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La Daniela - GEORGE SAND

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      Présentation La Daniela de GEORGE SAND

       - eBook

      eBook - George Sand 28/10/2018
    • Format : Epub2
    • Auteur(s) : GEORGE SAND
    • Editeur : Gilbert Terol
    • Langue : Français
    • Parution : 28/10/2018
    • Format : Epub2
    • Compatibilité : Liseuse, iOS, Desktop, Android, Windows
    • ISBN : 1230002751900



    • ? Non, me dit-il, je ne saurais m'enivrer de ce qui enivre la jeunesse de mon temps ; et, si je ne découvre pas quelque chose qui me réveille et me passionne, je n'aurai pas de jeunesse. Ne me croyez pas lâche pour cela ; mettez-vous à ma place, et vous me jugerez avec indulgence. Vous appartenez à une génération éclose au souffle d'idées généreuses. Quand vous aviez l'âge que j'ai maintenant, vous viviez d'un souffle d'avenir social, d'un rêve de progrès immédiat et rapide qu'à la révolution de juillet, vous crûtes prêt à voir réaliser. Vos idées furent refoulées, persécutées, vos espérances déjouées par le fait ; mais elles ne furent point étouffées pour cela, et la lutte continua jusqu'en février 1848, moment de vertige où une explosion nouvelle vous fit retrouver la jeunesse et la foi. Tout ce qui s'est passé depuis n'a pu vous les faire perdre. Vous et vos amis, vous avez pris l'habitude de croire et d'attendre ; vous serez toujours jeunes, puisque vous l'êtes encore à cinquante ans. On peut dire que le pli en est pris, et que votre expérience du passé vous donne le droit de compter sur l'avenir. Mais nous, enfants de vingt ans, notre émotion a suivi la marche contraire. Notre esprit a ouvert ses ailes pour la première fois, au soleil de la République ; et tout aussitôt les ailes sont tombées, le soleil s'est voilé. J'avais treize ans, moi, quand on me dit : « Le passé n'existe plus, une nouvelle ère commence ; la liberté n'est pas un vain mot, les hommes sont mûrs pour ce beau rêve ; tu vas avoir l'existence noble et digne que tes pères n'avaient fait qu'entrevoir, tu es plus que l'égal, tu es le frère de tous tes semblables.»

      ? Est-ce ton oncle le curé qui te parlait de la sorte ?

      ? Non, certes. Mon oncle le curé, qui n'avait pas peur pour sa vie (c'est un homme brave et résolu), avait peur pour son petit avoir, pour son traitement, pour son champ, pour son mobilier, pour son cheval. Il avait horreur du changement, et, sans avoir ni ennemis ni persécuteurs, il rêvait avec effroi le retour de 93.

      » Quant à moi, je lisais les journaux, les proclamations, et j'entendais parler. Je buvais l'espérance par tous mes sens, par tous mes pores, et j'eus deux ou trois mois d'enfance enthousiaste qui furent ma seule, ma véritable jeunesse.

      » Puis vinrent les journées de juin, qui apportèrent l'épouvante et la colère jusqu'au fond de nos campagnes. Les paysans voyaient des bandits et des incendiaires dans tous les passants ; on leur courait sus, et mon pauvre oncle, si humain et si charitable, avait peur des mendiants et leur fermait sa porte. Je compris que la haine avait dévoré les semences de fraternité avant qu'elles eussent eu le temps de germer ; mon âme se resserra et mon coeur contristé n'eut plus d'illusions. Tout se résuma pour moi dans ce mot : Les hommes n'étaient pas mûrs ! Alors je tâchai de vivre avec cette pensée morne et lourde : La vérité sociale n'est pas révélée. Les sociétés en sont encore à vouloir inaugurer son règne par la force, et chaque nouvelle expérience démontre que la forme matérielle est un élément sans durée et qui passe d'un camp à l'autre comme une graine emportée par le vent. La vraie force, la foi, n'est pas née? elle ne naîtra peut-être pas de mon temps. Ma jeunesse ne verra que des jours mauvais, mon âge mûr, que des temps de positivisme. Pourquoi donc, hélas ! ai-je fait un beau rêve et salué une aurore qui ne devait pas avoir de lendemain ? Mieux eût valu vivre si loin de ces choses, que le bruit n'en fût pas venu jusqu'à moi ; mieux eût valu naître et mourir dans la pesante somnolence de ces gens de campagne qu'un changement quelconque trouble pendant un instant, et qui retombent avec joie dans les liens de l'habitude, sous le joug du passé.

      « Telle fut la rêverie douloureuse de mes années d'adolescence, augmentée des douleurs particulières que je vous ai racontées.

      » Aujourd'hui, j'arrive dans une société rapidement transformée par des événements imprévus, poussée en avant d'une part, rejetée en arrière de l'autre, aux prises avec des fascinations étranges, avec une pensée énigmatique à bien des égards, comme le sera toujours une pensée individuelle imposée aux masses. Je ne songe point ici à vous parler politique : les inductions qui s'appuient sur des éventualités de fait sont les plus vaines de toutes. Je me borne à chercher, dans l'avenir, une situation morale quelconque, à laquelle je puisse me rattacher, et, en regardant celle qui m'environne, je ne trouve pas ma place dans ces intérêts nouveaux qui captivent l'attention et la volonté des hommes de mon temps.

      ? Voyons, lui dis-je, j'ai très-bien compris tout ce qui t'a rendu triste comme te voilà. Cette tristesse, loin de me sembler coupable, me donne une meilleure opinion de toi ; mais il est temps d'en sortir, je ne dirai pas par un effort de ta volonté (il n'y a pas de volonté possible sans un but arrêté), mais par un plus grand examen de cette société actuelle que tu ne connais pas assez pour avoir le droit d'en désespérer.





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