Note :
5
La Musique Joyeuse, Stimulante, Effervescente de Art Blakey et les Jazz Messengers en 1961
par M-Hector
(Voir ses avis)
le 26/05/2023
Art Blakey se taille certes la part du lion sur "Bu's Delight" avec un solo mémorable, colossal, un véritable festival pyrotechnique, faisant feu de toute part de ses caisses à ses cymbales, éblouissant, explosif, deux minutes remplies de groove, de swing, à perdre souffle et haleine. Partout ailleurs son jeu irradiant, ses vibrantes secousses sismiques impulsent un train d'enfer, un groove incandescent sur les hard bop "Backstage Sally", "Shaky Jake" ou "Moon River". Wayne Shorter au Saxophone ténor compose trois des pièces de l'album avec "Backstage Sally", la ballade "Contemplation" et le blues de "Reincarnation Blues" qu'il sculpte avec autorité de ses volutes tranchantes, de ses envolées aussi mélodiques qu'énergiques. La trompette de Freddie Hubbard dessine ses arabesques de ses traits fins, acérés, aiguisés. La basse de Jymie Merritt puissante poutre maîtresse de l'architecture sonore bondit sur les hard bop effervescents qu'elle irrigue de ses palpitations vives intenses ou se balance souple, syncopé, sur le blues au déhanchement saccadé de "Reincarnation Blues". Le trombone de Curtis Fuller, compositeur de "Bu's Delight", puissant, énergique, à la majesté impressionnante, impose profondeur et gravité à la section de cuivres à la sonorité chaude et chaleureuse, resplendissante sur la ballade "Contemplation". Le piano de Cedar Walton, auteur de "Shaky Jake" illumine "Shaky Jake" ou "Bu's Delight" de soli lumineux, stimulants, aériens, gorgés de swing et de feeling