Note :
5
Cecil Taylor Unit : le quintet de feu de Cecil Taylor en 1976, lors du festival de Jazz de Ljubljana
par M-Hector
(Voir ses avis)
le 10/07/2021
Cecil Taylor (piano), Raphé Malik (trompette), Jimmy Lyons (alto), David Ware (ténor) et Marc Edwards (batterie) créent ''Dark To Themselves'', performance de 61 minutes, prestation d'une force stupéfiante, où les instruments se répondent, se chevauchent dans un discours aux interactions incandescentes, dans un impétueux maelström sonore, un tourbillon vertigineux où la cascade torrentielle des notes du piano, les éclats hallucinés du saxophone alto, les explosions rageuses du ténor, les convulsions de la trompette, le rythme incendiaire de la batterie libèrent une énergie intense et irradiante. La musique aux stridences et aux aigus déchirés, aux pulsations exaltantes, aux explorations furieuses, s'écoule comme de la lave en fusion, déborde de tout côté comme un torrent impétueux, entre en éruption volcanique, semblable aux forces telluriques qui inspirent ces déchaînements de furie. Les deux parties de cette messe incendiaire et apocalyptique dans une danse frénétique et envoutante conduisent au bord de la transe après une excitation sans répit, avant quelques plages moins tempétueuses à la fin du voyage conclu par des accords de piano, distillant quelques oasis de calme apaisés et mélodieux, rejoints par les percussions avant que les vents ne se lèvent pour le final majestueux d'une odyssée musicale, pleine de vie et de vigueur, gorgée de sève, transcription symphonique des forces naturelles ''qui m'amènent à ces plus hauts points d'extase'' comme l'écrit Cecil Taylor