Gwen, princesse d'Orient - Delly
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Avis sur Gwen, Princesse D'orient de Delly - eBook
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Présentation Gwen, Princesse D'orient de Delly
- eBookQuand la petite Gwen, autrefois, construisait en son esprit de merveilleux contes de fées, elle les situait souvent dans ce château de Kermazenc alors mystérieux pour elle. Tout un peuple de fées, de princesses, de princes chevaleresques avaient connu là les plus extraordinaires aventures. Mais elle n'avait rien imaginé qui fût semblable à celle qu'elle devait vivre plus tard, ni prévu que ce même château lui servirait de refuge et qu'elle devrait s'y cacher pour échapper à des ennemis inconnus.
Dougual l'y avait amenée, puis était reparti vingt-quatre heures plus tard. Depuis lors, elle errait comme une âme en peine dans l'immense demeure, dans le parc où elle avait connu les meilleurs moments de sa triste enfance. Comme le lui avait recommandé Dougual, pour qu'elle ne risquât pas d'être reconnue par les gardiens et les serviteurs bretons, elle portait le costume hindou et se voilait dès qu'elle quittait son appartement. Chaque jour, elle faisait une solitaire promenade dans le parc, revoyait les lieux qui lui rappelaient de chers souvenirs : le kiosque de marbre où le Prince charmant, une nuit de fête à Kermazenc, avait découvert une trop curieuse Cendrillon, ces allées où elle avait passé à son bras, tremblante de crainte et saisie d'un délicieux vertige. Dans le château, elle avait élu comme pièce préférée ce salon aux parois de laque rouge où Dougual l'avait amenée pour lui enlever son masque, et dont elle avait fui en courant, fonçant à travers le parc comme une biche poursuivie. Ses fenêtres donnaient sur un jardin garni d'arbres exotiques et qui avait, par son tracé, par son ornementation, quelques analogies avec certaines parties des merveilleux jardins de Pavala¿ Mais il y manquait le ciel tropical, l'atmosphère chaude où s'exhalaient de violents parfums. À cette époque, toute proche de l'automne, les jours étaient gris, pluvieux. C'était aussi le moment des tempêtes. Avec Dougual, Gwen se serait peu souciée du pire mauvais temps. Mais seule ¿ moralement seule du moins ¿ dans cette demeure inconnue, elle sentait une profonde tristesse la saisir, quoiqu'elle s'efforçât de la combattre par la lecture, la musique, des travaux d'aiguille.
Puis une angoissante curiosité la hantait. Qui était-il, cet ennemi dont Dougual ne pouvait la préserver qu'en la faisant fuir et se cacher ?
Un seul nom venait à son esprit : le comte de Penanscoët. Ce devait être un pressentiment, cette impression d'antipathie, d'effroi, ressentie en sa présence. Il voulait, sans doute, briser par la mort une union qui lui déplaisait¿ Mais quel homme odieux, quel criminel sans scrupules était-il donc, alors ?
Et combien, en ce cas, devait souffrir Dougual ? Elle s'expliquait sa mine assombrie, cet air durci, absorbé qu'il avait eu parfois, durant ce voyage et son court séjour ici. En l'embrassant une dernière fois, au départ, il lui avait dit avec une froide énergie :
¿ Ne crains rien, mon amour, personne ne pourra te nuire, moi vivant.
Mais quelle chose terrible de penser que celui contre qui il lui fallait défendre sa femme, c'était son père !
Car plus Gwen réfléchissait, moins elle doutait que son mystérieux ennemi ne fût Ivor de Penanscoët.
Puis il y avait encore, pour elle, l'appréhension de la formidable aventure dans laquelle se lançait Dougual. Il ne paraissait pas craindre l'insuccès. Tout, disait-il, était prévu, tout était prêt¿ Mais qui sait ? Peut-être échouerait-il, malgré tout, et alors à quels périls se heurterait-il ?
