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Les Conquêtes du commandant Belormeau - Nalim

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      Présentation Les Conquêtes Du Commandant Belormeau de Nalim

       - eBook

      eBook - Nalim 11/03/2021
    • Format : Epub2
    • Auteur(s) : Nalim
    • Editeur : Gilbert Terol
    • Langue : Français
    • Parution : 11/03/2021
    • Format : Epub2
    • Compatibilité : Windows, Desktop, Android, Liseuse, iOS
    • ISBN : 1230004617556



    • Le commandant Belormeau avait été également reçu chez Michel Stenneverck, le filateur. Il trouva dans la maison de celui-ci plus de luxe que chez son frère, mais une moins grande liberté d'allures ; il aurait été tenté de s'en plaindre, s'il n'eût deviné, chez Valentine, un terrain extrêmement propice à ses entreprises sentimentales.

      La jeune fille avait-elle négligé de suivre le conseil de Minna ? N'avait-elle point prié Dieu d'éclairer sa route et la Vierge Marie de la garder de tout danger ? Avait-elle refusé d'entendre le cri d'alarme de son ange gardien ?

      Il faut le croire, car son âme traversait une de ces heures troubles et mauvaises qui passent, parfois, sur la jeunesse, comme des nuées d'orage sur le ciel de mai.

      Tendre, émotive à l'excès, mal défendue par une éducation trop douce, absolument inexpérimentée des choses de la vie, Valentine devait être la proie qui se jette, d'elle-même, dans les rets du chasseur.

      À l'appel romanesque de son coeur, en quête d'une émotion inconnue, la venue du commandant Belor-meau semblait répondre. Elle était tentée d'y voir une solution préparée par la Providence, et, il faut avouer, que le bel officier avait tout ce qu'il fallait pour achever de troubler ce coeur de jeune fille. Le danger devint d'autant plus grand que le commandant, avec sa facilité accoutumée, s'éprit lui-même de Valentine ; elle revêtait, à ses yeux, le charme par excellence ; elle l'admirait sans réserve et l'encens qui montait de ce coeur candide, lui était infiniment agréable.

      Il ne la voyait guère sans témoins ; toujours la mère ou l'aïeul étaient en tiers ; il ne pouvait, comme avec Minna, mettre directement, la conversation sur le thème qui l'occupait, mais ses yeux parlaient pour lui et tenaient à Valentine, un bien éloquent langage.

      Partout, elle rencontrait ce regard d'homme ; il la suivait, par la pièce, quand elle servait le café dans les tasses de porcelaine transparente, et quand elle sortait, il était bien rare qu'elle ne trouvât pas le commandant sur son chemin.

      La jeune fille éprouvait un trouble grandissant.

      Quoique les lèvres du commandant Belormeau fussent demeurées muettes, elle croyait à son amour, aussi fermement que si elle en avait reçu l'aveu.

      Dans la naïveté de son coeur, Valentine n'avait jamais pensé que ce sentiment pût être un passe-temps sans conséquence, un plaisir d'un instant. Pour elle, un grand amour, ne pouvait trouver, son aboutissement logique que dans le mariage ; elle vivait donc dans l'attente fiévreuse du jour, où le commandant demanderait sa main.

      Être sa femme !? Vivre de sa vie dans le monde brillant qu'il lui ferait connaître ! Cette évocation la grisait délicieusement. Cependant, la pensée de Philippe, qu'elle avait cru pouvoir chasser comme un souvenir importun, l'obsédait au milieu de ses rêves et prenait, dans sa conscience, la douloureuse acuité d'un remords.

      Valentine se gardait bien de laisser deviner ce qui se passait en elle. Dans sa mère, son grand-père, sa cousine, elle devinait d'instinctifs ennemis de son nouveau bonheur ; quant à Dieu, qui eût dû être son premier et intime confident, un malaise inexpliqué l'en éloignait.

      Il lui semblait qu'il représentait la cause de Philippe, comme étant celle du devoir et qu'il lui demanderait, si elle remettait son âme entre ses mains, le sacrifice du sentiment passionné qui l'avait subitement envahie.

      La jeune fille ne se sentait pas prête à l'accomplir.

      L'entourage de Valentine ne semblait rien deviner de ce qui l'agitait.

      Ses parents, par une aberration qui se retrouve chez beaucoup d'autres, ne faisaient pas de rapprochement entre l'homme mûr, de condition si différente de la leur, qu'était l'officier d'artillerie et la toute jeune fille qu'ils continuaient à considérer comme une enfant.

      Grand-père Frantz, en dépit de sa perspicacité, agissait de même. Il eut dressé l'oreille à un propos équivoque ; il se fut alarmé d'assiduités trop grandes ; le siège silencieux que le commandant entreprenait autour du coeur de Valentine échappa à ses vieux yeux.

      Il n'y avait que deux êtres qui eussent saisi, au vol, dès le début les espoirs de l'officier :

      Philippe qui, très fier et doutant de lui-même, s'effaçait devant le rival sans essayer de le combattre et Nanniche qui, femme et femme jalouse, avait flairé le roman avant même que le premier chapitre ne fût écrit.

      Si le fiancé, timide et attristé, se retirait sous sa tente, Nanniche ne l'imitait point.

      Elle multipliait les entrées dans la salle ; venait, avec un louable empressement, demander des ordres ou faire, à ses maîtresses, les communications les plus inattendues.

      Le commandant ne semblait pas la voir et Valentine, certes, ne la voyait point.

      Ah ! qu'elle planait loin de Nanniche !

      Mme Michel, plus portée à surveiller sa servante que sa fille ayant eu, jusqu'à ce jour, de bonnes raisons pour cela, détournait souvent ses yeux soup¬çonneux, du beau couple qui s'entretenait près de la fenêtre, pour suivre la ronde silhouette de la nièce de Catherine.

      C'était toujours à son beau-père qu'elle faisait part de ses observations.

      ? Avez-vous remarqué, mon père, comme Annette est insupportable ; dès que nous avons un visiteur, il lui faut trouver un prétexte pour entrer.

      ? Surtout quand le visiteur est le commandant Belormeau.

      ? Cela ne vous a pas échappé, mon père ? Cette fille est d'une effronterie.

      ? Que voulez-vous, ma bru, un chien regarde bien un évêque, comme on dit chez nous ; pourquoi Nan-niche ne regarderait-elle pas un officier si bien équipé ?

      Mme Michel lissa, de son doigt, son front soucieux.

      ? L'attitude du commandant est absolument correcte, reprit-elle ; pourtant, je me demande si au cours de ses allées et venues, dans la maison, il ne se laisse pas un peu arrêter par Nanniche.

      ? Vous vous faites des imaginations, ma bru ; un homme de ce rang n'a guère de familiarités avec une servante.





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