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12983 - Trica C. Line

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      Présentation 12983 de Trica C. Line

       - eBook

      eBook - Trica C. Line 26/05/2018
    • Format : Epub2
    • Auteur(s) : Trica C. Line
    • Editeur : ¿Trica C. Line
    • Collection : Cahiers
    • Langue : Français
    • Parution : 26/05/2018
    • Format : Epub2
    • Compatibilité : Windows, Liseuse, iOS, Desktop, Android
    • ISBN : 9781370298631



    • Mes jours à la citadelle parmi les cousins s'écoulent en une routine immuable entrecoupée de chasses, de bals et de visiteurs imprévus. Les Mac me couvent, les citadellins me dévisagent, les bêtes me désirent quand ils ne détestent pas. Le petit manoir est mon domaine, et Jeremy, mon refuge. Toujours, je note dans mes cahiers ces jours de l'après après. Reflets des derniers moments de notre monde qui se meurt, les mots de la page lèguent à ce futur incertain mon quotidien de sentiente au sein d'une meute de miliciens, plus hommes-loups que seigneurs. Moi qui ne désirait rien que de rejoindre la mer, vis maintenant pour ces jours tranquilles où je soigne l'infirme, travaille coude à coude avec les suivantes, chevauchent à travers la citadelle, me grise d'ambre, et s'endort repue dans les bras de mon loup. J'apprends. La patience en attendant que le petit Ali, dernier né des cousins Mac, grandisse. Le pardon pour les transgressions des hommes. Et la chasse.

      Nuit 12 842
      Nous nous sommes retirés dans nos quartiers à la grande demeure du lord. Que ces bals me pèsent ! Nous n'y sommes venus que parce que j'ai demandé à voir ma petite Maya et bébé Ali. Mère, père, nourrisson et suivante nous ont donc retrouvés ici, dans ce stupre déguisé en château. Si trois jours de cérémonies dans un quelconque manoir suintant de sphères pestilentielles sont paiement pour ces heures passées auprès de mes deux petits, comment refuser ?

      Bal
      Si l'ivresse ne t'envahissait pas, l'aurais-tu approché, ma jolie ? Oui, bien évidemment, je n'en ai aucun doute. Il est plus que temps que je tue un homme. Dans le monde de l'avant, combien de jours s'écoulaient sans qu'une personne en assassine une autre ? Dans l'après, vols, viols et meurtres font partie de nos dizaines. Si j'ai volé par nécessité et amusement, j'ai de toujours évité et de commettre et de subir la souillure. Il ne me reste qu'à décider de la tuerie. Le bourreau de Maya sûrement le mérite.
      Je danse avec tous les hommes dont je peux percevoir la sphère. Je valse sous les regards furibonds de la meute. Je me déhanche entre des bras dont le contact me répugne. Je m'étourdis à la proximité de ces corps et de ces sphères tantôt avides, tantôt puantes, certaines carrément pestilentielles. Embuée par l'ambre, je virevolte à la recherche de ma victime.

      Jour 12 861
      « Trica! »
      De prime abord, je ne reconnais pas la voix qui m'interpelle et fait mine de ne pas entendre.
      « Trica! »
      Je me souviens pourtant de ce timbre rocailleux et un peu lent. Il n'appartient pourtant pas à la meute ni à un citadellin de mes connaissances.
      « Trica! »
      La reconnaissance tarde à venir. Des milliers de jours, des milliers de pas plus à l'est se sont écoulés depuis j'ai entendu mon nom déclamé avec cette tonalité. Je me suis arrachée à l'étreinte d'Isobel et retournée brusquement. « Tristan ! » Mon presque-frère !
      Du côté opposé de l'avenue, mon Tristan me sourit. Comme il marque ses gestes d'une même lenteur que sa parole, je crains que les milices qui m'entourent ne décident de mettre fin à l'enthousiasme de Tristan. Oh, elles se montrent très discrètes, soit, car faisant mine de ne pas me surveiller, mais miliciens tout de même (ou pire, puisque substituts des cousins).
      Pour prévenir l'intervention de la force armée donc, je m'élance au travers la chaussée et me précipite dans ses bras. Halte-là, gardiens, il est avec moi ! « Tristan ! Comment ? Pourquoi ? »
      Nous parlons et rions l'un par-dessus l'autre. Isobel nous rejoint finalement et elle sourit de me voir si émue.
      « Isobel, ma tendre amie. Voici Tristan. » Mon presque-amour. À la grande cité, Tristan, des milliers de jours mon aîné, collectionnait les livres, distraction que je ne comprends pas. À la grande cité où j'ai failli perdre sphère, raison, corps et âme, fidèle à ma vocation, je traquais et reproduisais les livres, occupation que Tristan persiste à ne pas concevoir.





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