Elle avait en outre l'intuition, maintenant, de l'orgueil, de l'ambition qui existaient chez lui. Défauts héréditaires chez les Penanscoët, et que, sans doute, le comte et Appadjy avaient développés au maximum en celui dont ils voulaient faire le souverain du monde asiatique. Où le mèneraient-ils ? Ce n'était pas sans un frisson d'angoisse que Gwen se le demandait. À la révélation faite par Dougual, elle avait eu un moment d'enthousiasme et d'éblouissement. C'était l'esprit d'aventure des Dourzen qui parlait. Mais la réflexion, le bon sens avaient maintenant leur tour et lui montraient que Dougual, devenu empereur d'Asie, tout-puissant, idole adulée de millions d'hommes, ne serait plus le même pour elle.
Devait-elle donc souhaiter l'insuccès ? Non, car elle ignorait comment cette nature, par certains points encore peu connue d'elle, supporterait la désillusion. Puis quelle vengeance, quelles représailles pourraient s'exercer sur lui, de la part des nations ennemies ou des peuples fanatisés déçus dans leurs espoirs ?
Ainsi Gwen passait-elle dans une anxiété chaque jour grandissante les longues journées grises, dans le vieux château où elle était servie en princesse, entourée de soins et d'attentions par le Chinois Li-Hang et la Javanaise Pavali. Eux seuls l'approchaient. Les autres serviteurs ne la voyaient que de loin, passant, enveloppée dans ses voiles, à travers les appartements décorés avec magnificence, ou gagnant les jardins, le parc humide et sombre qu'elle parcourait mélancoliquement chaque jour.
Un soir, elle se rendit sur la grève, accompagnée à courte distance par Li-Hang, comme le lui avait recommandé son mari. Il ne pleuvait pas et l'air était doux, saturé d'émanations salines auxquelles se mêlait la senteur résineuse des pins qui bordaient la côte à cet endroit. Gwen entendait le bruit de la mer, qui montait à cette heure. Parfois, après le passage d'une longue suite de nuages, la lune un instant dévoilée jetait une blanche lueur sur les flots houleux, qui commençaient de déferler contre les rochers de la côte. Gwen marcha pendant un moment, un peu nerveusement, le long de la petite grève qui s'étendait au bas du parc de Kermazenc. Elle songeait : « Si le temps n'est pas mauvais demain, j'irai à Ti-Carrec en pèlerinage. Je reverrai le lieu où j'ai vécu avec ma mère tant aimée, où elle est morte, me laissant seule au monde. »
Et puis Gwen voulait aussi reprendre les seuls souvenirs qui lui restaient de sa mère : quelques bijoux contenus dans un coffret dissimulé dans une boiserie. Elle avait vu sa mère faire jouer le mécanisme secret, et, plus tard, lorsque, pauvre servante, elle venait en secret se recueillir et se réconforter dans la maison de son enfance, elle avait réussi à ouvrir la cachette. Elle avait laissé les bijoux, car elle ne voulait pas que sa marâtre, Blanche Dourzen, mît la main dessus, se réservant de les prendre à sa majorité.
Mariée et libre, elle pouvait maintenant le faire sans risque. Elle désirait fort les avoir, car, s'ils n'avaient que peu de valeur en comparaison de ceux qui lui avaient été offerts par Dougual, ils étaient tout ce qui lui restait de sa chère maman.
Dans la nuit humide et tiède, Gwen reprit le chemin du château. Li-Hang, à l'aide d'une lampe électrique, éclairait devant elle les sentiers du parc où les ténèbres étaient intenses, sous la voûte des feuillages enchevêtrés. Maintenant, elle souriait un peu en songeant aux Dourzen de Coatbez, qui ne se doutaient guère de sa présence si près d'eux. Et elle voyait par la pensée, à cette heure, Mlle Herminie assise dans son salon, un livre à la main, tandis que près d'elle sa fidèle bonne Macha travaillait à quelque ouvrage d'aiguille.
Ah ! quelle que fût la tristesse de sa situation présente, elle ne regrettait rien de ce passé ! Pendant un mois, elle venait de vivre des heures d'inoubliable bonheur. Pourvu que Dougual continuât de l'aimer, elle était prête à affronter toutes les épreuves, toutes les souffrances.
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