elle regarda devant elle et vit une grande rue déserte bordée de rares réverbères déjà allumés ; cette rue, si laide qu'elle fut, lui représenta tout ce qu'il y a au monde de plus beau : la liberté.
« Je n'ai qu'à tirer l'échelle et à l'appliquer de l'autre côté du mur, » se dit Yette avec intrépidité.
L'entreprise offrait plus de périls qu'elle ne pensait, l'échelle étant longue, assez lourde et l'équilibre difficile à garder. Déjà la voix de Mlle Agnès l'appelait à l'autre bout du jardin. Yette essaya cependant et parvint, en employant toute son adresse et toute sa force, à ébranler I'échelle, à la soulever même ; mais de là, hélas ! à l'attirer jusqu'à elle, il y avait loin ! Ses mains saignantes s'écorchaient aux aspérités du bois. Il lui fallut se débarrasser de son petit paquet. Elle le jeta dans la rue, sans s'apercevoir qu'un chien errant s'en saisissait au moment même, après l'avoir flairé.
« Yette ! » criait aux échos Mlle Agnès.
Au son de cette voix qui se rapprochait peu à peu, la peur la prit et elle donna une violente secousse qui faillit la faire tomber à la renverse ; l'instinct de la conservation l'amena naturellement à se retenir des deux mains au lierre ; elle lâcha du même coup l'échelle qui tomba bruyamment à plat dans l'allée du jardin, et sa fidèle Nana, qu'elle n'avait pu se résoudre à laisser derrière elle. Nana alla se briser sur le pavé de la rue. Au moment même, une grosse voix disait dans cette même rue : ¿ « Halte là ! » Yette, se retournant, vit un homme en uniforme et en képi, qui n'avait rien de commun avec le « gendarme ti bâton » dont on se moquait dans son pays. Il était aussi terrible que le « grosses bottes » en personne.
« Vous l'avez échappé belle, petite vaurienne, reprit le sergent de ville, j'ai cru vous ramasser en pièces comme votre joujou, ¿ il tenait la poupée, ¿ attendez ! attendez ! »
En même temps il tournait l'angle de la rue pour sonner sans doute à la porte du pensionnat.
« Je suis perdue, pensa Yette ; si je sautais ?¿ »
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