Le Bénéfice du doute - Jack London
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Avis sur Le Bénéfice Du Doute de Jack London - eBook
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Présentation Le Bénéfice Du Doute de Jack London
- eBookQuoique jouissant d'une honnête aisance, il s'était bien gardé de dissiper son énergie dans la frivolité des thés et des dîners mondains ; la fréquentation des actrices, des champs de course et les autres diversions de ce genre le laissaient complètement froid. Les problèmes éthiques l'absorbaient tout entier et il prétendait, à juste titre, jouer un rôle de réformateur social, bien qu'il se fût jusque-là borné à écrire des articles dans les revues sérieuses et à faire de solides et brillantes études sur les moeurs et les taudis de la classe ouvrière, réunies par lui et publiées en volumes. Parmi les vingt-sept ouvrages dont il était l'auteur figuraient, entre autres, les oeuvres suivantes : Si le Christ revenait à La Nouvelle-Orléans, L'Esclavage du Travailleur, La Réforme des habitations ouvrières à Berlin, Les Taudis ruraux d'Angleterre, Le Monde des Docks, La Réforme par l'évolution contre la révolution, Les Centres universitaires en tant que foyers révolutionnaires, et L'Homme des cavernes de la civilisation.
Carter Watson n'était ni un fanatique ni un esprit morbide. Les horreurs qu'il rencontrait sur sa route, qu'il étudiait et exposait, ne lui tournaient pas la tête. Il ne se laissait pas prendre aux flammes des vains enthousiasmes, et son sens de l'humour, appuyé d'une vaste expérience, d'un tempérament philosophique et conservateur, le préservait des folles exagérations. Les théories de réformes brutales, de changements catastrophiques, le faisaient sourire. À son sens, la société ne pouvait s'améliorer qu'à la longue, au cours des étapes pénibles et lentes de l'évolution. Pour lui, les raccourcis, les soudaines régénérations n'étaient que de chimériques utopies ; une humanité meilleure ne pouvait naître que des affres de la souffrance et de la misère, comme d'ailleurs en étaient sorties toutes les améliorations du passé.
Mais en cette fin d'après-midi d'été, la curiosité, chez lui, l'emportait. Il s'arrêta devant un débit de boissons d'aspect tapageur. Sur l'enseigne, au-dessus de la porte, on lisait : « LE VENDÔME. » II y avait deux entrées. L'une, visiblement, menait au bar. Il ne s'y engagea pas. L'autre donnait sur un étroit vestibule où il pénétra. Il vit une grande salle garnie de tables entourées de chaises et entièrement déserte. Dans la demi-obscurité, il aperçut un piano. Il se promit de revenir plus tard étudier sur place le genre d'individus qui devaient boire à ces nombreuses tables et il fit le tour de la pièce avant de sortir.
Tout au fond, un couloir s'ouvrait sur une petite cuisine, où, assis seul à une table, se tenait Patsy Horan, propriétaire du Vendôme, qui avalait, avec hâte, un morceau avant l'invasion de la clientèle du soir. Patsy Horan était de fort méchante humeur ; il s'était levé du pied gauche ce matin et rien n'avait bien marché de toute la journée. Ses garçons, si on le leur avait demandé, eussent déclaré qu'il n'était pas bon à prendre avec des pincettes. Mais Carter Watson ignorait ce détail. Tandis que le sociologue pénétrait dans le petit couloir l'oeil de Patsy Horan tomba sur le magazine.
Sous l'empire de sa colère, il s'imagina que l'inconnu était un de ces quidams qui abîmaient et dégradaient le mur de son arrière-boutique en y collant ou en y clouant des affiches. L'illustration en couleurs sur la couverture du magazine aggrava cette méprise et le convainquit que c'était une de ces réclames. Les choses se gâtèrent. Couteau et fourchette en main, Patsy bondit devant Carter Watson :
¿ Ouste ! mugit-il. Dehors ! et vite ! Je connais votre manège !
Carter Watson sursauta : l'homme avait bondi sur lui comme un diable surgissant d'une boîte à surprise :
¿ On vient me détériorer mes murs, hein ! Clama Patsy, en accompagnant ces mots de tout un chapelet d'injures.
¿ Si j'ai commis quelque faute, c'est bien sans le vouloir, je vous assure et¿
Le visiteur ne put en dire davantage, car Patsy l'interrompit :
¿ Fichez le camp ! assez dégoisé ! fit-il en brandissant son couteau et sa fourchette comme pour ponctuer cette injonction.
D'un coup d'oeil rapide, Watson vit cette fourchette prête à lui entrer dans les côtes. Comprenant qu'il n'y avait pas à raisonner avec ce forcené, il fît promptement demi-tour. Mais la vue de cet homme battant en retraite accentua sans doute la rage du digne commerçant, car, lâchant couteau et fourchette, il fonça sur lui.
Patsy pesait cent quatre-vingts livres : Watson également. Ils avaient ce point commun. Mais Patsy n'était qu'une brute, qu'un lourdaud batailleur de bar, tandis que Watson avait sur lui l'avantage de connaître la boxe. Patsy, sans prendre la précaution de se couvrir, fonça sur lui et lui appliqua un vigoureux swing de son poing droit. Il eût suffi à Watson de lui décocher un direct du gauche et de s'échapper. Mais Watson possédait une autre supériorité : sa science pugilistique et son expérience des bouges et des ghettos lui avaient enseigné à se contenir et à rester maître de lui-même.
Il pivota sur ses talons et, au lieu de frapper, évita en se baissant le poing de l'autre, et empoigna son adversaire dans un corps à corps. Patsy, qui chargeait comme un taureau, donna toute sa force d'impulsion, alors que Watson, en train de se retourner pour répondre à l'attaque, était au point mort. Résultat : tous deux allèrent s'étaler du poids total de leurs trois cent soixante livres. Watson, sous son agresseur, gisait contre le mur du fond de la grande salle, où sa tête avait porté. La rue était à plus de cent pas de là. Il réfléchit rapidement. Sa première pensée fut d'éviter les histoires. Il ne tenait pas à voir son nom publié dans les journaux de sa ville natale, où habitaient encore beaucoup de ses parents et d'amis de sa famille.
Il referma ses bras sur l'homme au-dessus de lui et le tint serré dans son étreinte, en attendant le secours qui ne pouvait manquer de lui parvenir, car on avait dû certainement entendre le bruit de la chute. En effet six individus accoururent du bar et se rangèrent en demi-cercle autour d'eux :
¿ Dégagez-moi, les gars ! Emmenez-le ! criait Watson. Je ne l'ai pas touché et je ne veux pas me battre.
Les autres demeurèrent silencieux. Watson, dans l'expectative, ne relâcha pas son étreinte et Patsy, après avoir vainement tenté à plusieurs reprises d'infliger des dégâts, fit une ouverture de paix :
¿ Lâche-moi et je te lâche !
Watson le lâcha, mais Patsy, à peine sur ses pieds, se pencha le poing levé sur son adversaire, toujours étendu :
¿ Debout ! clama-t-il d'une voix dure, implacable, telle la voix de l'Ange au Jugement dernier.
Watson comprit qu'il n'y avait aucune pitié à attendre de cette brute :
¿ Recule, et je me lève ! riposta-t-il.
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