Plastic Beach - Gorillaz
- Rock alternatif
- 2010
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Avis sur Plastic Beach - Gorillaz - CD Album
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Présentation Plastic Beach - Gorillaz
- CD AlbumComme tout album de Gorillaz qui se respecte, la sortie de Plastic Beach est un événement. Et pour cause, du temps est passé depuis la sortie de Demon Days en 2005. Daman Albarn, chef d'orchestre du groupe virtuel le plus connu du monde, avait en effet d'autres chats à fouetter : son groupe The Good, the Bad and the Queen, l'opéra Monkey Journey To The West, la reformation de Blur sur scène, des collaborations avec Amadou & Mariam, etc. Heureusement, il a su prendre de son temps pour s'atteler à ce troisième volet des aventures de Gorillaz, et qui vaut assurément le détour.
Après un « Orchestral Intro » balnéaire plutôt agréable, c'est à Snoop Dogg d'ouvrir le bal. L'imparable rappeur apporte son flegme très G-Funk à un « Welcome To The World Of The Plastic Beach » qui lui va comme un gant : le hip-hop est déformé de la façon la plus synthétique qui soit tout en semblant renouer avec les racines du gangsta rap californien. Le tout avec de l'humour, qualité que semblent partager nombre de personnalités réunies dans l'album. Ravissant l'auditeur, Lou Reed s'y donne à coeur joie dans le tout bonnement impayable « Some Kind of Nature ».
Gorillaz aime le hip-hop, qui fait partie de ses premières amours et dont il a toujours su saisir l'aspect le plus ludique. L'attestent « White Flag », assuré par Kano et Bashy, « Superfast Jellyfish », mené par Gruff Rhys et De la Soul ou encore « Sweepstakes » avec Mos Def et Hypnotic Brass Ensemble. Le groupe n'oublie pas non plus le rock, toujours enfoui quelque part, distordu à souhait dans « Plastic Beach », avec Mick Jones et Paul Simonon, ex-Clash pour animer la partie...
Gorillaz réussit également l'exploit de réunir sonorités new-wave et soul flamboyante dans « Stylo », grâce notamment à la présence de Mos Def et de Bobby Womack. Ce dernier assure également avec toute l'émotion dont il est capable (c'est-à-dire beaucoup) le chant du céleste « Cloud of Unknowing ». « Empire Ants », partagé avec Little Dragon, résume également toute la dextérité de Gorillaz à insuffler de l'affect avec la musique la plus synthétique et sophistiquée qu'il soit...
Tout cela étant dit, doit-on rappeler le talent presque divin de Damon Albarn ? Son bagout, la force de ses interprétations complètent avec panache l'efficacité de ses compositions, comme l'attestent l'électronique fringante de « Rhinestone Eyes », de « On Melancholy Hill » ou de « Pirate Jet », qui clôt l'album avec toute la malice mélodique d'un son pourtant très, très, très puissant. Il n'est pas question de plaisanter avec le divertissement de la pop music.
Tout se trouve et tout se recycle dans Plastic Beach, plage déserte où le QG des membres virtuels de Gorillaz (2D, Russel Hobbs, Noodle et Murdoc Nicalls) a été construit avec des détritus jonchés par les passages humains... Ici pourtant, rien n'est à jeter, tout est à écouter et à réécouter avec délice.
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