La faute de Germaine - Joséphine Calmon
- Collection: Oeuvres de Joséphine Calmon
- Format eBook: Epub2 Voir le descriptif
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Avis sur La Faute De Germaine de Joséphine Calmon - eBook
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Présentation La Faute De Germaine de Joséphine Calmon
- eBookExtrait: LA FAUTE DE GERMAINE
- Albert arrive demain, dit ma tante, madame de Lermont, en achevant de lire une longue lettre, que la grande écriture ferme, ainsi que le timbre étranger, m'avaient fait aussitôt reconnaître pour être de mon cousin. Il arrive demain et j'espère que ce sera pour longtemps. Qu'en dites-vous, ma chère enfant ?
Je lui répondis en l'embrassant, car j'étais aussi contente qu'elle-même.
- Tenez, continua-t-elle en posant la lettre sur mes genoux, vous pouvez lire, Germaine, et même lire tout haut. Je serai heureuse d'entendre encore une fois cette bonne nouvelle.
Je m'empressai de faire ce qui m'était demandé, car Albert de Lermont est non seulement mon cousin, mais aussi mon fiancé. Nous avons été élevés ensemble, au sein d'une famille tendrement unie. Quand ma mère, qui était veuve, se vit, jeune encore, à la veille de mourir, elle nous fit agenouiller tous deux devant elle, et prenant ma main, la mit dans celle de M. de Lermont ; puis :
- C'est une grande consolation pour moi, dit-elle, en s'adressant à tous les siens, réunis autour d'elle en cet instant, de penser que je ne laisse pas ma fille seule en ce monde. Ma chère Germaine, ajouta-t-elle, en se tournant vers moi, ta tante m'a promis de devenir réellement ta mère en te mariant avec son fils. Albert vient de ralifier cette promesse et me jure d'être pour toi le plus tendre des maris. C'est donc l'âme en paix que je te quitte. Sois heureuse et sois bonne.
Ce furent ses dernières paroles. Quelques jours après, Albert mit une bague à mon doigt et m'embrassant :
- Je me considère désormais, Germaine, comme solennellement lié à vous. Je serai pour vous un ami, un protecteur, un époux, dont l'existence entière vous sera consacrée. Ne pleurez donc pas ; nous sommes deux pour toujours.
- Oui, répondis-je, en lui donnant la main, et c'est avec confiance que je vous engage ma vie.......
LA BUISSONNIÈRE
- C'est le nouveau médecin, se disaient l'un à l'autre les bonnes gens assis devant leur porte, les ménagères penchées à leur fenêtre, et les enfants jouant sur le trottoir.
- C'est le nouveau médecin, répétait-on tout en le saluant d'un air où la curiosité se mêlait à la bienvenue, tandis qu'il suivait d'un pas rapide et ferme la grande rue de la petite ville de Dominerais.
- Il est très jeune, observaient les uns.
- Il paraît un peu sévère, ajoutaient les autres.
- Est-il marié ? demandaient les femmes.
- Il aura grand'peine à remplacer notre pauvre cher docteur, murmuraient les vieillards en secouant la tête.
Et lui, un peu distrait, rendait les saluts à droite et à gauche ou donnait une petite tape, en passant, sur la joue des marmots.
C'était un homme d'une trentaine d'années que le docteur Mesnard, brun et de haute stature, les épaules un peu larges, la physionomie ouverte et bienveillante, le regard profond et chercheur de ceux qui observent. Sa tenue très simple était mêlée d'une certaine gravité, tandis que la coupe familière des vêtements donnait une sorte de bonhomie à l' ensemble de sa personne. On était au mois de juin ; les petits jardins embaumaient devant les maisons. Celles qui n'en avaient point s'en étaient créés aux fenêtres. Les roses et les résédas s'épanouissaient sur les étroits balcons, la glycine s'enroulait autour des grilles peintes, les clématites tapissaient les vieux murs ; par dessus les toits, le ciel radieux tendait son rideau d'azur, tandis que le soleil couchant disparaissait derrière les coteaux boisés que l'on apercevait au fond de l'horizon.......
