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Avis sur Black Sea - Xtc - CD Album
1 avis sur Black Sea - Xtc - CD Album
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Présentation Black Sea - Xtc
- CD AlbumEn l’espace de deux années (1978 – 1979), XTC est passé du stade de petit groupe punkisant à la nervosité un peu vaine, à celui, plus enviable, de petits fabricants de tubes mêlant habilement pop et new wave. L’étape suivante était donc assez logique : il leur fallait devenir grands, et enregistrer enfin un disque « majeur » (Drums and wires, crucial dans leur développement artistique, mais trop inégal, ne pouvait être considéré comme tel). Ce qu’ils firent dès l’album suivant, Black sea, dont la conception s’était pourtant avérée plutôt douloureuse (le titre originellement prévu par le groupe était d’ailleurs Work under pressure, ce qui résume assez bien l’ambiance de travail extrêmement tendue qui était celle d’XTC à cette époque).
Bien qu’il ne comporte aucun tube aussi incontestable que « Making plans for Nigel » ou « Life begins at the hop », Black sea est un album beaucoup plus cohérent et abouti que ne l’était son prédecesseur. Andy Partridge, sans doute piqué au vif par le succès rencontré par les compositions de Colin Moulding sur Drums and wires, a presque réussi à réduire ce dernier au silence (Moulding ne signe ici que deux titres, dont l’excellent « Generals and majors »). Le champ étant désormais libre, Partridge a décidé de viser l ‘efficacité, et dès les premières notes de « Respectable Street », on comprend que le pari est gagné.
Son songwriting s’est nettement affiné, l’énergie qui rendait épuisante l’écoute des deux premiers albums semble désormais canalisée, et les influences qui paraissaient disparates sur ses compositions antérieures sont désormais intégrées de manière harmonieuse à son écriture. « Living through another Cuba » illustre parfaitement cette maturité nouvelle : son rythme frénétique est mis au service d’une vraie mélodie, assortie d’un riff de guitare totalement irrésistible, et quelques effets tout droit issus du dub permettent de relancer le morceau à intervalles réguliers - là où le dub envahissant de Go n’avait pour effet que de vider les titres de Go2 de leur (maigre) substance.
Pour autant, cependant, Black sea ne se contente pas de perfectionner les formules des disques précédents, mais regarde également vers l’avenir avec une surprenante maturité (la pop de « Towers of London », et le caractère résolument britannique qui s’y attache, annoncent déjà les oeuvres ultérieures du groupe , tandis que « Sgt. Rock (is going to help me) » ne dépareillerait pas sur un disque des Dukes of Stratosphear). Il s’aventure même dans des directions musicales qui ne seront plus guère explorées par le groupe sur les disques suivants, mais qui n’en restent pas moins passionnantes (« Travels in Nihilon » et sa rythmique lourde de menaces, est l’un des seuls titres d’XTC que l’on puisse réellement qualifier d’« inquiétant »).
Black sea se situe donc à la croisée des chemins : à la fois aboutissement des pistes suivies par le groupe depuis White music et porte ouverte sur un univers musical en mutation, toujours plus riche et fascinant. Il est, en tous cas, l’oeuvre d’un groupe déterminé, mené par un homme qui ne fait ici que dévoiler, pour la première fois, une partie de son immense talent.
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