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Le Sorcier de Padoue - FRÉDÉRIC COPPENS

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      Présentation Le Sorcier De Padoue de FRÉDÉRIC COPPENS

       - eBook

      eBook - Frédéric Coppens 26/10/2018
    • Format : Epub2
    • Auteur(s) : FRÉDÉRIC COPPENS
    • Editeur : Gilbert Terol
    • Langue : Français
    • Parution : 26/10/2018
    • Format : Epub2
    • Compatibilité : Liseuse, Android, iOS, Windows, Desktop
    • ISBN : 1230002743721



    • Je compare l'Italie à un cadavre couché par terre, comme l'hermaphrodite Borghèse sur le matelas de marbre que lui a taillé le Bernin. Si vous approchez la main de cette beauté mourante, vous sentirez encore un peu de chaleur vitale à la région du coeur, du côté de Rome ou de Naples ; mais les extrémités sont déjà froides, et Venise, Padoue, Ferrare, toutes ces cités décrépites et désertes, sont comme ces pétéchies dont la mort tache les cadavres, pour montrer aux médecins que la vie se retire et que leur ministère est terminé.

      Parmi ces villes qui s'en vont, il n'en est pas une qui offre un spectacle plus triste que la vieille Padoue, dont l'enceinte, assez grande pour contenir cent mille âmes, n'en a pas vingt-cinq aujourd'hui. Lorsque le voyageur traverse cette ancienne patrie de Tite-Live, qui prétend faire remonter ses souvenirs jusqu'à l'époque de la guerre de Troie, il sent la compassion le saisir en voyant tous ces édifices moussus, toutes ces rues désertes qui s'enfoncent à perte de vue entre des murs de jardins, interrompus de loin à loin par des maisons lézardées dont les fenêtres sont hermétiquement closes. Sur les vastes places, il ne voit personne ; personne sous les portiques lombards qui n'abritent plus que l'échoppe misérable du fripier juif ou l'étalage de quelque revendeur de librairie. Il se demande combien de temps encore la charrue respectera ces murs inhabités, et l'on peut croire que, sans son université qui seule la soutient encore, il y a longtemps que Padoue n'existerait plus.

      Cependant, tout engourdie qu'elle soit déjà par la mort, il y a une époque où l'Italie entière s'agite d'un mouvement convulsif ; c'est lorsqu'arrive carnaval. Alors toutes ces vieilles cités s'émoustillent et jettent de grands éclats de rire ; elles tirent de leur garde-robe fanée tout le fard, toute la joie, toutes les défroques du temps passé. C'est pitié de voir les vieux édifices, qui froncent le sourcil le reste de l'année, vomir ce jour-là des fantômes crottés, couverts de clinquant. Les rues, sombres et silencieuses comme au temps du Dante, semblent pleurer de la gaieté sacrilège des étudiants en goguette. Et s'il faut dire la vérité, en entendant des cris de joie, des bruits d'instruments, des lazzis tumultueux sortir d'entre ces habitations vermoulues qui menacent de tomber les unes sur les autres, on éprouve le même sentiment qu'auprès d'un mort qui se mettrait tout à coup à rire sous l'influence de la pile galvanique et qui entonnerait une chanson de Bérenger, en se trémoussant dans son linceul.

      Or, il n'y a pas encore bien longtemps que le carnaval avait ainsi rassemblé toute la population de Padoue, par un bel après-dîner de mars, sur le Prato della Valle, vaste emplacement situé au midi de la ville, devant la célèbre église de Sainte-Justine. Les paysans, accourus des alentours, circulaient pêle-mêle avec les citadins plus élégants sous la promenade plantée de platanes, où les Padouans modernes ont élevé à leurs grands hommes un si grand nombre de statues qu'on ne sait comment une seule ville a pu jouir d'une pareille fécondité.

      Mais la foule endimanchée qui fluctuait sans cesse ne songeait guère en ce moment à s'enorgueillir de Tite-Live, du jurisconsulte Paul, de Sperone Speroni, de Morgagni, du Padovanino, et de tant d'autres célébrités qui ont plus ou moins besoin du commentaire. Elle les eût toutes données pour Arlequin et son compère, le docteur Geronimo.

      Des mascarades bizarres traversaient continuellement la place, à la grande satisfaction des spectateurs. Mais la plus grande part de l'attention publique était attirée par une voiture de masques d'où pleuvaient les saillies, les oeufs et les bonbons. Cette voiture paraissait composée de l'aristocratie des étudiants ; elle s'arrêta à l'entrée de la promenade, dans l'endroit où la foule était la plus épaisse, et quatre ou cinq orateurs se mirent, chacun d'un côté, à débiter en même temps des folies, accueillies par mille applaudissements.

      « Voici de la fleur de sésame d'Arabie, disait un Turc en tenant un petit paquet entre l'index et le pouce ; c'est une substance qui fait disparaître les taches à l'instant. Prenez, Mesdames ; c'est fort utile dans les ménages. » Et comme plusieurs mains s'avançaient : « J'oubliais de vous dire, continuait-il, que les taches dont il s'agit sont celles que vous faites à votre honneur en causant tout bas avec vos amoureux.

      ¿ Ah ! le monstre ! criaient les femmes en retirant leurs mains.

      ¿ Mea culpa ! mea culpa ! mea culpa ! reprenait en nasillant une face blême dont le costume ressemblait à celui de trois ou quatre ordres religieux, sans être précisément celui d'aucun. Je veux vous faire ma confession générale, mes chers frères. J'ai aspiré l'autre jour, un vendredi, avec trop de complaisance, la fumée d'une poularde qui rôtissait dans la cuisine de l'évêque. Je suis un grand misérable.

      ¿ Povero frate, disait une voix.

      ¿ L'évêque ne t'a-t-il pas interdit ? demandait l'autre.

      ¿ Misericordia, Domine, continuait le faux moine en levant les yeux au ciel. J'ai eu un instant la velléité de m'approprier le bien d'autrui !





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