GERTRUDE
Elle était lasse de lire et avait posé son livre sur ses genoux, pour suivre en rêvant ses pensées presque aussi vagues et aussi indécises que les teintes grisâtres du crépuscule, qui laissaient le salon dans une demi-obscurité pleine de charme. La porte s'ouvrit et, sans être annoncé, le comte Jean de Blomer entra.
- Enfin vous voilà, dit-elle en lui tendant la main.
- Est-ce que vous pensiez que je ne viendrais pas ? demandait-il,
- Je le craignais presque, car il m'a semblé hier que vous m'aviez quittée mécontent.
- Triste, plutôt.
- A-t-on le droit de l'être, lorsqu'on est aimé comme vous l'êtes ?
- On ne devrait pas ; mais croire n'est pas toujours facile.
- Alors vous doutez de ma tendresse pour vous ?
- En mes mauvais moments.
- Que faut-il donc faire ?
- A quoi bon vous le dire, puisque vous ne le voulez pas.
Il y eut un instant de silence. Elle s'était assise au coin du feu ; lui, debout devant la cheminée, se chauffait.
- Jean, reprit-elle, nous ne serons donc jamais heureux. Et pourtant, parfois il me semble que nous pourrions l'être beaucoup, que nous le sommes, lorsque nous ne gâtons pas notre bonheur par de vains regrets.
- Je m'étonne que ces regrets, vous ne les partagiez pas.
- Je les partage, dit-elle en hésitant un peu, et une légère rougeur vint animer son visage ordinairement pâle. Oui, il serait doux d'être à vous tout entière, de vous appartenir en réalité comme je vous appartiens au fond du coeur. Mais je ne saurais penser cependant que parce que cela ne se peut pas nous soyons absolument à plaindre et que nous devions reprocher à la destinée d'être cruelle envers nous. - Nous nous aimons d'un amour profond, sincère, que ne rebute aucun des obstacles qui nous séparent, et combien de coeurs qui sont unis par des liens matériels, ne le sont-ils pas cependant d'une manière moins intime, moins véritable que celle-là ? - Ne trouvez-vous pas que ce soit quelque chose que le sentiment ?............
LE MARIAGE DE MADELEINE
Ce n'était pas sans le gré de ses parents, mais un peu contre leur avis que Madeleine s'était mariée avec M. de Cérolles. Ils n'avaient pu s'empêcher de craindre que sa confiance ne fût téméraire, en livrant le soin de son bon bonheur à un homme aussi peu sérieux que l'était Gaston. Ils ne pouvaient oublier sa jeunesse orageuse, ses prodigalités, ses folies de tout genre, et ne trouvaient pas en lui les garanties que l'on recherche ordinairement dans celui auquel on remet son unique enfant. Mais Madeleine avait déclaré qu'elle aimait mieux, le fût-elle, être malheureuse à sa façon, qu'heureuse comme elle ne l'entendait pas s ; et peut-être avait-elle raison. - On accepte plus aisément les peines que l'on a bien voulues que les joies dont on ne se soucie-pas. - D'ailleurs, elle comptait bien donner tort aux fâcheux pressentiments des siens et prouver une fois de plus que l'amour fait des miracles. Car c'était bien de l'amour qu'elle éprouvait pour ce mauvais sujet qui était en même temps le meilleur garçon du monde, avouait si franchement ses torts, tout en s'en repentant si mal, prenait de si sincères résolutions avec si peu d'efforts pour les tenir, et savait racheter sa légèreté par un coeur excellent, ses folles dépenses par une générosité sans bornes, son égoïsme par sa belle humeur. Nature ouverte et joyeuse, caractère facile et bienveillant, esprit sans profondeur, mais aimable et brillant, jeune, aimant la vie et doué d'un extérieur des plus séduisants, il avait charmé et ébloui facilement mademoiselle de Sérans. Son passé même qu'il laissait volontiers entrevoir dans ses récits, dont il aimait à parler avec un vague regret et un certain attendrissement, n'effrayait pas Madeleine. - Beaucoup de femmes se plaisent à conquérir ces séducteurs qui leur inspirent un intérêt mêlé de curiosité, et se font ainsi une sorte de triomphe de tout ce qu'elles remplacent. - D'ailleurs, Gaston était bien sincère en lui disant qu'il l'adorait, et jamais passion plus promptement ressentie ne fut plus vivement exprimée que la sienne.
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